Sorti tout droit de la scène londonienne, The Mispers est une sorte d’OVNI qu’on ne peut pas laisser passer sans se retourner. Association des termes “missing” et “person”, le nom de ce groupe représente leur idéologie artistique : briser les règles normatives qu’on a pu leur imposer pour rechercher leur propre forme de musique, du rock alternatif qui exprime un manque, une obsession. Leurs mélodies enchanteresses comme la jolie Emilie, enivrante et amoureuse, un violon animé par l’ivresse, et la voix brute et fragile du chanteur créent une atmosphère unique et onirique. On les compare à Arcade Fire à cause de leur fougue, l’énergie envoyée sur scène, notamment celle du chanteur qui est totalement habité, pourtant le nom même du groupe a été trouvé en lisant un livre, The Missing d’Andrew O’Hagan.

The police call them Mispers. They are everywhere and nowhere, In the world and out of it, Each of them different, And each the same. MispersAndrew O’Hagan

(La police les appelle Disparus. Ils sont de partout et nulle part, dans le monde et en dehors, tous différents, et tous les mêmes. Disparus.)

Forts de leur expérience avec le groupe St Raymond en tant qu’invités d’honneur sur leur tournée anglaise, ils organisèrent la November Search Party, un enchaînement de concerts qui fut une grosse réussite puisque tous étaient complets. Mais 2015 a à peine commencée qu’elle semble être l’année des Mispers. Annoncée il y a quelques jours, leur prochaine tournée anglaise avec la découverte indie-pop de 2013 Kodaline concrétise une ascension, lente mais efficace, qui les a d’ailleurs menés en France fin avril dernier, avec un concert à La Flèche D’Or (Paris) et une apparition remarquée au Printemps de Bourges.

Leur premier EP éponyme contient en tête la chanson Brother, une sorte d’hymne à l’amitié rythmé par une force instrumentale, qui provoque une cassure en plein milieu, pour mieux déguster la suite. Les trois autres chansons nous entraînent dans leur propre monde, la délicieuse Coasts s’élève au dessus de l’Océan, comme un appel à cette fille qui devient une sirène entre les doigts de la violoniste. Ou encore le glissement folk de Trading Cards toujours porté par cette voix que l’on craint de perdre à chaque instant, si naturelle et non-exagérée qu’on en pleurerait presque.

Leur second EP Dark Bits est plus rock, la chanson éponyme en est la représentation, festive et amusante. On entre directement dans les entrailles de la jeunesse londonienne indépendante. Les riffs sont cinglants, pourtant leur identité est la même, un mélange de puissance et de vulnérabilité comme en témoigne l’exotique Rio aux faux airs de samba, sur un texte dur et nostalgique “I left my heart in Rio, I’ve been cheating by a girl“. Gold dust est funky, la voix du chanteur combinée à l’insolence de la guitare électrique donnent une explosion sensuelle au moment de crier “I’m just a man“.

Leur dernier titre Shoulder nous supplie de ne pas en rester là, d’en écouter toujours plus, parce que c’est une obligation, une obsession, il faut écouter et réécouter, pour en connaitre les moindres recoins, les moindres sonorités, jusqu’à parvenir à l’implacable vérité : la beauté de The Mispers est taillée dans le diamant brut du grand Londres, regorgeant de talents inconnus mais brillants. Merci.

Tracklists:

EP The Mispers             

  1. Brother
  2. Trading Cards
  3. Coasts
  4. Emilie

 

 

 

 

EP Dark Bits

  1. Dark Bits
  2. Gold Dust
  3. Postman
  4. Rio

 

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