Second jour du Dour festival – 14h : J’ai rendez-vous au point presse, fraîchement bien décoré, avec un groupe belge nommé YEW, et prêts à jouer leur rock folk celtique devant le public de Dour ! Un interview sympathique qui se suivit d’une conversation sur Tri Yann et des différences entre la Belgique et la France.

Pour commencer, pouvez-vous me raconter comment le groupe a débuté ?

Philippe : Le groupe a débuté en 2004. A la base, on était 4 et on aimait bien le rock et la musique traditionnelle, irlandaise, écossaise, bretonne. On s’est dit qu’on allait faire un mélange entre tous ces styles, donc on a tout mélangé, on a repris les thèmes traditionnels. Petit à petit, on a commencé à composer vers de la musique de plus en plus progressive, notamment quand Jean-Paul est arrivé. C’est devenu une musique beaucoup plus personnelle, beaucoup plus à nous. Maintenant, on penche de plus en plus dans une musique de rock progressif, mais qui reste assez festive et ancrée dans les racines européennes.

Donc Jean-Paul, tu écoutes beaucoup de rock progressif, si j’ai bien compris ?

Jean-Paul : Oui, j’écoute beaucoup de choses, mais c’est vrai que ce que j’affectionne le plus c’est le vieux rock progressif. Ça se mélange très bien avec la musique celtique. D’ailleurs la musique celtique, c’est un mélange de plein de styles, je pense notamment à un groupe belge qui s’appelle Macrales, qui associe bien le celtique et le blues. D’ailleurs, notre batteur est l’ancien batteur de Macrales. C’est super gai à composer et à jouer, ça se marie bien et c’est assez original, il n’y a pas beaucoup de groupes qui font ça, en Belgique ou dans le monde.

Pourquoi pensez-vous que cette combinaison rock folk est efficace ?

Damien : Ça nous amuse déjà. Quand on est sur scène, on s’amuse bien, on prend vraiment du plaisir à jouer. Ça donne du plaisir au public de voir qu’on prend nous même du plaisir. C’est vrai que c’est une musique assez festive, donc souvent le public danse. Ça fait partie du jeu du concert. Le rock folk se mélange bien. Ça permet vraiment d’avoir un set varié, pour que les gens ne s’ennuient pas.

Vous jouez surtout en Belgique ?

Damien : Pour le moment, oui !

Philippe : On a une tournée en France qui débute. On a une première date le 29 juillet au Aymon Folk, à Bogny-sur-Meuse. Après, on sera du 10 au 15 août en Bretagne, et d’autres villes aux alentours.

Pourquoi la culture celtique est présente dans votre musique ?

Jean-Paul : A la base, c’est un peu l’idée de Damien de faire de la musique celtique. Ça a démarré au secondaire.

Philippe : Il avait vu un concert de Riverdance, et il a vraiment été frappé par cette musique-là.

Jean-Paul : Surtout les danseuses ! (rires)
A la base, c’était un projet d’une soirée, ce n’était pas censé durer, et finalement…

Si je ne me trompe pas, vous produisez vous-même vos albums…

Philippe : Oui, c’est une réalité qui est de plus en plus fréquente chez les groupes.

Et pourquoi faire tout vous-même ?

Damien : On avait notre ingénieur son, qui avait son studio dans son jardin, donc on a enregistré. Pour la petite histoire, on s’est retrouvés à faire des chœurs dans un cimetière le soir, pour ne pas déranger les gens.

Jean-paul : Il fallait crier très fort !

Damien : Et là, on ne dérangera pas trop les morts ! (rires)
Pour le fun, on est allé à New York faire le mastering de l’album, en auto production. Ça été un peu l’aventure, on est partis une semaine où il y a des grands noms qui ont enregistré là : Gogol Bordello par exemple.

Jean-Paul : C’est pour dire qu’actuellement, il n’y a plus besoin de beaucoup de matériels. C’est vrai qu’il y a 10-20 ans, les groupes allaient dans des studios professionnels, pour je ne sais combien de centaines d’euros la journée. Maintenant, il suffit d’un petit MacBook, quelques micros, et c’est parti !

