Isam, au delà du support habituel que forme un album, est un travail tant sonore que visuel. Cependant, pour n’avoir malheureusement pas pu assister à ses premiers concerts en France, je ne pourrai donc vous parler que du son.

Amon Tobin, bien que sa notoriété se soit appuyée sur l’OST de Splinter Cell dans lequel il pose des mix pour le moins formatés pour l’univers du jeu vidéo, a toujours fait dans l’expérimental. Avec Isam, c’est encore cette tendance qui domine largement et, à la seule écoute du CD, la majorité pourra difficilement qualifier une certaine part des pistes qui composent l’album de « mélodiques ». D’un autre coté, nous pouvons très bien en profiter pour lancer là un débat philosophique sur la composition qui serait fort enrichissant. Voyez donc de quelle manière Amon Tobin présente les choses.

Vous conviendrez que « expérimental » n’est donc pas un mot mal venu quand on prend connaissance de ses méthodes : l’appropriation intégrale et l’instrumentisation de sons réels, mécaniques ou organiques. Quant au résultat, il se présentera donc comme un enchaînement toujours raisonné aux niveaux microcosmiques et macrocosmiques. Et pour le coup, Amon Tobin - portrait - photo promoquand la mélodie prend le dessus, c’est tout un univers qui se dessine dans une ambiance organo-steampunk. A partir de là, je vous invite à faire un tour sur son site web où vous pourrez écouter intégralement sa dernière création : il sera ainsi plus pratique de comprendre de quoi on parle.

A l’écoute de la première piste, et passée l’introduction qui aura le don de surprendre les néophytes, vous découvrez donc une mélodie qui ne sera pas désagréable, et je ne me mouille pas. Après quelques nouvelles secondes, vous entrevoyez ce qui, pour moi, fait la force de cet artiste : sa touche unique qui renforce la profondeur du rythme. Une « percussion » aussi puissante et qui résonne de cette manière, ça vous réveille au minimum. Pour peu que vous écoutiez à un volume “normal”, vous devriez sentir un petit quelque chose au niveau du cœur. Et si vous êtes sensible à cet effet, je n’ai pas besoin d’en dire plus que vous poursuiviez l’écoute de son album. Pour ceux qui n’auront pas été convaincus, on va approfondir un peu : il va falloir attendre le troisième morceau intitulé « Goto10 » pour découvrir le jeu préféré du DJ qu’est sa propre vision du Drum’n Bass : des sons hypnotisants sur des rythmes toujours aussi profondément vibrants. Pour la suite, je vous laisse apprivoiser par vous-même les morceaux qui ont toujours pour constante d’être profondément communicants.

Cet album n’est finalement que la bande son d’un spectacle (sur le site du DJ, Isam n’est même pas présenté comme un album à part entière), mais ce spectacle consiste avant tout en une reposante, bien que parfois effrayante, exploration de soi au milieu d’un rythme de la vie parfois cruel, parfois apaisant, mais toujours surprenant pour qui prendra le soin de l’observer avec un tant soi peu d’attention.

Et si vous avez l’impression, lors de cette écoute, qu’il vous manque quelque chose, il va falloir réécouter Isam accompagné des commentaires d’Amon Tobin en personne (super idée, par ailleurs), ou vous procurer des places pour son prochain concert, ou encore commander l’album en édition limitée pour accompagner votre écoute des magnifiques photos qui le composent. Ne perdez donc pas de temps ;).

isam artwork
Tracklist :

  1. Journeyman
  2. Piece of paper
  3. Goto10
  4. Surge
  5. Lost & found
  6. Wooden toy
  7. Mass & spring
  8. Calculate
  9. Kitty cat
  10. Bedtime stories
  11. Night swim
  12. Dropped from the sky

 

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