Petit retour au club de jazz parisien pour écouter les Ephemerals lors de leur seule date parisienne. Le groupe écume les clubs londoniens depuis quelques années maintenant et sort en ce moment son premier album intitulé Nothin is Easy. Etiqueté soul/funk, le groupe surfe sur de nombreuses autres influences allant du reggae au jazz en passant par le blues. C’est un joli melting-pot de musique afro-américaine qui nous est proposé, ce soir, au Sunset/Sunside.

La salle est pleine à craquer pour l’occasion, toutes les places ont été vendues en temps record. Le concert se passe dans la salle Sunset, en sous-sol, dans une ambiance de station de métro. Les musiciens du groupe ont un capital sympathie indéniable et n’hésitent pas à discuter avec le public pendant l’entracte. Le groupe se compose de sept membres sur scène, Damian McLean à la trompette, Freddie DeLord au saxophone, James Graham à l’orgue, Nicolas Hillman Mondegreen à la guitare, Adam Holgate à la basse, Jim Needles à la batterie, et l’impressionnant Wolfgang Valbrun au chant.

Le set a duré environ deux heures, entrecoupé d’un entracte d’une vingtaine de minutes. Le groupe débute par un morceau instrumental au son très funk. Le saxophone et la trompette s’offrent de jolis solos aux consonances jazz assez proches du cool. L’orgue donne une coloration 70’s à l’ensemble et ça groove bien d’emblée.

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La suite du set propose un mélange de sonorités assez intéressant avec des instrumentations parfois reggae qui évoquent la musique de Patrice, et une voix très soul, qui tend vers le blues sur certains morceaux. Il y a du James Brown dans les envolées de Wolfgang Valbrun. La voix est profonde, chaude, elle peut se faire douce et mélodique puis devenir rocailleuse et puissante. Le groupe alterne des morceaux lents au son proches du blues, avec des chansons plus dynamiques dans le style reggae-funk. La présence des cuivres sur scène donne une ampleur particulière à la prestation. Certains morceaux sont ponctués de sessions de bœuf, où chaque musicien propose son solo, et démontre ses qualités d’improvisation.

Le public est très enthousiaste tout au long du set. Les spectateurs reprennent en cœur les paroles « It’s alright, just for the night » encouragés par un chanteur convaincant. On saluera la reprise de Sunny de Stevie Wonder qui débute piano-voix, petit à petit soutenue par les claquements de mains des spectateurs. Le rythme s’accélère et Damian McLean nous envoie un solo de trompette de virtuose encouragé par le public. Le chant reprend entre un clavier fou et une trompette débridée. Le groupe s’amuse entre les notes et les nuances.  La salle en redemande. Le saxophone suit en reprenant les lignes mélodiques principales du morceau et brode ses propres gammes.

On remarquera le titre Things, Pt. 1 balade au son proche du R’n’b à l’ancienne. Leurs compositions évoquent une ville chaude et humide en plein été. La tristesse moite de la voix suscite des images urbaines de corps éclairés par lumières de la nuit. James Graham nous régale de superbes impros au clavier soulignés par une batterie aérienne.

La prestation de ce soir n’a rien à voir avec le côté contenu de leur album. Si l’on garde l’aspect intimiste transmis par les compositions, le groupe fonctionne extrêmement bien sur scène et donne un dynamisme et une joie dans leur musique particulièrement contagieuse. La salle est ressortie totalement conquise.

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