A l’occasion de leur concert du 27 novembre 2009 au Confort Moderne de Poitiers, nous avons eu l’opportunité de rencontrer Les Blaireaux. Sur fond de match de ping-pong et en compagnie de Bastien (de la radio Arc en ciel de Chatellerault, 99.7 FM), nous avons pu interroger Alex (guitare), Stan (batterie), Pierre (trombone, clavier) et Cyrille (saxophone, accordéon, banjo) sur leur fonctionnement, leurs compositions et sur les deux CD à paraître.
Vous pouvez lire cette interview de quarante minutes dans une version retravaillée ou bien l’écouter en intégralité grâce au lecteur ci-dessous, et en profiter pour découvrir “La Sieste” que le groupe a interprété spécialement pour l’occasion… Vous pouvez également la télécharger (clic-droit, enregistrer la cible sous) : Interview – Les Blaireaux – 271109 (28mo)

Bastien (Arc En Ciel): Je voulais qu’on reparle du tout début. Avec qui ça a commencé ? Qui s’est retrouvé ?

Alex : Je vais prendre la parole avec Stan puisque nous étions les deux du début de l’aventure.

Stan : Les deux fondateurs en quelque sorte.

Alex : En fait, on s’est rencontré au départ à quatre au lycée. On était quatre camarades de lycée et puis entre autres choses, on s’est mis à faire de la musique parce qu’on avait des frangins qui avaient des instruments, qui avaient fait un groupe. Puis il y avait des instruments qui trainaient, qu’ils n’utilisaient plus trop dans ce qui pouvait être une salle de répèt’. Donc on a commencé tout bêtement à faire des reprises. Moi, j’écrivais des chansons pour moi mais pas en tant que musicien, je ne les avais jamais mis en musique. Et puis on a commencé a faire des reprises avec en ligne de mire la fête de la musique, c’était le seul concert qui était prévu puisqu’on était vraiment amateurs et puis on avait aucune velléité au départ de faire ça sérieusement. Et puis première fête de la musique, c’était en 93, donc ça fait longtemps et puis ensuite on a continué petit à petit, on a commencé à jouer dans des bars à Lille, on osait entre deux reprises faire nos chansons et puis ça a continué comme ça pendant un moment, mais vraiment en amateur. Puis de plus en plus, ça s’est professionnalisé jusqu’au moment où on est arrivé à un statut quasiment semi-professionnel vu qu’on commençait à gagner de l’argent avec ça, parce que le bouche à oreille fonctionnait bien. Il y avait de plus en plus de monde aux concerts, puis des programmateurs de la région qui nous ont fait confiance, puis on a remporté plusieurs tremplins à l’époque. Bon voilà, jusqu’à 98-99, on commençait déjà à faire ça, à avoir un petit nom sur la métropole lilloise et puis on a enregistré là un premier album qui était une démo en fait, enfin qui s’est avéré être une démo par la suite, qui nous a bien aidé à démarcher et puis voilà, c’est parti comme ça et en 2003, on a décidé d’arrêter nos boulots (on avait commencé à bossé, fini nos études) et on s’est lancé là-dedans, il y a cinq ans quoi.

Bastien (AEC): Je vais juste revenir en arrière au moment où vous avez commencé, il y a plein de gens qui vous demandaient pourquoi vous ne changiez pas de nom…

Alex : Ouais, effectivement, au départ on avait choisi ce nom parce qu’on s’appelait comme ça entre nous au lycée, par auto-dérision… On aimait bien se moquer de nous même…

Stan : Au lycée, ça détonnait parce que, je ne sais pas comment c’est aujourd’hui, mais quand on y était, il y avait des groupes très marqués qui se prenaient assez fortement au sérieux : il y en avaient qui essayaient de faire les beaux gosses. Nous, déjà à l’époque, on trouvait ça grotesque mais on ne se trouvait pas nous même plus sexy, seulement nous on avait pas peur de rigoler, justement de nous-même et des autres aussi. Et du coup, plutôt que de s’appeler… Enfin, je sais pas si c’est nous qui avons choisis de nous auto-baptiser Les Blaireaux ou si c’étaient les autres qui nous appelaient de la sorte…

