Cette année, le festival Solidays fêtait ses 20 ans. C’est à la fois le signe que l’événement est devenu une valeur sûre dans l’univers musical actuel mais également que la lutte contre le sida justifie encore qu’on se retrouve autour de la musique pour parler épidémie, sensibilisation et protection.

C’est dans cette optique que nous filons au Village Solidarité dès l’arrivée. On y trouve des dizaines de stands d’associations de lutte contre les discriminations. Cette année, trois associations sont à l’honneur. L’Association pour le développement de la santé des femmes (ADSF) propose une consultation gynéco, sans rendez-vous. L’association rencontre toute l’année les femmes en situation de précarité pour leur donner accès à des soins gynécologiques de première nécessité, grâce notamment à un “frottis truck”, permettant les consultations nomades. Les Petits Frères des Pauvres sont présents pour la première fois à Solidays et mettent l’accent sur l’entraide entre les générations en venant sur le festival. Enfin, l’Association de la Fondation Etudiante pour la Ville (AFEV) s’engage dans les quartiers populaires pour lutter contre les préjugés. Ils proposent une approche ludique avec Burger Quizz, Chamboule-tout et PhotoCall.

On se dirige ensuite vers l’exposition Sex In The City. Les équipes de Solidarité Sida proposent chaque année une exposition de sensibilisation autour de la sexualité. De nombreux sujets sont abordés sans tabous dans une optique d’information et de prévention. On y trouve des informations sur la transmission des MST et IST, mais aussi sur l’utilisation des sex-toys, sur la consommation de drogue (notamment les risques liés au Chemsex) ainsi que sur la culture du viol. Le parcours est ludique et pertinent, très ancré dans l’actualité et adapté au public du festival.

Le festival commence en douceur avec la pop sucrée de Milky Chance sur Bagatelle. On fredonne Stolen Paradise dans une ambiance détendue et festive. L’artiste offre une fin de set assez punchy qui met en jambe pour la suite.

On se dirige vers la scène Paris pour la prestation de Camille. Avec une scénographie onirique, elle emporte le public dans un univers poétique et étonnant. La couleur bleue est présente tout au long du set et sera mise en valeur sur les écrans. L’énergie qui se dégage de l’artiste est impressionnante. Sur scène, choristes et danseurs participent à la folie du show. Camille n’hésite pas à faire monter quelques couples du public pour danser une bourrée à deux. Elle casse les codes du groupe de festival. Pieds nus, elle harangue la foule, saute, danse, donne de la voix avec une justesse sans faille. La prestation est d’une grande qualité et détonne de la programmation habituelle en festival. On se laisse emporter par la dynamisme de Paris, suivi d’une superbe interprétation de Ta Douleur, en duo avec la foule. Enfin, on quitte le concert sur Allez Allez Allez.

On retrouve Eddy de Pretto sur Bagatelle. Là encore, la prestation est impressionnante. L’artiste est accompagné uniquement de son batteur et tient le set presque seul face à la foule. Vêtu d’un ensemble chemisette/short Intoxication et d’une casquette vissée sur le crâne, il enchaîne ses titres avec une précision de scalpel. Rue de Moscou est suivie par le touchant Jimmy. Le soleil se couche sur Beaulieue, puis Quartier des Lunes soulève la foule. Le public le suit et chante ses textes. Eddy de Pretto occupe l’espace avec un charisme débordant. Il garde son personnage et n’est pas dans une communication incessante avec la foule, mais sa sensibilité se ressent dans l’interprétation. Le son est très bien fait et met en valeur la voix et les textes, piliers de la musique de l’artiste. On retiendra une interprétation particulièrement émouvante du titre Mamère. Le set se termine sur Normal et le tube Fête de Trop.

Il reste quelques lueurs dans le ciel quand Nekfeu s’installe sur la scène Paris accompagné de son “crew”. Le rappeur est très énervé et plante un rap efficace, au flow puissant sur le festival. La scène est éclairée en rouge, l’artiste tout en noir, l’idée est de mettre le feu. Il ira même jusqu’à fracasser un de ses ordinateurs sur la scène.

C’est Jain qui prend la suite sur Bagatelle. On l’avait découverte au festival de Beauregard et on retrouve à Solidays tout ce qui fait son succès. Fidèle à elle-même, elle propose une prestation efficace et joyeuse. Seule sur scène, moulée dans une combi bleue, elle enchaîne les tubes accrocheurs qu’on lui connait comme le très efficace Heads Up et quelques morceaux de son nouvel album Soldier, notamment Star et Alright. Elle démontre ses talents de musicienne en n’hésitant pas à passer à la guitare et au ukulélé. Elle termine sur l’inévitable Makeba, toujours aussi jouissif.

Un petit moment de pause se profile avec l’hommage aux bénévoles sur la scène Paris, suivi du set efficace de DJ Snake. L’artiste envoie ses sons à pleine puissance et fait danser la foule du festival à grand renfort de lasers et de pyrotechnie. On retrouve les beats de Lean On et le sens de la performance de celui qui est capable de mixer en haut de l’Arc de Triomphe.

On passe ensuite par le César Circus où l’on sera absorbé par la foule et la bonne ambiance du collectif Viens La Fête. L’équipe des soirées We Are The 90’s s’est emparée du petit chapiteau et balance les derniers tubes de l’été dans une ambiance déjantée. D’énormes ballons gonflables seront balancés sur le public qui se dépêchera de les dégonfler et de les emporter.

On retrouve Bagarre sur la scène du Dôme qui lance leur électro-trash à fond. Il est 1h du matin et le festival entre en mode nuit. Flashs violents, beats puissants, voix teigneuse. Bagarre offre un set bien énervé et fait danser la foule. La prestation se termine par une reprise de Porcherie avec le groupe hurlant “la jeunesse emmerde le Front National” à une vitesse effrénée.

On termine cette première journée avec le set de Mr Oizo toujours sous le Dôme. Les beats s’enchaînent mêlés à des sonorités acides et même planantes parfois. Les lumières rouges et bleues hypnotisent. On lâche prise.

On laisse le festival à la fabuleuse Rebeka Warrior et Panda Dub Circle Live.

Voir la galerie complète de Solidays @ Paris-Longchamp – 22 Juin 2018 – Jour 1 sur Flickr

 

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