Tu es en pleine pause dej’, ton patron t’épuise, tes vêtements sont inconfortables et tu viens de manger une vieille salade industrielle ? C’est pile-poil le moment de faire un tour dans les WC mornes et délavés pour découvrir le dernier album commis par Schlaasss, le merveilleux Casa Plaisance. Charly Dirty Duran, Daddy Schwartz et Le Dix vont te rappeler les douces années où Sexy Sushi sortait Hibernatus. Freacksound Magazine les a décrit comme suit : “En gros, imaginez Ludwig Von 88 et La Souris Déglinguée qui partouzeraient avec Stupeflip et Die Antwoord“.

Ils naissent en 2012 à Saint-Etienne. Un premier EP Tapin Povlov sort le jour de la Saint-Valentin, puis l’album, sobrement intitulé slaasssch, sort en 2015 sur Atypeek Music. Le deuxième opus, Casa Plaisance, vient de naître grâce à un projet KissKissBankBank, c’est de ça dont on va parler aujourd’hui. Pour présenter leur album sur le site de financement participatif cette petite phrase est assez explicite : “Le second album de Schlaasss ça défonce trop ta schneck comme un dauphin dans un poisson mort wallah“. Amis de la poésie bonsoir.

L’album en question se compose de quinze morceaux aux titres évocateurs comme Kiki, Tue la Tête, Pupute, Nanarchie ou encore Philippe le Dauphin. Le dauphin est d’ailleurs l’animal fétiche de l’album, dont on entend les cris sur une bonne partie des morceaux. On rentre tout de suite dans le vif du sujet avec le morceau Kiki. Ça fait rire et un peu grincer des dents, mais derrière des textes vraiment très très hardcores, il y a toujours un truc un peu moins frontal qui émerge. On adore Pupute pour ça. On est saisi par un texte comme ByeBye, par exemple. Cet album est une ode romantique à tout ce qui est le plus bas-du-front dans notre société actuelle, mais pas que. Schlaasss, c’est un peu le groupe qui vient te mettre la tête dans les égouts quand tu te balades gentiment un dimanche après-midi de mars dans un parc bien joli. Ils viennent rappeler que tout ce qu’on déteste existe et qu’on peut encore hurler dessus. Le son est un mélange de cloud rap, de punk et d’electro-hardcore. On aime bien parce que c’est un peu sale mais touchant quand même, comme leur morceau Bisous. L’album est violent comme un exutoire ou un exorcisme, ou les deux à la fois.

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Schlaasss pousse plus loin que Sexy Sushi, dérange un peu plus. Charly, princesse white trash survoltée va jusqu’à se casser une côte sur scène. La voix est éraillée, grinçante, tranchante comme leur nom. Daddy, c’est la voix grave, encore grouillante de traces de bière, le type qui met mal à l’aise tout de suite. On pourrait penser que c’est un couple de personnes un peu fragiles qui se sont rencontrées dans un atelier couture à l’hôpital psychiatrique. C’est peut-être vrai, mais ça ne suffit pas à résumer la musique de Schlaasss. Les deux acolytes trimbalent leur ambiance malsaine pour mieux en jouir et pour mieux déranger celui qui écoute. Schlaasss, c’est la meilleure blague d’une soirée cuir moustache. Ils seront le 22 mai en concert au Trabendo. Venez, ils ont des goodies de dingue, notamment un T-shirt “Je suis féministe mais j’avale“.

Tracklist

  1. Kiki
  2. No Drog Yourself
  3. Triste Artiste
  4. Byebye
  5. Noenoeil
  6. Tue la tête
  7. Les moches
  8. Pupute
  9. Thug Lilith
  10. Nanarchie
  11. Requiem
  12. Ordo ab Chao
  13. Bisous
  14. Poison
  15. Philippe le Dauphin

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