Alex : Au début on s’appelait Les Blaireaux entre nous. Quand on a parlé de l’éventualité de faire un groupe de musique, on voulaient s’appeler les BBB, les Blues Blaireaux’s Band, sauf que le truc, c’est qu’on faisait pas du tout de blues (rire) et qu’on chantait en français donc ça avait vraiment aucun sens et petit à petit, c’est Les Blaireaux, parce qu’on était connu comme ça aussi.

Stan : Comme dans notre spectacle, on était connu pour avoir pas mal d’humour et d’auto-dérision, on s’est dit que finalement, ça ne collait pas si mal.

Alex : C’est vrai qu’on ne s’est jamais posé la question parce qu’on ne s’est jamais dit, pendant très longtemps, qu’on allait en faire notre boulot un jour, ce n’était pas une question qui se posait. Mais si les gens nous posaient la question à la fin, c’est parce que déjà, à l’époque, c’était plus sérieux que le nom ne pouvait le laisser entendre. Les textes étaient quand même un peu plus recherchés que la moyenne et nos références étaient plus du coté de la chanson que du coté du rock alternatif ou du ska-punk ou des choses comme ça. Nous quand on faisait des reprises, c’était Higelin, c’était Thiéphaine, c’était Dutronc, enfin voilà, plus des choses comme ça..

Stan : Brel un peu aussi…

Alex : Donc voilà. Puis alors, quand on a sorti le premier album (on avait remporté un tremplin dont le prix était une semaine d’enregistrement en studio) on avait appelé l’album Pourquoi vous changez pas de nom. Pas la première maquette qui était Les Blaireaux en concert qui était vraiment un truc fait à l’arrache (ça s’entend). Le premier album vraiment professionnel, c’est Le sens du poil qui là, a vraiment “cartonné” pour ce qu’on était, qui s’est très bien vendu avec des titres qui ont très bien marchés et c’est ça qui nous a lancé.

AnXesT (Désinvolt) : Je vais revenir un peu sur vos compositions. En général, vous faites vraiment des petites histoires qui sont plutôt amusantes. Qu’est-ce qui fait que c’est l’humour qui prévaut dans vos chansons ? C’est par habitude des délires au lycée ?

Alex : Moi, je me souviens très bien ce qui m’a donné envie de faire ça. C’est quand j’ai vu les VRP en concert pour la première fois et Jo Butagaz et ses Bruleurs qui est un groupe moins connu, du Nord-Pas de Calais, qui faisait beaucoup d’humour sur scène et de mise en scène aussi. Et moi, ce qui m’a plu vraiment et ce qui m’a donné envie de faire ça, c’était réussir à faire rire avec, comme tu dis, des petites histoires et puis de la mise en scène. Tout est parti de là.

Pierre : C’était faire rire et étonner, surprendre aussi, parce que autant les VRP que Jo Butagaz, toutes les deux-trois minutes, il se passait un truc qui ramenait tout le monde vers une autre direction, qui était une surprise et c’est ce qu’on essaie aussi de retrouver.

Alex : Bon c’est vrai maintenant que ce qui a changé, c’est qu’on a osé assumer des chansons plus calmes, plus tristes, ce qu’on ne faisait pas forcément au début parce que c’est toujours dur quand tu commences. tu as tendance à penser que les chansons, quand il y a moins de retour-public, que ce soit au niveau des applaudissement ou au niveau des rires, tu as tendance à te dire “oulala, est-ce que je les embête pas ? Est-ce que ça marche ?” Donc t’as tendance à privilégier les choses plus efficaces à premières vu. Ça met du temps de réussir à assumer certaines choses plus calmes.

AnXesT (Désinvolt): Et donc sur le dernier album, vous faites plus cette transition vers du plus calme.

Alex ; Sur le dernier album, on a pas eu peur de défendre le coté chanson, oui.

