Il doit être vingt-trois heure, ou quatre heures, je ne sais plus trop. On vient d’abuser d’une liqueur de whisky au sirop d’érable, et je commence à entendre quelque chose qui ressemble au meilleur moment musical de la soirée. Je demande naïvement “c’est quoi ça ?” et elle me répond avec son joli accent québécois “The Last Assassins, le groupe de Jean Leloup“.

Si vous n’avez jamais entendu parler de Jean Leloup, c’est une sorte de Matthieu Chedid québécois mixé avec du Mathias Malzieu. Voilà pour situer le personnage, un type totalement loufoque en somme. Pour ce qui est de la musique de Last Assassins, je dirais que c’est du rock pour le coté corrosif, avec une légère pointe de blues/jazz pour le coté apaisant. Une sorte de truc tendre qui vient vous mordiller la chair, un poison lent qui vient altérer vos sens.

Jean, Mathieu et Virginia (oh la jolie voix) ont pondu ce petit bijou de disque qui m’a réconcilié avec la musique québécoise pour un bon bout de temps.

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Il y a des soirs comme ça, où un simple instant musical vous colle un sourire qui ne s’efface jamais vraiment. Je suis resté collé au caisson de basses pour me faire percuter avec violence comme dans une backroom de pornclub. Une sorte d’orgasme auditif en somme. Peut être justement parce que j’étais à cette période-là en demande de ce type de musique précisément. Je venais tout juste d’apprivoiser le groupe The Dead Weather, et ça, c’était carrément dans la même veine, mais en plus sournois. Du genre j’vais t’faire mal mais en douceur. La même sournoiserie qu’on retrouve chez les Doors.

Sentir la basse m’écraser de tout son poids – lourd, lourd, comme un cheval mort – et entendre la guitare qui n’est pas là pour nous découper mais plutôt pour nous caresser. Le blues des cabarets contemporains et des espaces enfumés. Le jazzy rock des caves voûtées et poussiéreuses. On se croirait à New York ou Chicago plutôt qu’à Montréal.

Ce disque fut bref, un peu trop, ou peut être juste ce qu’il faut. La première écoute est toujours la meilleure avec ces machins-là. Il doit être minuit. Ou cinq heures, je ne sais plus trop. Et ça fait une heure qu’on écoute sans dire un mot, le sourire aux lèvres.

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