Véritable coup de coeur avec leur précédent album “{Near the edge of something beautiful“, j’ai rencontré nos deux garçons d’Exsonvaldes (les deux autres étaient malheureusement absent) pour en savoir un peu plus sur ce groupe qui mérite largement notre attention.

Le temps d’une interview dans un café parisien, Antoine (Clavier/Guitare) et Martin (Batterie) nous ouvrent les portes de leur univers si captivant et charmant.}

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Bonjour Exsonvaldes ! Vous avez débuté à la fac, sur la base de plusieurs groupes. Pouvez-vous revenir un peu sur vos débuts ?

– Antoine : Effectivement, on se connait depuis assez longtemps, on s’est rencontré au cours de nos études. Nos groupes respectifs se sont arrêtés à cette époque là, et comme nous étions disponibles, amis et nous avions des influences assez proches, ça s’est commencé à peu près comme ça.
Mais au début, c’était plus un groupe de “potes” pour jouer des reprises qu’on aimait bien. Assez rapidement, on s’est mis à écrire nos propres morceaux. On a commencé à les enregistrer comme on pouvait et puis à notre surprise, ça a trouvé un écho assez vite. On a commencé à avoir quelques chroniques, alors on a fait nos premiers concerts. Ça s’est développé, on a fait un premier mini-album en 2003 qu’on a auto-produit nous-même et qui a été distribué nationalement. Puis, on a signé sur notre premier label et on a sorti notre premier album “Time we spent together” en mai 2004 puis le deuxième “Near the edge of something beautiful” en mars 2009. Et aujourd’hui, on sort une déclinaison acoustique de ces morceaux-là.

On a pu apercevoir, au fur et à mesure avec vos albums et EP, une certaine évolution du groupe. Vous êtes passés d’un album assez homogène à un album totalement différent avec “Near the edge of something beautiful” voire un peu éparpillé avec un mélange de sons piano guitare électro…

– Martin : Éparpillé ? En fait, nous l’avons voulu plus comme un album “varié”. On a pas l’impression de s’être éparpillé mais plus, à la limite, d’avoir enrichi notre palette de nouvelles sonorités. Avec le travail d’Alex Firla qui a réalisé notre album, nous avons plutôt cette impression d’avoir gardé un fil directeur, c’est nos morceaux, c’est nos instruments, c’est la voix de Simon mais autour on a construit un truc plus riche.
Quand on fait nos albums, on ne se dit pas qu’on va gagner plus de monde, on pense en premier à faire un album qui nous plaît et justement gagner en variété c’était quelque chose qu’on a voulu faire sur cet album.

On va revenir un peu sur ces chansons reprises en acoustique. (leur dernier album “There’s no place like homes“). Pourquoi “en acoustique” ? Est-ce un trip entre bons potes ou c’était plus dans le but de capturer et revivre ces chansons de concert en appartement ?

– Antoine : Au départ, y avait pas vraiment de but. Le projet d’en faire un album est la cerise sur le gâteau. On voulait fixer quelques chansons de ces versions acoustiques de concert en appartement pour prolonger la vie du deuxième album qui est sorti en mars et avoir un peu de matériel en plus. Puis, les sessions de studio se sont super bien passées et on a pu enregistrer 11 morceaux en se disant “On fera le tri après”. Mais on n’arrivait pas à choisir, les 11 chansons nous plaisaient toutes et ce qui est bien c’est qu’elles ont toutes plu au label.
Et c’est le label qui nous a proposé d’en faire un album.

Et ce qui était prévu au départ, c’était justement un simple EP ?

– Antoine : Le projet initial c’était un maxi 5 titres. Et ce qui est super là-dessus, c’est que c’est hyper frais parce qu’on a enregistré d’une façon assez libérée, y avait pas d’intention particulière et c’est devenu un album. Il y a énormément de fraicheur que ça soit dans l’enregistrement ou bien le produit final.