AnXesT (Désinvolt) : Après le feedback sur cet album, vous souhaitez continuer dans cette direction là ? Peut-être plus revenir sur l’humour ?

Stan : Je crois qu’on va continuer à garder un mélange parce que c’est vraiment ça qui nous plaît, autant sur scène que sur disque. Puisque sur scène on aime bien avoir un départ relativement “sur les chapeaux de roues”, ensuite emmener tout le monde dans une autre direction avec une chanson beaucoup plus calme, repartir à fond ; et du coup, sur le disque, c’est ça qu’on a envie de faire aussi. On a envie de répondre à toutes les différentes facettes qu’on a. Alors c’est sûr qu’on a plus de gens qui sont un peu humoristiques d’une manière ou d’une autre parce que ça peut être (pong ! Rires : Ça peut être un métier à risque, journaliste), ça peut être humoristique par le sujet même de la chanson ou alors le sujet de base peut être absolument banal voire sérieux et que ce soit la façon d’en parler qui soit humoristique, ou ça peut être simplement une chanson qui démarre normalement et qui prend brutalement un virage surréaliste ou humoristique, mais oui dans le prochain disque qu’on va faire, il y a un peu des deux.

AnXesT (Désinvolt) : Et il y a donc un “prochain disque” de prévu ?

Stan : Oui, qui va sortir en juin d’ailleurs.

AnXesT (Désinvolt) : Ça fait très peu de temps après la sortie de l’album live annoncé pour janvier…

Stan : L’idée c’est live en janvier et studio en juin.

AnXesT (Désinvolt) : Et alors pourquoi ce live en particulier ? C’est pour faire une suite avec le premier ?

Alex : L’idée, c’était qu’il y a beaucoup de gens qui, quand ils vont voir un spectacle, ont envie de retrouver ce qu’ils ont vu sur scène et puis ce n’est pas évident de la transcrire en studio. Bon et l’idée c’est aussi d’avoir une trace de ce spectacle là qui a quand même très bien marché et qui marche toujours très bien. Pour nous aussi, c’est avoir un trace de ça et puis, je pense, pour tous les gens qui sont venus nous voir depuis deux ans.

Stan : C’est vrai qu’en plus, on a tendance à toujours faire évoluer le spectacle et donc insensiblement, au bout de six mois, il a pas mal changé. Entre la première mouture du spectacle et maintenant, y’a quasiment un an et demi, deux ans qui se sont écoulés. Il y a tout un tas de choses qui ont changés et effectivement, on a envie d’en garder une trace, mais apparemment la demande vient aussi des gens qui ont envie de retrouver certains speech. Bon après le speech, il change à chaque fois, donc ce sera le speech de ce soir là, mais au moins, ils ont une idée de ce qui s’est passé à ce moment là.

Bastien (AEC) : Pour l’écriture des chansons, je voudrais savoir comment ça se passe…

Alex : En général de différentes manières. Je ramène souvent la plupart des textes. Après, soit j’ai une idée de mélodie en tête ou alors une idée d’ambiance, ou alors il peut y avoir simplement un texte qui va coller sur une mélodie qu’amène quelqu’un d’autre. Après ça peut aussi être une musique qu’on trouve ensemble. Ce qui est sûr, c’est qu’à chaque fois les arrangement, tout ce qui va entourer la chanson, ça se fait ensemble.

Bastien (AEC) : Et donc l’écriture, c’est plutôt tout seul dans son coin ? Ou c’est dans la rue que ça vient ?

Alex : Ben oui l’écriture, moi je suis assez perfectionniste alors j’aime bien retravailler les textes, trouver le mot juste, le truc qui va faire mouche. Après les autres écoutent et puis on trouve parfois aussi des trucs ensemble, il y a des chansons qui se prêtent plus à ce qu’on cherche les choses ensemble.

AnXesT : Et du coup, pour revenir sur le live, vous écrivez plutôt plus pour le live ?