Damien : Mais on voit quand même la différence, par rapport à un vrai studio. Disons que nous sommes dans une étape intermédiaire. On a quand même fait tout le mix dans un vrai studio.
C’est vrai qu’on a réalisé l’étape où c’est facile de le faire soi-même. On a réalisé dans un endroit un peu insolite mais avec du matériel professionnel.
Pour les démos, avec un MacBook Pro, ça suffit. C’est comme ça qu’on compose. Et pour le futur album, on se passe les morceaux en mp3 sur internet. Mais c’est vrai que quand on passe à l’album fonctionnel, il faut prendre un minimum de moyens, et je pense que le futur album, on va le faire carrément en studio.

Tu parles d’internet, que penses-tu du téléchargement illégal ?

Damien : Un site comme Captain Crawl, qui permet de retrouver pas mal de groupes. Ça renvoie à pas mal de choses à télécharger. Moi je trouve ça bien.

Jean-Paul : C’est un peu homogénéiser le niveau des groupes dans le monde, parce que avant la révolution internet, il y avait quelques groupes super connus que tout le monde écoutait, et maintenant l’utilisateur peut vraiment choisir la musique qu’il écoute. Il y a des groupes fabuleux, qui ne sont pas très connus, mais que quelqu’un à l’autre bout du monde peut écouter et peut aller voir en concert. C’est bien pour ça, car tout le monde a sa chance, alors qu’avant c’était un milieu très fermé.

Damien : Et on voit quand même que les gens continuent à acheter des CDs à la fin des concerts, de plus en plus.

Philippe : Il y a vraiment de plus en plus de plateformes de téléchargement légales, qui sont mises en activité et qui fonctionnent très bien. Les chiffres de l’Apple Store, rien qu’en téléchargement de musique, c’est colossal ! ça se compte en milliards de dollars. C’est vraiment une industrie musicale qui est en train de se transformer.

Jean-Paul : Et puis, les gens auront toujours envie de voir des concerts ! C’est avec les concerts qu’on gagne de l’argent.

Et vous êtes plutôt un groupe de scène ?

Tout le groupe : Ouais, ouais !

Philippe : On aime bien le studio. Le premier album, on l’a un peu fait à la va-vite. Mais le deuxième, on s’est vraiment dit, ça va être autre chose que le live, et on va s’y plonger ! On a essayé de trouver des arrangements un peu plus subtils, et une nouvelle réflexion un peu plus profonde dans la construction des morceaux.

Damien : Les albums, on les achète plus comme souvenir.

Pour l’objet surtout…

Damien : Oui, pour l’objet, etc. Dans l’euphorie du moment, je pense que les gens ont plus tendance à acheter. Après le concert, certains disent « ah on l’a déjà téléchargé », et merde ! (rires)

Jean-Paul : On aime bien les deux approches. Moi j’adore composer et être en studio, mais à la base, Yew c’est un groupe qui est né sur scène et c’est là qu’on prend notre pied !

Vous avez un morceau breton An-dro…

Philippe : An-dro, c’est une danse, un peu comme si elle s’appelait valse ou tango. Ce n’est pas nous qui avons composé ce morceau, c’est un vieux morceau traditionnel breton.

Damien : On l’a remis un peu à notre sauce. En live, on ne la joue pas. C’est un beau morceau d’album, mais moins de live, parce qu’il est moins dans l’énergie rock, mais ça dépend des lives…

Jean-Paul : Sur des concerts acoustiques, beaucoup plus intimes, on fait plus des chansons traditionnelles, plus folk. Mais ça ne sera pas le cas de tantôt, tantôt ça sera la grosse patate !

Quels sont vos projets ?

Damien : On sort un DVD et on a un projet de 3ème album avec nos deux compères, Monsieur Moustache et Monsieur Jérôme, qui vont être membres des Yew sur cet album là ! On sera 7, pour prendre encore plus de place sur scène !

Qu’est ce que vous avez envie de voir en concert ce weekend ?

Damien : Mogway, Syd Matters mais ils jouent en même temps que nous !

Philippe : Sinon, il y a Das Pop qui joue juste après nous.

Jean-Paul : Et Tokyo Ska Paradise, dimanche, que j’ai vraiment envie de voir !

Damien : Il y a Foals que j’ai bien aimé et Tahiti 80 aussi.
La programmation est vraiment énorme !

C’est vrai ! Vous êtes forts les belges !

Tout le monde : Merci, merci ! (rires)

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