Retour en arrière avec “Near the edge of something beautiful” ! Vous attendiez à ne recevoir que des bonnes critiques ? D’ailleurs, Cali a eu un gros coup de cœur pour le groupe.

– Martin : Cali c’était assez inattendu (rires). Pour vous raconter l’histoire, on était en répét et on a eu un message sur le portable de Simon (chanteur et guitariste du groupe) une petite voix qui disait …

– Antoine : …. (en imitant la voix) Salut, je suis chanteur, je m’appelle Bruno Caliciuri et j’ai découvert votre titre par la compile des Inrocks…

– Martin : … J’ai adoré et j’ai envie qu’on se rencontre. Et il nous payé un coup à boire à la gare de Lyon et on l’a revu plusieurs fois. A la base, Cali avait un label et il voulait qu’on signe sur son label. Finalement, on a pas fait ça avec lui. C’était vraiment une rencontre inattendue !

Pour les critiques positives, je ne sais pas vraiment. Quand tu sors un album, t’es toujours un peu anxieux de ce que les gens vont penser. On sentait que nous avons pas mal évolué, et on avait vraiment l’impression qu’on avait fait des progrès. Aussi, on a bossé avec un producteur pro, on a passé beaucoup de temps au studio. On avait un peu mis toutes les chances de notre coté. Après des fois, tu te trompes complétement et les gens pensent que c’est un coté prétentieux. On ne s’y attendait pas vu qu’on a que des bonnes critiques…

– Antoine: T’es forcément surpris mais c’est vrai qu’on avait un mini secret d’espoir d’avoir une majorité de critiques positives.

Mais, pour vous, ça ne vous fout pas une méga pression, vu que pour délivrer un prochain opus, vous avez placé la barre un peu haut. Peut-on dire que sortir un album acoustique est comme une sorte de préparation au prochain opus ?

– Martin : A la limite, c’était juste pour le fun. On est déjà en train de bosser sur le prochain album, et la pression c’est celle qu’on se met nous même (rires).

– Antoine : Je ne trouves pas qu’il y a vraiment une pression. On a été assez content de ce qu’on a pu faire sur le deuxième album “Near the edge of something beautiful” donc maintenant, on a envie de faire quelque chose qui puisse nous plaire encore plus et aller plus loin dans ce que l’on sait faire. C’est là où réside toute la pression. Ce qui est difficile, c’est quand on a le sentiment de piétiner éventuellement sur un nouveau morceau.

– Martin : Faut dire qu’on est bien entouré. On a Alex Firla qui a réalisé le disque, un manager avec qui on commence à se sentir bien en confiance. Les gens de Volvox, c’est pareil, sont derrière nous et je pense que le fait d’avoir cet entourage qui est vachement présent nous rassure. Et du coup, on est assez libre pour faire notre travail dans notre coin. On répète dans un endroit qui est assez isolé, on est pas mêlé à la scène parisienne ou quoi que ce soit. Et quelque part, on peut dire qu’on est un peu dans une bulle…

Au lieu de dire qu’il y a une touche Exsonvaldes qui se crée, on vous a souvent catalogué comme une copie des Girls In Hawaii. On vous sent assez proche de la scène rock belge, qu’est ce qu’elle représente pour vous ?

– Martin : La Belgique on a toujours vachement aimé, on a pas mal joué là-bas et on a toujours reçu un très bon accueil. On a rencontré des groupes, dont les Girls In Hawaii, qu’on considère comme des potes, Ghinzu avec qui on a joué etc … Et on trouve que c’est une scène très riche, il y a beaucoup de groupes assez varié et qui méritent un peu tous d’être écoutés. Il y a par contre un truc avec le public belge, c’est qu’il est toujours derrière ces groupes et les supporte. On demande pas pourquoi tel groupe belge chante en anglais contrairement à ce qui se passe en France.
En France, on a ce complexe d’être toujours tourné vers les Etats-Unis ou l’Angleterre, contrairement à la Belgique qui n’ont pas ce genre de complexe.

– Antoine : Du coup, c’est la force de la scène belge.