Alex : Oui, je les écrit clairement en ayant en tête ce que ça peut donner en concert. C’est vrai que par rapport à d’autres gens qui auront une démarche plus musicale, peut-être, en pensant plus à comment ils vont mettre cette chanson, comment ils vont la sublimer en studio, moi je pense déjà à… Il y a beaucoup de personnages déjà, dans les chansons, parce que j’imagine déjà plusieurs personnes qui vont prendre la parole.

Pierre : Moi, j’imagine moins la scène au départ, mais malgré tout, c’est pareil, même quand on prend le Baron finalement : il y a aussi plein de personnages, comme ça s’y prête. J’ai moins la projection de la scène en tête au départ, mais je pense que c’est inhérent à la façon d’écrire aussi. Comme l’idée, c’est de développer des images, forcément, on peut les porter plus facilement sur scène, mais je n’y pense pas au départ. Et puis c’est très personnel en fait, l’écriture, à partir du moment où ça a un sens… raisonnable… Enfin, c’est pas juste intuitif, c’est pas comme la musique, je pense que du coup, c’est un peu obligé que ce soit une seule personne qui s’y colle et qui cherche vraiment sa propre façon d’exprimer une idée. C’est une pensée quand même, même si c’est rigolo ou tout ce que tu veux, c’est quand même une pensée personnelle en soi.

Alex : Oui d’autant plus qu’après, en ce qui me concerne, moi je vais les chanter, et pas une fois, je vais les chanter cent fois, deux-cents fois, trois-cent fois donc ça aussi, c’est important de savoir que tu vas pas être lassé par un texte. Des fois, j’écris un truc et je me rend compte que ça va me lasser ou alors je vais écrire quelque chose dont je serai pas tout à fait satisfait. Alors il y a eu un moment où peut être que ça passait et au tout début, je laissais passer, mais maintenant je sais que ça me gène de devoir chanter un truc que j’assume pas forcément, mais ça peut être un mot, une phrase. Donc du coup je cherche vraiment pour l’assumer…

AnXesT : Perfectionniste jusqu’au bout ?

Alex : Ouais, enfin en tout cas pour ce qui concerne l’écriture parce que c’est ce que j’aime comme style de musique, ce que je défend, et je suis assez, je pense, difficile en terme de textes. Pour moi, un texte bien écrit, c’est pas forcément un texte super poétique, c’est un texte qui va faire mouche dans certains styles. Alors après il y a des gens qui sont très poétiques avec qui ça va marcher et puis d’autres, c’est poétique mais ça tombe à l’eau. Il y a des gens qui vont écrire très simple mais ils ne vont pas réussir à créer quelque chose avec cette simplicité et il y en a d’autre au contraire où ça marche.

AnXesT (désinvolt) : Changeons un peu de sujet : Vous êtes parti à la conquête du net que récemment, avec l’ouverture d’un compte facebook au mois de juin. Ce compte résulte de quoi ? C’était une demande des fans ?

Pierre : C’était encore plus incroyable, ce compte facebook !

Stan : Cela dit, on a un site web depuis très très longtemps

Pierre : Oui c’est vrai, un site web qui est assez fréquenté et avec une très grosse mailing-list depuis très longtemps.

Stan : Quand on a commencé, c’était « Wow, vous avez un site web, vous ? »

Pierre : Après, tout ce qui est nouveau média web, MySpace, ça date un peu, mais on s’y est mis il y a quand même un bout de temps, il y a cinq ans. Facebook, on a mis un peu plus de temps à se pencher dessus. C’est difficile parce que ça demande vraiment une attention soutenue si on veut que les gens viennent le fréquenter. On ne pense pas notre contenu artistique pour le web, ce qui fait qu’on n’a pas forcément de chose à raconter sur le web à part de temps en temps. On peut poster un article, des trucs un peu rigolos mais on n’a pas de contenu qui est pensé pour le web au départ. Nous notre truc, c’est la scène. Donc on essaie de se pencher la-dessus parce que c’est vrai que finalement, ça pourrait nous correspondre, on pourrait penser à des vidéos qui nous correspondent, qui ne soient pas forcément que des clips. Effectivement, on se penche un peu la-dessus et sur Facebook depuis quelques mois et c’est pas une demande des fans au départ, c’est un fan lui-même qui l’a créé et qui nous a nommé administrateur après ^^.

