Durant deux semaines, Désinvolt s’envole à San Francisco. Histoire de voir ce qu’on se met dans les oreilles là-bas…

HAIGHT & ASHBURY

“Bon les Julien, c’est quand que vous m’emmenez dans le quartier hippie ?” J’étais assez excité à mon arrivé, mon envie de découvrir ce quartier, berceau de la musique psychédélique américaine, fréquenté par Jimi Hendrix, Janis Joplin ainsi que d’autres artistes issus du San Francisco Sound comme The Grateful Dead et beaucoup d’autres encore. “On aura qu’à y aller demain.” répondent-ils. Et le “demain” est arrivé subitement. On prend donc le bus direction Haigh & Ashbury Street, ce croisement d’où débute le célèbre quartier hippie.

Pour l’Histoire, c’est ici, en 1967, que se réunirent environ une centaine de milliers de jeunes afin de célébrer ce que l’on appellera plus tard le “Summer Of Love”. Par ce rassemblement, ces jeunes, héritiers de la beat generation ont fait éclater le (court) mouvement hippie à la face du monde qui a atteint son apogée durant l’été 1969 avec le succès inimaginable du festival Woodstock. Menés par des poètes, philosophes et écrivains comme Allen Ginsberg, Lawrence Ferlinghetti ou Ken Kesey, les hippies prônaient les valeurs dorénavant bien connues du pacifisme et du retour à l’état de nature. L’amour libre, la musique pop menée tambour battant par l’hymne de Scott McKenzie, San Francisco, et les drogues faisaient aussi parties de cette contre-culture. Ces mêmes drogues qui mirent fin au mouvement après 1969 et la mort de Jimi Hendrix, Jim Morrison et Janis Joplin.

Contrairement à ce que l’on peut lire sur les annonces d’agences de voyages, Haight & Ashbury Street n’a rien conservé de sa la légende. Arrivé dans le quartier situé non loin du Golden Gate Park, le croisement est tout de suite reconnaissable par ses couleurs. Les maisons de l’époque victorienne multicolores et les graffitis nous font tout de suite bonne impression. Mais en s’enfonçant un peu plus on se rend compte tout de suite que le 21ème siècle est passé par là. On ne reconnait rien de ce que l’on a pu entendre, lire ou même voir à ce sujet.

Mais alors ? Où sont passés les hippies, ces jeunes dont Kerouac parlait si bien ? On ne sent même plus l’odeur de l’herbe dans la rue malgré tous les “smoke shop” . Il y a bien encore quelques clubs de jazz et un ou deux chevelus complètement défoncés, mais le reste du quartier ressemble plus à une ancienne vitrine destinée à attirer le touriste dans ses filets. Il fallait bien s’y attendre, ça fait maintenant 50 ans que les hippies ont disparu… Dommage que le quartier n’ait pas survécu au temps qui passe.

Aujourd’hui, le long de Haight Street s’étalent un nombre incalculable de magasins de souvenirs et commerces de toutes sortes exhibant les vestiges de cette époque : T-shirts psychédéliques, posters des groupes de musiques phares, livres, disques… Les disques, d’ailleurs bien le seul intérêt de parcourir ce quartier car tout au bout se cache un vrai supermarché du disque. Là-bas je suis tombé sur The Crystal Method, duo originaire de Las Vegas et qui a pris son nom à Los Angeles dans les années 1990.

THE CRYSTAL METHOD

C’est en picorant au hasard, parmi les interminable allées de disques, à la recherche de quelconques groupes électroniques que je suis tombé sur The Crystal Method. Inconnu au départ, en faisant quelques recherches je me rends compte que le combo ne m’était pas totalement étranger. Habitués du petit et du grand écran, plusieurs de leurs morceaux se sont déjà retrouvés au générique de séries télévisées ou encore d’œuvres cinématographiques. Sans doute l’une des plus connues, The Name Of The Game, a été utilisé dans le film Matrix. Ça vous dit quelque chose. Petit retour en arrière :

Chez Amoeba je suis tombé sur le premier album du groupe intitulé Vegas. Avec ce premier opus, la combinaison de la “Cité des Anges” installe les bases de ce qui constituera leur identité par la suite. Très inspiré par la scène européenne, on pourrait situer TCM entre Chemical Brothers pour la recherche et les expérimentations sonores et Fat Boy Slim pour le côté big beat. Par là-dessus, les californiens ont puisé aussi dans tout ce que l’Amérique a pu faire de mieux depuis les années 70 : techno, hip-hop, post-punk… Vegas est une pierre angulaire dans l’histoire de la musique électronique américaine.

The Crystal Method montre bien qu’il n’y a pas que les anglais qui savent faire du big beat. L’une de leurs meilleures productions, en tout cas la plus remarquée remonte à 2004. Sobrement nommé Legion Of  Boom, celle-ci ressemble à un vrai Blockbuster à lui tout seul. Born Too Slow, Weapons Of Mass Distortion, RealizerTCM varie les styles, accompagné par de grosses têtes d’affiches comme Wes Borland de Limp Bizkit, RhazelMilla Jovovich (apparemment elle chante aussi)… Beaucoup plus clinquant qu’à leurs débuts, même si leurs compositions perdent un peu en subtilité, le groupe se rattrape en énergie et balance à fond la caisse !

Ecouter Legion Of Boom sur Deezer