Le 2 novembre à 14h21 précises, un petit post apparaît sur la page Facebook de Mademoiselle K indiquant que l’artiste sera deux jours plus tard au Quartier Général en concert à La Kidnapping pour présenter son nouvel album. Pour les néophytes, La Kidnapping est une soirée définie comme «boom queer indé’glinguée» organisée depuis quelques années par la très haute en couleur Sophie Morello. Il faut avoir un certain goût du risque et du bordel pour s’aventurer sur la scène minuscule et mal sonorisée du Quartier Général. Apparemment cela ne fait peur ni à Mademoiselle K ni au duo de Pethrol qui passe en première partie de soirée.

Pour cette soirée, c’est ambiance bon(ne) enfant : une salle confinée, un plafond bas, une odeur de bière mélangée au bois. J’entre dans le bar et suis catapultée plusieurs années en arrière du haut de mes 17 ans à aller voir mes potes jouer, sur une scène de fortune, des reprises aux guitares saturées de Noir Désir, RATM et Nirvana dans un lieu pas vraiment adapté niveau acoustique. Sauf que ce soir ce n’est pas un groupe d’adolescents qui joue, mais le groupe Pethrol avec la pétillante Héloïse Derly et Mademoiselle K avec la très hot Katerine Gierak.

Le début des hostilités était annoncé vers 21h. Pethrol ne commencera pas avant 22h. Fondé en janvier 2013 avec Héloïse Derly au chant et Cédric Sanjuan à la batterie, le groupe présente ce soir l’album Figures sorti le 21 octobre. Le duo est originaire de Lyon et propose une pop envoûtante et ethnique, à mi-chemin entre électronique et analogique. A deux sur scène avec une batterie, un PC et un micro, le groupe nous réveille et la salle se remplit petit à petit, faisant monter considérablement la température. Héloïse se déhanche en nous envoûtant avec sa voix sexy et cristalline. Elle vient volontiers danser, se balader avec nous «du côté de Las Vegas» avec la chanson Le Dernier Grand Voyage et partage allègrement sa joie d’être ici et de s’éclater sur scène. On pense à Blondie pour certains morceaux. La batterie est puissante et rythmée. L’album sera joué quasiment en entier et l’on retient des titres bien entêtants comma As Far Is Now. Il se dégage de l’ensemble une impression joyeuse et détendue. Les solos de batterie sont impressionnants et Héloïse a une présence intéressante sur scène. Elle ondule au fil des mélodies et entre les nombreux câbles et se joint à la foule pour danser. Le groupe, après plusieurs rappels d’un public conquis, laisse la place à «Mr K», ainsi renommée pour la soirée placée sous le signe de la féminité.

Une petite pause laisse les fans de Mademoiselle K envahir la salle et le peu d’espace qui reste autour de la scène. On est collés contre les enceintes de retour et l’artiste est invité à rejoindre la scène au son d’un retentissant «Katerine ramène ta cul» lancé bien fort par La Morello. Ouvrant le bal des Insus aux Zéniths de Caen et Lille le mois dernier, Mademoiselle K rejoint donc une scène plus intimiste pour expérimenter en presque exclusivité ses nouveaux morceaux («Jean-Louis et Berti» ont pu les écouter avant nous). C’est plein à craquer devant la scène et on n’entend et on n’y voit pas à deux mètres derrière, comme le précise la chanteuse. Heureusement pour moi mon statut de groupie m’a fait anticiper la foule pour en profiter au maximum. Au moindre mouvement derrière moi, je risque de finir les dents dans les cymbales. Devant le groupe perché sur trois palettes de bois, un public éclectique et électrique s’agite au son de la guitare, du synthé, de la batterie et de la voix de Katerine. La température monte encore de trois gammes au Quartier Général pendant que le groupe nous envoie un set de nouvelles chansons rock «in french» ou «en anglais», avec des surprises comme un morceau de flûte au milieu d’une chanson. On a de la fièvre ou des larmes dans les yeux sur ses deux nouvelles chansons J’ai Pleuré et Sick et on assure les chœurs sur les grands classiques d’Ungry Dirty Baby et de Ça Me Vexe. On revit tous un peu nos ruptures ou histoires amoureuses et malheureuses sur Je Suis Jalouse. On saute et on est encore un peu plus en nage sur R U Swimmin. On bouge nos cheveux sur son Final dont l’efficacité est testée, approuvée et certifiée.

Et on les rappelle encore, parce que même si le retour est, semble-t-il, pourri sur scène, nous on entend vraiment bien l’enceinte dans l’oreille. C’est juste, bien huilé et rock à souhait. J’ai à mon actif trois concerts de Mademoiselle K, et c’est la même recette détonante à chaque fois. Sa proximité avec le public, la poésie de ses textes et de leur interprétation qui nous balancent en pleine gueule un peu nos ruptures amoureuses, nos passions, nos échecs, nos coups de pied au cul, nos pensées coupables et tout ça avec de l’amour… beaucoup d’amour.

 

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