Stan : On nous a forcé la main ^^. Nous on se disait « Bon, on a déjà un site, on a déjà un MySpace qui marche tous les deux depuis longtemps, c’est bon »

Pierre : Mais c’est une erreur, il faut en prendre son parti, ce sont des choses qui demandent de l’attention et il faut s’y mettre.

Alex : C’est ça le truc, c’est que ça demande beaucoup. Je vois des artistes vraiment pas connus et qui y passent beaucoup de temps, et ça s’explique aussi par le temps qu’ils ont pour y passer. C’est à dire que nous, tu prend les répètes, la création de nouvelles chansons, tu prends les tournées, c’est vrai qu’on n’a pas le temps forcément d’y passer…

Stan : Parce qu’aussi, on est un groupe intermédiaire. Parce que les groupes effectivement très connus, honnêtement, ont des gens qui sont payés pour ça ; les groupes pas connus, effectivement, ont quand même du temps…

Alex : Et puis sont plus jeunes, ont plus vécus avec ça aussi…

Stan : Nous, on est entre les deux : on a à cœur de le faire nous même d’une part parce qu’on va pas payer quelqu’un pour le faire, mais aussi par sincérité.

Pierre : On va pas faire répondre quelqu’un d’extérieur au groupe

Stan : Tant qu’on peut le faire nous même, autant le faire nous même. Et puis il y a des personnes avec qui il y a des échanges réels et qu’on retrouve après en chair et en os dans les concerts. C’est rigolo, on le reconnait pas toujours d’ailleurs parce que les photos sont pas toujours vraiment… naturelles… :-s Enfin, toujours est-il que effectivement, on fait ce qu’on peut quoi…

AnXesT (Désinvolt) : Je reviens sur le MySpace du coup : on ne peut y voir que quelques extraits de chansons. Vous avez l’impression que ça serait un peu encourager la copie que de mettre vos morceaux en entiers, c’est juste pour intriguer un peu et ramener les gens ?

Pierre : Ouais, l’intrigue ouais, après les trouver, c’est tellement facile…

AnXesT (Désinvolt) : Vos morceaux ? C’est très durs de les trouver sur internet.

Pierre : Ah bon. Au fur et à mesure du temps, je pense qu’on va de plus en plus les diffuser. Au départ, sur le dernier album, on a voulu passer que des extraits vraiment pour que les gens aient la curiosité d’aller chercher ailleurs, vraiment qu’ils se démènent. Aujourd’hui, ne serait-ce que deux ans plus tard, faire ça, ce serait idiot car personne ne “consomme” la musique comme ça… Je dis “consomme” parce que c’est comme ça que ça se passe, c’est pas “écoutent”. Du coup, pense qu’au prochain album, on pourra se permettre de mettre des chansons en entier, mais c’est un bon débat…

Stan : Il y’a aussi le fait que, pour nos premiers albums, on se soit auto-produit, mais depuis qu’on travaille avec une maison de disque qui continue à survivre par les temps qui courent, c’est pas évident de dire “merci de produire notre disque, au fait on va mettre l’album entier en écoute intégrale sur le site demain parce que bon, c’est quand même ce que les gens veulent”… C’est quand même difficile.

AnXesT : Bien sûr, mais après il y a aussi des nouveaux fonctionnements avec Deezer, Jiwa, tout ça, et ce sont des endroits où on ne vous trouve pas forcément.

