Envies de nouvelles couleurs, nouveaux goûts, nouvelles senteurs, bref, pour combler vos envies d’ailleurs, Les Ogres De Barback reviennent, une nouvelle fois, pour satisfaire de leur incontestable virtuosité nos papilles auditives, du sucré, du salé, de l’amer et du doux. Comment Je Suis Devenu Voyageur s’intitule leur nouvel album, farandole de saveurs et de textures, étonnantes et détonantes, Les Ogres nous donnent le goût des choses vraies, relevées aux épices de leur monde ouvert sur celui des autres.

Les Ogres ne font pas du rock, pas de la varieté, pas du jazz. Les Ogres ne sont pas une fanfare, pas un groupe pop, pas une troupe de cirque. Les Ogres font de la musique et la donnent en spectacle, sans barrière de genres ou contraintes mercantiles. Les Ogres, c’est une famille nombreuse, de frères et sœurs et d’instruments, dont l’intégrité n’a d’égale que la générosité, et la création métissée.

Après le retour de Pitt Ocha et sa rencontre avec Igihozo au Rwanda, le pays des milles colines, Les Ogres nous offrent un nouvel album, « pour les grands » cette fois (non pas que le précédent ne s’adressait qu’aux « petits »), Comment Je Suis Devenu Voyageur, avec dans son baluchon tout plein de produits locaux et exotiques, du riche terroir du monde en quelque sorte.

Des délices coquins, des mets engagés, des en-cas corsés, l’aisance musicale des Ogres et leur extraordinaire capacité d’entreprendre ensemble de nouvelles choses trouvent encore une résonance dans leur habilité individuelle à manier avec brio une foultitude d’instruments différents et à marier styles et coutumes sans a priori ni morale condescendante, en toute indépendance tout simplement.

Tout de suite sous le charme nanar des concepts alter-républicains d’Elle Fait Du Zèle, réaliste des choux de Bruxelles de Marcelle de Sarcelles, érotique des coquineries d’Entre Tes Saints, l’écoute de cet album est sans conteste plaisante et accrocheuse. C’est nouveau, mais on ne se perd pas pour autant, l’identité extra-nationale des Ogres restant perceptible dans le chant toujours plus assuré et efficace de Fredo, dans une guitare électrique sur une rythmique exclusive, des touches de cuivre, des cordes, des influences riches et variées (le diptyque J’M’élance et Donc Je Fuis)… et des invités, forcément.

Comment Je Suis Devenu Voyageur ouvre cet album du même nom, en réponse aux Oiseaux De Passage, le texte de Jean Richepin chanté par Georges Brassens. Afrique du nord, Espagne, Occitanie, autant de voyages pour le prix d’un disque, et sans empreinte carbone, c’est devenu un acte citoyen de soutenir Les Ogres et leur label Irfan!.

Une chose saute également aux oreilles à l’écoute de cet album, c’est la dimension qu’il est susceptible de prendre en live, surtout quand on connait l’aisance désormais acquise par la famille Bruguiere sur scène. Et je peux même vous dire que j’ai hâte d’y voir Le Daron.

Autre curiosité, c’est la présence de Léo, pas celui qui finit sous un camion non, mais le cinquième ogre, le petit frère, né après la création du groupe et que l’on peut apercevoir sur le DVD des 10 ans du groupe. Vous l’aurez compris, Les Ogres c’est du travail, de la famille, mais sûrement pas la patrie… 80 dates à venir, allez y, tout simplement, pour aimer, pour découvrir, pour vivre la musique.

  1. Comment je suis devenu voyageur
  2. Nos vies en couleur
  3. Entre tes saints
  4. Marcelle de Sarcelles
  5. Je n’suis pas courageux
  6. Graine de brigand
  7. Elle fait du zèle
  8. Ma tête en mendiant
  9. Petite fleure
  10. J’m’élance
  11. Donc je fuis
  12. Coeur arrangé
  13. Le daron
  14. L’ennui et le jour
  15. Non remontant

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Pitt Ocha Au Pays Des Milles Collines sur Désinvolt