Et c’est ce qui manque à la scène rock française ?

– Antoine : Ils sont ultra libérés vis-à-vis de l’anglais, c’est véritablement le principal truc. C’est un petit pays, ils ont un marché du disque beaucoup plus petit que celui de la France et sont tournés très nettement vers l’export. Du coup, s’ils veulent exister il faut tout de suite qu’ils s’expatrient. A partir de là, l’anglais est de toute façon hyper majoritaire et naturel et toutes les barrières, elles explosent à partir de là. C’est limite plus simple pour tout le monde de chanter en anglais. Et à partir du moment où cette espèce de postulat est admis par tous, il n’y a plus de problème de quota de radio, d’identité absolue par rapport à la langue ou un passif de chanson. Alors pourtant il y a eu des chanteurs belges qui font limite partie du patrimoine français comme Jacques Brel mais ils n’ont pas de rapport aussi intime et important que nous avec ça.
A mon avis, c’est la principale raison qu’on soit proches d’eux et le fait qu’en France c’est plus compliqué…

Peut-on parler d’un manque d’ambition alors ?

– Antoine : Je trouverai ça drôle que dans un pays où tout le monde a beaucoup d’idée et soit naturellement ambitieux et créatif et que dans un autre tout le monde est un peu nivelé C’est un environnement, une culture, un passé qui créent ça autour de la scène française et qui la cadenassent un peu plus. En Belgique c’est hyper libre, on est plus dans du Allez-y les gars! Essayez de sortir du pays et lâchez vous!.

– Martin : J’ai remarqué un truc, après c’est juste une impression elle vaut ce qu’elle vaut, mais il y a plus de “curieux” dans les salles de concert.

Sinon, maintenant avec la sortie de “There’s no place like homes“, vous allez reprendre ce concept de concert en appartement ? Comment vous allez défendre cet album sur scène, retour aux guitares électriques ?

– Antoine : ça sera très majoritairement acoustique ! En appartement, on est complétement débranché et a capella, là ça sera carrément en salle et c’est le répertoire acoustique, les instruments acoustiques mais avec plus de puissance et de caractère. On va essayer de reprendre l’identité de l’enregistrement du disque, sur scène.

– Martin : On va essayer de quitter les appartements aussi, parce que c’est un concept qu’on a pas envie de voir durer dans le temps. L’intérêt du projet c’est que ça soit limité dans le temps. Paradoxalement, la tournée pour défendre cet album se fera en dehors des appartements, là où le concept est plutôt né.

Vous êtes en train de travailler sur le prochain opus. On peut donc affirmer que cette fois-ci ça sera le retour à l’électrique ?

– Martin : Le prochain album sera électrique ça c’est sûr et certain.

– Antoine : Il sera un peu moins drastique mais dans la suite logique du second album. On a pu trouver le son qui nous ressemblait et ce qu’on aimerait faire aussi.

– Martin : Un élément qui sera déterminant c’est qu’entre le premier et deuxième album, 5 ans se sont écoulés. Là, on voudrait sortir le nouvel album à la fin de l’année ou début de l’année prochaine. On aura des chansons qui seront au final composées dans une période assez rapprochée, dans une espèce d’urgence. On fera tout un travail de composition qui ira avec cela. On va essayer, aussi, de travailler sur l’énergie.

– Antoine : Il y aura une énergie, une fraicheur, un jeu en commun ! Une espèce d’évidence de capter l’essence des morceaux, certains seront pré-arrangés. On va essayer plusieurs choses mais on va se focaliser le plus possible sur l’énergie !

– Martin : Les chansons sont parfaites mais il y aura un énorme + à les jouer à quatre et à refaire ce qu’on a fait avant. On est tous dans le groupe d’accord pour dire que le fait d’avoir enregistré tous dans la même pièce, à fond, en 3 jours, dans une sorte de répét’ enregistrée, on a adoré ce concept et on a vraiment envie de le refaire.