Pierre : Effectivement, on ne trouve que le dernier album sur Deezer. En fait là, c’est typiquement la maison de disque qui deale les choses avec ces sites là. Ça serait idiot pour eux de relâcher toutes les chansons des Blaireaux sans aucune contrepartie, parce qu’ils ne récupèrent rien derrière. Enfin, l’argent que tu récupère derrière est tellement ridicule, enfin le montant est tellement ridicule… Il faut le faire pour que ce soit utile à tous, et du coup, je pense qu’effectivement, au fur et à mesure, il y aura des choses qui vont se passer. Avec le prochain album, il y aura forcément d’autres chansons plus anciennes qui vont aussi être disponible sur Spotify, sur Deezer, sur Jiwa etc.

[C’en suit un petit débat de quelques minutes sur le téléchargement et Les Blaireaux, le bouche à oreille, que vous pourrez découvrir sur la version sonore de l’interview]

AnXesT : Vu que vous nous avez offert la joie de nous annoncer un album pour le mois de juin, du coup je vais rebondir un peu la dessus. Qu’est ce que vous nous préparez de beau ?

Alex : Plein de belles chansons. Moi je l’écoutais avant de partir, j’étais assez content. On va l’enregistrer à Bruxelles en Janvier et… comment définir ? On est dans la période où on a les chansons, il en manque peut être une ou deux… Après il faut trouver une cohérence un peu à tout ça. On va y réfléchir et puis, la cohérence, elle est encore une fois dans les textes, dans l’humour, dans le fait que ce soit bien écrit, musicalement, le coté polyphonique aussi, qu’on essaye de défendre. Il y aura peut-être un coté un peu plus jazy que sur les autres albums…

Stan : A force de prendre des cours… ^^ On se jazyfie…

AnXesT (Désinvolt) : Ok et si je reviens sur l’album live prévu en janvier, qu’est ce que vous voulez mettre en avant sur ce live ?

Pierre : La façon de porter les chansons sur scène, la façon de les défendre différemment que sur l’album précédent, garder une trace. Les chansons, quand on les réécoute, il y a certaines chansons qui n’ont absolument rien à voir avec l’album studio, c’est impressionnant. Une chanson comme “Pourquoi j’ai mangé ma mère” qui fait 2’10” sur Parades Prénuptiales, elle s’étire en longueur, non pas parce qu’on la joue quatre fois moins vite ^^, mais parce qu’on provoque plein de trucs à l’intérieur qui sont vraiment totalement différents donc oui c’est toujours sympa de garder une trace de ces concerts où c’est tellement différent de jouer sur scène…

Alex : Et puis moi j’ai envie aussi que les gens en écoutant ça, qui ne sont jamais venus, aient envie de venir en fait, tout simplement.

Bastien (AEC) : Sur une chanson, on m’a dit que vous aviez un humour à la façon des MontiPythons…

Pierre : Ah c’est possible que ce soit celle-là justement…

Alex : Oui, y a un coté un peu absurde, un peu cynique aussi, ça fait partie des multiples références de ce qui nous fais rire nous. Une chanson, c’est simple, ce qui fait qu’on l’accepte tous. Il y a l’écriture, mais il y a aussi si elle nous fait rire. Et quand elle continue à nous faire rire longtemps, c’est gagné. Quand je disais qu’on va la chanter 300, 400, 500 fois, il faut qu’elle continue de nous faire rire. Et moi c’est encore le cas, il y a des chansons, “L’Auberge du Chat qui Pète”, je l’ai chanté mille fois peut être dans ma vie et encore ce soir, je vais la chanter et il y a des trucs qui vont me faire sourire intérieurement.

Bastien (AEC) : C’est avec celle-ci que je vous ai découvert ^^. Il y a une chanson aussi qui m’avait bien touché, c’est “Pakrac” et je voulais savoir d’où est-ce qu’elle venait.

Alex: Elle vient d’une tournée qu’on à fait en Ex-Yougoslavie en 2003 et c’est une chanson qu’a écrite François, qui n’est plus là maintenant parce qu’il a rejoint sa femme qui a été muté à Valence, l’année dernière. Et donc Pakrac, c’est une ville dans laquelle on avait joué, dans une école de musique parce qu’on avait un ami qui y bossait pour l’OSCE, et donc il nous avait demandé de faire un détour par cette toute petite ville.

