Un arpège, sur des claquements de doigts, que couvre soudain de son spleen une voix grave et douce. On découvre Ridan en 2004 avec son album Le Rêve Ou La Vie, comme un envoutement, une révélation. L’Agriculteur prend sur ce disque une place de pivot, entre les ballades mélancoliques et les diatribes engagées.

Ridan pose un flow rap tendre, léger, sensé, sur des instrumentalisations simples et régulières, répétitives pour certains, mais dont la force est de savoir mettre en valeur ce qu’il faut, les paroles de l’artiste, d’une richesse sémantique et lexicale rare.

L’Agriculteur, le recul d’un homme sur les Hommes, sur la Vie, un homme qui ne suit plus, et qui ne veut plus suivre cette grande course au matérialisme conditionné. Un discours roots, un retour aux choses simples, le plaisir au naturel, d’une brise chatouilleuse nous ouvrant les portes du grand air pur.



L’Homme est petit face à la Vie, et Ridan le remet à sa place, loin de cette “folie” qui l’auto-proclame roi d’une terre qu’il s’est appropriée. Un œil critique sur notre condition de privilégiés occidentaux aux priorités corrompues par le paraitre et la possession. Au tout béton Ridan rétorque grands espaces.

A chacun de se poser les mêmes questions, à quoi ça rime, où va-t-on? Un Hymne De Nos Campagnes en quelques sortes, toutes niaiseries exclues, un hymne à la simplicité… tout simplement. Rafraichissant.

Les Paroles

j’allume mon poste de télé
Pour admirer ce qu’il se passe
Un milliardaire s’envoie en l’air
Toute l’atmosphère pour voir l’espace
J’troque son bol d’air et sa cuillère
Contre un p’tit verre sur ma terrasse
J’en ai ras le bol de tout ce béton
J’ai la folie des grands espaces
j’en ai ras le bol de tout ce béton
j’ai la folie des grands espaces

mais qu’est ce qui se passe dans nos p’tites têtes
on s’entasse tous comme des sardines
dans les grosses boîtes que l’on conserve
le p’tit poisson doit suivre sa ligne
dans les grosses boîtes que l’on conserve
le p’tit poisson doit suivre sa ligne

REFRAIN:
Et puis merde
j’ai décidé de vivre loin sur la colline
Vivre seul dans une maison
avec la vue sur ma raison
je préfère vivre pauvre avec mon âme
que vivre riche avec la leur
et si le blé m’file du bonheur
je me ferai peut être agriculteur
et si le blé m’file du bonheur
je me ferai peut être agriculteur

y’a trop de feux rouges dans les grandes villes
j’ai préféré me mettre au vert
j’ai plus de bonheur à vivre en paix
que d’admirer au fond d’un verre
j’boirais l’eau saine de mon ruisseau
plutôt que l’eau sale du fond de la seine
chargée en plomb et en histoire
que la surface ne laisse plus voir
chargée en plomb et en histoire
que la surface ne laisse plus voir

j’ferai des bornes pour m’éloigner
pour me retrouver face au miroir
juste une seconde de vérité
pour l’eau s’écoule pas sous les ponts
j’ferai des bornes pour m’éclipser
pour me retrouver face à que dalle
juste une seconde de vérité
pour contempler ce qu’on est tous

REFRAIN

ça fait longtemps que j’n’ai plus vu
ce coin de soleil à l’horizon
ça fait longtemps que j’l’attendais
une petite lueur de la raison
une petite chanson au clair de lune
pour réchauffer le cœur de pierre
le grand retour à l’essentiel
le feu de bois éclaire le ciel
le grand retour à l’essentiel
le feu de bois éclaire le ciel

la mélodie de la nature
reprend ses droits sur la folie
c’est toute la vie qui nous observe
que l’on oublie au fil du temps
la mélodie, celle de la vie
que l’on consume à chaque instant
tout nos acquis s’écrasent au sol
et j’ai choisi la clef des champs
tout nos acquis s’écrasent au sol
et j’ai choisi la clef des champs

REFRAIN