J’avais quitté Ben Mazué après avoir échangé quelques mots lors d’une interview pour ce site. J’avais découvert ce jour-là, un type charmant, captivant, humble et surtout rempli d’humanité. Je lui avais fait la promesse que j’irai le voir à sa prochaine date parisienne tellement son univers m’a touché au cœur.

Rendez-vous au Théâtre Traversière, sous la pluie, pour admirer enfin ce bonhomme en pleine prouesse scénique.

Décontracté, Ben Mazué arrive sur scène en compagnie de son guitariste Clément Simounet. Pas de baggy, pas de grillz qui lui recouvrent les dents, ni de chaînes et montres en or, pas même de basket sans lacets, mais Ben Mazué est un rappeur non ?

Les rappeurs j’en ai dû écouter pas plus de six, apprécié quatre d’entre eux et admiré que deux ! Avec ce genre de musique, je cherche la perfection, la perle rare, la finesse des mots, l’émotion pure et rare, la splendeur de la rage qui se dégage à chaque souffle, à chaque murmure, à chaque mouvement des lèvres.

Il arrive des fois où dans un style de musique ultra puissant, qu’on dit “violent”, tu découvres une perle qui te surprend, te fascine, te fasse rire aux éclats. C’était le cas avec Ben Mazué, un artiste humble, surprenant et drôle. Les textes ne sont pas révolutionnaires, mais simplement sincères.

Ben Mazué nous sort sa chanson cliché sur Barack Obama avec une énergie qui fait bouger le “papy” derrière moi, qui à des moments se prenait pour Snoop Dogg avec ses bras levés. Papy Snoop Dogg a bien tripé comme la plupart des quinquagénaires dans la salle.

Ben Mazué n’est pas parfait mais c’est Un homme modeste, qui fait rarement partie de ceux qui se plaignent. Il est aussi groovy avec ses chansons construites entre slam, rap, soul, hip hop, reggae, … bordel c’est tellement bon.
Lors de ma rencontre avec Ben, je lui avais posé la question s’il n’avait pas peur de se mettre à nu, de se livrer, d’ouvrir son cœur avec toute sa fragilité et ses doutes. Sa réponse fut toute simple : fallait écouter sa chanson Biographie. Pari réussi ! Les poils se dressent, l’émotion devient plus forte, le charme artistique prend toute son ampleur et je me laisse bercer par son beat-box et les effets de son pédalier tellement plaisant.

Hey! Ho! Hey! Ho! Ben Mazué est un rappeur ultra-puissant. Oui ce petit dandy, 65 kilos, les cheveux oranges coiffés n’importe comment, a su m’envoyer quelques années en arrière avec Confession d’un rap addict. A l’aube de 2001, j’avais dans mon walkman l’album Suprême NTM et je me trouvais invincible à l’écoute de Laisse pas traîner ton fils ou Seine-Saint-Denis Style. Que du bonheur !

Un dandy j’ai dis ? Ben Mazué nous livre ses déboires avec la gente féminine, enfin une fille qui est trop près.

Avec Ben Mazué tu en prends plein les yeux, et tu restes avec un beau souvenir d’un concert plein de good vibes, de soul, de rap qui pue le bonheur, de magie tout simplement.

Notez bien sur vos agendas, il sera au Printemps de Bourges le 17 avril. Avis aux amateurs de bons sons et surtout aux curieux.

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