Stan : Ce qui nous a vraiment étonné, c’est que huit ans après la fin de la guerre, il y a plein d’endroits qui étaient reconstruits, mais là par contre comme c’était une petite ville, voire un gros village, ils n’avaient pas reçus encore les moyens de réparer. Et donc là, il y avait encore des impacts de balles plein les murs, mais c’était une ville normale, c’était là, un petit HLM, un petit pavillon comme on en voit partout, sauf qu’il y avait des éclats d’obus, on voyait encore la marque a peu près au milieu de la ville qui était encore toute pétée, donc ça nous a pris par surprise. Et donc on jouait dans l’école de musique qui avait été le premier bâtiment reconstruit grâce à des fonds européens, je crois, et du coup, c’était vraiment symbolique, tous les gosses qui étaient là qui pour la moitié d’entre n’avaient pas connus la guerre, qui étaient frais joyeux et puis dans un paysage quand même dévasté quoi. C’est pas une émotion feinte, c’est une chanson qui nous parle à tous.

Bastien (AEC) : J’ai un peu fait le tour, mais je ne sais pas si c’est possible d’avoir une petite chanson comme ça, a capella ?

[Vous pouvez découvrir « La Sieste » chantée par Les Blaireaux dans les cinq dernières minutes de la version sonore de cette interview]

AnXesT (Désinvolt) : Pour finir, je sais pas si il y a une question qu’on ne vous a pas posé et à laquelle vous auriez aimé répondre ce soir ?

Pierre : Oui, je suis pour le débat sur l’identité nationale ! ;-p (rires)

Stan : Comment on fait pour être aussi beau ? ^^

Alex : …Si effectivement on faisait sauter les petites mamies dans tous les sens ! J’ai vu ça dans le journal, j’ai fait une interview, puis là, le titre du truc c’est « Même les personnes âgées sautent dans tous les sens… »

Stan : Parce qu’en fait, on installe des trampolines sur scènes, on invite quelques grands-mères et… ;-p

Alex : Alors bon une fois de plus, c’est vrai qu’il y a eu un petit malentendu parce que j’ai jamais vu encore de concert où on faisait sauter des petites mamies dans tous les sens, par contre ce que j’avais dit dans cette interview, c’est qu’effectivement, il y avait beaucoup de personnes âgées qui venaient aux concerts et qui retrouvaient là la tradition de la chanson avec Les Frères Jacques, Boris Vian, avec des choses comme ça quoi. Et donc elles aussi prenaient leur pieds, mais de là à sauter dans tous les sens, je sais pas où le journaliste a été chercher ça, mais bon. Donc je voulais dire aux auditeurs que non, malheureusement on est pas des “viagra-mans”… ^^

Pierre : Mais viens avec ta grand-mère, elle kiffera aussi 😉

Stan : Mais c’est vrai que, même s’il y a la moitié de la salle généralement qui est composée de vingt-cinq trente-cinq ans, maintenant, il y a des cinquantenaire, même des cheveux blancs, il y a des enfants…

Pierre : On a troqué les dreads contre des cheveux blancs… ^^

Stan : Mais c’est sympa de voir maintenant toutes les générations, enfin il y en a qui viennent en famille vraiment. Il y en a qui nous avaient suivi au début et qui maintenant ont des enfants, qui viennent avec, qui ramènent leurs parents aussi, c’est sympa.

Pierre : Typiquement hier, il y a une dame qui est venue en disant « ma fille qui est en mission au Sahel m’a dit “Maman ce soir, il y a Les Blaireaux, il faut que tu y ailles, sinon je ne suis plus ta fille” ». Et elle est ressortie ravie.

Stan : Peut-être qu’elle espérait secrètement que sa mère n’y aille pas pour pouvoir être débarrassée… 😉

[Les Blaireaux en Concert au Splendid sort le 11 janvier 2010, j’espère que vous avez compris qu’il y a moyen de passer un bon moment ^^]

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