La grande force d’Exsonvaldes est cette spontanéité et ce naturel qui traduisent un réel talent mais aussi, que vous arriviez à exploiter comme il se doit la voix de Simon avec cette sensibilité vocale frissonnante et accrocheuse à la fois.

– Martin : (sourire) C’est chouette comme compliment ! C’est dommage qu’il ne soit pas là pour le recevoir (rires).

– Antoine : Simon a fait énormément de progrès, il s’est vraiment ouvert à plein de choses. La qualité vocale qu’il a atteint maintenant nous permet aussi d’écrire des mélodies qui sont plus ambitieuses et plus efficaces que ce qu’on a pu faire avant parce qu’il est capable de les incarner vachement mieux.

– Martin : Un groupe se repose beaucoup au service d’une voix et si tu me dis qu’on a réussi ça, c’est un réel plaisir pour nous d’entendre ça (sourire).

Et si on parlait un peu d’Exsonvaldes et la scène ! Vous avez prévu quelques dates jusqu’à mars pour défendre “There’s no place like homes“. Des festivals prévus pour après ?

– Antoine : Ben la réponse sera toute simple, nous on aimerait beaucoup, j’espère qu’on en fera. Après c’est une question de programmation, des timing avec une actualité. Nous allons faire en sorte d’être toujours présents l’été pour pouvoir tourner en festival. Évidemment si la question est si on veut faire tous les festivals la réponse est OUI. S’il faut faire une tournée marathon c’est avec plaisir !

– Martin : Ce qui est sûr c’est qu’on adore jouer, on adore aussi partir en tournée. On avait une tournée prévue, on a fait 30 concerts en appartement en plus …

– Antoine : Ce qui est super aussi, c’est que notre tournée elle peut être hyper varié, si on peut faire 30 concerts en appartement, 30 salles et 30 festivals ben c’est mortel parce qu’il n’y a jamais de répétition, c’est tous les jours différents. En gros, s’il y a 30 festivals on les prend tous, il n’y a aucun problème (rires).

On va finir cette interview par un top 2009 (avec un peu de retard) des artistes et albums que vous avez apprécié écouter. Allez c’est à vous …

– Antoine : Le nouvel album de Phoenix !!! C’est certain, c’est celui qui nous a marqué influencé et plu à tous. C’est l’album où on s’est senti le plus proche de ce qu’on fait…

– Martin : C’est un groupe qu’on écoute depuis longtemps et c’est cool de voir que sur leur quatrième album ils font leur meilleur !

– Antoine : Il y a plein de trucs qu’on a bien aimé, par exemple l’album du chanteur des Strokes, Julian Casablancas. L’album de Mew, si tu connais… (“No More Stories / Are Told Today / I’m Sorry / They Washed Away // No More Stories / The World Is Grey / I’m Tired / Let’s Wash Away“)

C’est du genre post-rock ?

– Martin : En fait, il est très pop pendant les mélodies, c’est un groupe danois. Il cartonne dans le monde entier mais on entend pas beaucoup parler de lui en France. Ils ont quand même fait toute la première partie de Nine Inch Nails, ils remplissent des grandes salles dans le monde entier et à Paris, ils sont passé à la Maroquinerie… c’est bien mais c’est modeste quand même.

– Antoine : Il y a eu aussi quelques rencontres. Par exemple, on a pas mal joué avec les Bishops. Du coup, on a eu un petit coup de cœur pour leur album. C’est un disque qui nous a accompagné.

– Martin : On a découvert un groupe belge qui s’appelle Mintzkov, ils sont signé sur le même label que nous et encore un groupe belge qui fait de la bonne musique. Ils ont un chanteur (Philip Bosschaerts) qui a une voix qui ressemble à celle de Tom Barman, chanteur de dEUS. Il y aussi l’album de Grizzly Bear.

Exsonvaldes, merci beaucoup pour cette interview et cet bel album qui n’a pas fini de faire ronronner nos platines. Un mot de fin pour Désinvolt ?

– Antoine : Merci à Désinvolt et on invite tous les lecteurs du site à venir nous voir en concert !

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