Oxia nous propose enfin du neuf : il aura fallu attendre Tides of Mind durant près de huit ans depuis son précédent album, 24 Heures. Et bien qu’heureux de l’apprendre, son écoute prend de court.

Tides of Mind, littéralement “marées de l’esprit”, comprenons par là que le DJ grenoblois a fait de la musique pour la musique et sans arrière-pensée. Ça rend les choses moins évidentes quand on a l’habitude d’aborder une œuvre par le concept qu’elle représente. Soit, on va faire avec, et on va donc zapper l’aperçu de l’ensemble pour se centrer sur les morceaux comme unités. Mais j’ai tout de même eu ce sentiment étrange qui a prévalu à ma première écoute : il aurait pu s’agir d’un genre de machine à voyager dans le temps, qui présenterait un historique musical qui permettrait d’aboutir à l’actuel dont Oxia ferait une sorte d’apologie. Le tout vu à travers le prisme d’un genre estampillé 2010’s, penserait-on, à travers le regard d’Oxia lui-même, bien entendu.

En mettant de coté l’introduction, sobrement intitulée Premiss, qui fait tout de même bien son travail, c’est-à-dire nous accrocher et nous montrer ce penchant sur le temps, on attaque sur Rue Brusherie. Ce premier morceau met en avant le jazz, avec un gimmick à la batterie très représentatif du genre, et des ” improvisations” solo au piano qui donne une couleur très groovy, signe d’un expressionnisme musical débridé mais sans prétention. Cet album commence fort !
Puis on fait un bond pour découvrir Housewife (pour laquelle Oxia a réquisitionné le chant de Miss Kittin). Ce morceau trouverait facilement sa place dans les soirées arrangées à la sauce 90’s qui sont de plus en plus hype dernièrement.
Puis débute Nightfall, avec un beat grave “compressé” représentatif du genre minimal qui a véritablement pris son essor au début des années 2000, accompagné d’un sample entraînant au synthé. Un de ces morceaux qui lancent avec succès de bonnes soirées et qui porte donc bien son nom.
En cinquième piste, on découvre Travelling Fast, chantée par Mesparrow qui nous permet d’avancer jusqu’à très récem… Et là, on se rend compte qu’il reste encore six morceaux, et qu’on ne va pas pouvoir suivre ce rythme-là. Oublions la première théorie et concentrons-nous sur les unités de Tides of Mind. Travelling Fast disais-je. En contradiction complète avec son titre, l’un des morceaux les plus calmes de cet album nous laisse entendre la douce voie de Mesparrrow, qui malgré cette douceur lente, nous fait effectivement voyager bien loin.
Puis Harmonie débute. Le premier single de cet album et une véritable bombe qui aura plus que certainement du succès sur les dancefloors (le détour par le Soundcloud d’Oxia n’est pas franchement une option, donc je vous laisse le découvrir).
Avec Flying Over Time, on se dit que décidément, le temps a une saveur bien particulière sur cet album. Renouant avec un son beaucoup plus marqué house, celui-ci ne vous fera pas quitter la piste de danse. Et si Sway s’avère ensuite moins entrainant, il n’en s’agit pas moins du morceau le plus envoûtant de l’album, poussant à l’introspection. La transition est douce avec The Phoney Lullaby, chantée par Scalde, qui nous pousse au rêve. Heureusement, Latitude nous sort de cette stupeur : on avait peut-être oublié pendant quelques minutes, mais on est encore sur la piste, et le petit coté latino offert par le piano sur ce pénultième morceau nous encourage à en profiter tant qu’on peut. Jusqu’à Exaila, conclusion de cet album tant attendu, très mystérieux et clairement trop court malgré l’heure qui vient de s’écouler à l’écoute de cet album.

Oxia sait toujours nous faire vibrer : il sait ce que l’on attend et nous le donne avec la seule concession du temps, mais il le fait bien.
Pour finir on ne peut s’empêcher de se reposer la question, est-ce que cette tendance à mettre le temps en avant est une ironie en rapport au temps à attendre cet opus ? Est-ce que le concept servi par cet album ne serait pas finalement constitué par la mise en abyme que dessine cette ironie ? Si c’est le cas, alors cet album est un chef d’œuvre. J’allais dire qu’on espère qu’il ne faudra pas huit ans pour voir apparaître le prochain LP estampillé du nom du célêbre DJ Grenoblois, mais j’aurais trop peur de rentrer dans son jeu… Vous ne pensez pas ?

Oxia's Tide of Mind front

Tracklist

  1. Premiss
  2. Rue Brusherie
  3. Housewife (Feat. Miss Kittin)
  4. NightFall
  5. Travelling Fast (Feat. Mesparrow)
  6. Harmonie
  7. Flying Over Time
  8. Sway
  9. The Phoney Lullaby (Feat. Scalde)
  10. Latitude
  11. Exaila

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