Les premiers à jouer sur une des scènes du Download festival étaient les français de Wakan-Tanka. C’est une jeune formation du cœur de l’Essonne, avec à leur actif un EP : Animal in Progress, sorti en 2016.

Nous les avons rencontrés sous les détonations du concert de Jonathan Davis. Chris le batteur, et Erwan, le chanteur/guitariste, ont pu répondre à nos questions. Il ne manquait que David, le claviériste.

Commençons par le commencement : Où vous êtes-vous rencontrés ?

Erwan : A la fac à Evry, on était en Musico. Moi en sortant du lycée, j’avais envie de monter un groupe depuis déjà quelques années, j’ai cherché un peu, et là j’ai rencontré Chris. On a monté un groupe, pour faire des compos.

Pourquoi vous avez décidés d’appeler ce groupe Wakan-Tanka ? Ça a une signification pour certaines tribus amérindiennes

Chris : C’est moi qui ai donné l’idée. On a aimé l’idée d’avoir un nom pas comme les autres, avec un coté un peu folklorique, puis, c’est aussi quelque chose d’impalpable.
On a pris un nom indien, pour marquer les sonorités différentes, c’est un peu le côté « transe », le côté « la musique est partout », pas mal de trucs un peu mystiques qui ressortent dans le nom.

J’ai vu la pochette de votre album : Pourquoi des animaux ?

Erwan : C’était après une visite du zoo de Vincennes (rires). Non, mais on reprend comme ça, un peu les codes amérindiens. Il y a pas mal de tribus dans lesquelles ils sont très animistes, où chaque animal a un symbole. Nous, on a voulu reprendre cette idée-là, à notre sauce, avec un apport de notre culture européenne.
Chris : Moi les albums que je préfère, c’est ceux qui ont une cohérence ensemble. On ne voulait pas juste mettre des titres ensemble, et puis voilà, c’est bon. On a un concept d’ailleurs sur la pochette de l’album où chaque titre est représenté. Il y a quatre personnages, donc il y a quatre titres. On voulait mettre un peu plus d’artistique sur la pochette, pour que ça forme tout un ensemble.

Vous n’êtes pas anti-spécistes ?

Erwan : (rires) Non je ne sais pas, on a pas la prétention de défendre quoi que ce soit encore. Mais il y a certains combats que j’ai trouvé intéressants, notamment certains groupes qui se pointent avec leurs gourdes sur scène, pour éviter le gaspillage de bouteilles d’eau, ça part de démarches perso tu vois. Mais c’est des trucs qu’on aimerait faire après très certainement.

On s’est penché sur vos morceaux. On s’est demandé pourquoi il y a cette rupture nette, en plein milieu de Blue Magic Goat ?

Erwan : Tous les trois, on a des influences différentes, il y a aussi cette volonté de donner un coté prog’ à nos morceaux. C’est-à-dire développer sur 7 à 10 minutes un titre. Et nous, on essaye de faire ça, sur 4 minutes, donc on effectue des changements. Et cette rupture a quelque-chose qui permet de garder une cohérence.
Chris :  On pioche des influences assez math-rock ou post-rock. Nos titres suivent les humeurs, donc les phrases peuvent changer assez brusquement.  Puis on a cette idée de premier EP, où on va tester plein de choses, on ne se met pas de barrières. On essaye de mélanger un peu tous les genres au sein d’un même morceau. Sur notre prochain EP, on va avoir toute une phrase pop avec des rythmes africains par exemple.

Cette pochette m’a vraiment fait penser à Gorillaz. C’est voulu ?

Alors, ça c’est parce qu’on n’a pas d’argent et qu’on voulait faire un truc à quatre volets (rires). Ça s’appelle allier l’utile à l’agréable. On voulait vraiment faire : quatre titres – quatre volets. Puis quand on a repris la pochette cartonnée simple, on a essayé plusieurs façons de caler les quatre images.

D’autres influences musicales?

Erwan : En vrai, ça dépend vraiment des humeurs.
Chris : Sur notre prochain album par exemple, il y a un titre à la rythmique simple, un truc qu’on laisse tourner, pour bouger.
Erwan : Je pense que pour nos influences fortes, il doit y avoir Queen Of The Stone Edge,  Jack White. Des trucs un peu électroniques, un mélange entre Justice et Radiohead.

A quand votre prochain EP ?

Erwan : Fin de l’année 2018. Au plus tard début 2019. On est en train de tout organiser niveau com’ donc on n’a pas de dates exactes.
Chris : Pour la sortie du premier album on était un peu jeunes, on a fait une release party, mais bon. Là l’EP est déjà prêt. On est un peu plus au courant de comment ça se passe, on va déjà bientôt envoyer à la presse.

Arrivée de David

Vous avez un peu tourné en Ile-de-France du coup ?

Chris : Ouais, on a fait quelques scènes dans le sud de l’Ile de France, un peu Paris aussi. On a pu jouer aussi en Belgique grâce à un partenariat, puis là on entame une tournée en Bretagne, jusqu’à fin juillet. Puis on a une date à la Maroquinerie qui se négocie pour notre nouvel EP, affaire à suivre.

Comment vous êtes-vous retrouvés à jouer au Download ?

Erwan : Alors c’est un partenariat avec le Download et la région. La salle de Rack ‘Am à Brétigny nous a choisis pour passer ici, il y a d’autres groupes au festival qui ont bénéficié de ça aussi : Teacup Monster [ndlr : via la salle Le Plan], et Wild Mighty Freaks [ndlr : via la salle l’Empreinte]. Les salles nous ont aidés à organiser la date, avec des résidences scéniques et sonores. On a eu un coach.

Un coach ?

Erwan : Ouais, pendant deux jours, il nous préparait, et nous apprenait, en gros, tout ce qui est bien pour faire le show.  C’était l’occasion de travailler ça.

Ça vous a plu de jouer ici ?

Erwan : C’est terrible ! On a sur-kiffé pendant le concert. On a envie de plus.
Chris : On a pris un méga-pied sur scène. Puis, on se voit souvent pour bosser : 2 à 3 fois par semaine. Donc ça montre que notre travail paie vraiment ! Ça donne vraiment envie de continuer.
Erwan : Il y a toujours des choses à améliorer, mais on a eu que des bons retours, le public était là. On a fait un show vraiment professionnel, on s’est vraiment éclatés quoi.

Vous avez profité du festival entant que spectateur un peu ?

Tous : Ouais on a vu les Foo Fighters. C’est incroyable, cette fluidité sur scène. On sent l’expérience.
On est allés voir Perturbator, The Hives aussi, Franck Carter, Ozzy Osbourne. Puis on essaiera de voir les Gun’s ce soir. Mais j’avoue qu’après la date, on avait un peu la pression, donc on s’est posés un peu en backstage, on a pas trop profité des concerts du vendredi.

Un mot pour la fin ?

On souhaite remercier la salle du Rack ‘Am sans qui on ne serait pas là aujourd’hui. Merci à ceux qui nous suivent depuis un moment, et tous ceux qui ont pu nous aider dans notre projet.

 

Affaire à suivre alors avec un EP qui risque de sortir fin 2018. On vous tient au courant chez Désinvolt !

 

Photos © Mathieu De Michiel.

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