Haute comme trois pommes du haut de ses 22 ans, Luciole, mêle parlé, chanté, interprétation et textes envolés dans un projet qui serait de trouver sa propre parole, celle qui lui ressemblerait…

Le premier album de Luciole “Ombres” est sorti le 16 février 2009 et existe aujourd’hui dans une nouvelle édition enrichie de deux inédits, avec à l’intérieur, des histoires de rencontres, d’amours qui se terminent, de joies et puis de peines, de rires et puis de larmes, fragile et pleine de force, c’est l’histoire d’une fille qui grandit…guidée par sa lumière.

Bonjour Luciole, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis une parleuse, chanteuse, écriveuse ailées !

Qu’est-ce qui t’a donné envie de chanter ? Et comment a commencé ta carrière ?

Je chante depuis des années ! Petite fille je participais à des comédies musicales pour enfants, c’est sûrement ça qui m’a donné ensuite l’envie de prendre des cours de chant, j’en suis à ma septième année maintenant…
Quant à ma carrière… euh, c’est un peu étrange mais je crois qu’elle a commencé lorsque j’ai eu envie qu’elle commence ! A partir du moment où j’ai décidé de faire une pause dans mes études, de monter à Paris, de faire une disque, c’était parti pour la grande aventure !

Et dans l’aventure de la création de cet opus à l’univers si particulier ?

Ca c’est fait naturellement, sans trop réfléchir j’ai mêlé ce qui m’animait, le chant, le dire, le murmuré, une interprétation un brin théâtrale. Là-dessus j’ai rencontré Dominique Dalcan qui m’a aidé à créer un univers musical. Et petit à petit “Ombres” s’est construit.

Pourquoi avoir choisi le nom de Luciole ? Luciole comme une lumière, entre légèreté et fragilité? Y a-t-il une grande différence entre Lucile et Luciole ? Ou bien ce n’est qu’une seule personne ?

C’est un peu Luciole qui m’a choisie en fait. Le jour de ma 1ère scène slam, on m’a demandé quel était mon pseudo et c’est sorti tout seul. Au fond c’est juste une lettre de plus, un jeu de mot… Et puis je crois que j’aime ce côté visuel du petit point lumineux qui brille dans le noir.
Pour ce qui du côté schizophrène du pseudo, je crois que Luciole et Lucile ne sont qu’une même personne, peut être que l’une est juste plus extravertie que l’autre voilà tout.

Comment décrirais-tu ton univers ?

Comme je l’ai dis un peu plus tôt, c’est un mélange entre les différentes pratiques artistiques que j’ai croisé sur mon chemin, la musique, le chant, les textes écrits pour le slam, le théâtre… tout ça pour ne pas choisir entre l’une d’elle ! J’avais envie d’inventer une parole qui serait la mienne, la plus proche possible de ce que j’aime, de ce que je suis.


Ombre

Cela faisait longtemps qu’on ne m’avait autant charmé par la voix, par des textes si attachants et captivants et pourtant j’imagine que ce n’est pas facile de faire du « slam au féminin ».
C’est facile de se faire sa place dans un univers pré-dominé que par des hommes, je pense à Nevcherihlian, GCM, Abd al Malik, Rouda et bien d’autres … (alors que vous êtes lauréate au championnat de France en individuel en 2005 et en équipe en 2006) ?

Je n’ai jamais trouvé ça difficile, je crois. Sur une scène slam il y a souvent autant de femmes que d’hommes. Certes il y a plus d’artistes masculins au niveau des projets discographiques qui font parler d’eux mais dans les scènes ouvertes, il y a beaucoup plus de slameuses que l’on imagine. Pour le reste, je n’ai pas l’impression de devoir trouver ma place parmi tous ces garçons. On ne fait pas du tout la même chose et puis il y a de la place pour tout le monde.

Gainsbourg et Ferré étaient connu par leur façon de chuchoter, parler en musique, ou s’énerver en rythme au-dessus d’une musique enivrante! Et Luciole de ton coté, tu as aussi cette poésie murmurée, ces textes touchants.
Je viens à ma question, quels sont les artistes qui t’ont influencée ?

Dans le mille ! Gainsbourg bien sûr, mais aussi Camille ou Prévert et tant d’autres encore…

Tu écris sur tes sentiments, ta vie ou bien les rencontres. Nous retrouvons quelques histoires personnelles, certaines un peu mélancoliques et tristes et d’autres rêveuses et qui nous laissent face à l’évasion.
Écrire des chansons est vraiment un exutoire ?

Ca l’était surtout au moment où j’ai découvert le slam. J’étais dans ce passage entre l’adolescence et l’âge adulte et son lot de chagrins d’amour du coup j’écrivais comme un besoin, un exutoire oui…
Ca l’est moins maintenant. Bien sûr j’écris tout le temps mais par plaisir de raconter une histoire dans le but de la transmettre ensuite. Aujourd’hui c’est peut-être plus comme un jeu.

Ombres, premier album sorti le 16 février et faut dire que tu as placé la barre assez haut. Tu ouvres le bal avec Une rencontre qui est servie par un piano, des chœurs doux, des mots chuchotés et parlés. Une rencontre qui ne s’arrête plus … Une histoire personnelle j’imagine ?

Oui… et ironie du sort, elle s’est arrêté. Mais il y en a eu d’autres !

Puis arrive le titre Le cœur en miettes au milieu de l’album qui, avec ses mots comme des diamants, nous captive et nous émeut et ceci malgré l’absence d’une ambiance sonore. Tu voulais mettre l’auditeur face à la magie des mots ? T’es partie chercher loin dans l’émotion quand même avec ce texte.

Je voulais surtout le garder intact, tel que je le faisais sur les scènes slam. J’avais trop peur que la musique gâche l’intensité du texte, de la mélodie…

de temps en temps, une déclaration et une envie d’amour sans pudeur ?

Sans pudeur, je ne sais pas, mais une déclaration d’amour oui, simple et sincère.

Viens sourire sur ma bouche et ces mots murmurés, on a du mal à croire que un seul album puisse comporter autant de chansons qui font frémir le cœur, et pourtant …
Comment naissent vos chansons ?

La plupart des chansons d’Ombres sont nées d’histoires personnelles. Elles sortaient comme ça d’un trait, de manière très instinctive. J’écris surtout sur des ressentis, des sensations, des sentiments et c’est de ce qu’ils provoquent chez moi que va naître le texte et l’histoire.

Depuis fin juin, Ombres est de nouveau dans les bacs (et en vente en ligne depuis le 3 août), avec une nouvelle pochette, des chansons supplémentaires. Et une nouvelle maison de disque. Que s’est-il passé ?

Quelque chose qui arrive beaucoup en ce moment. Ma maison de disque a été victime d’un plan social au moment de la sortie de mon album. Beaucoup de membres de mon équipe on été licenciés. Quant à moi, j’ai préféré récupérer mon contrat, sentant que mon disque risquait de finir aux oubliettes dans tout de mic-mac. J’ai donc décidé de travailler avec une maison indépendante, Blonde Music. Pour ce qui est de la re-sortie du disque, il a également fallut retrouver un distributeur, Sony, et pour marquer le coup, on a amélioré un peu le tout en ajoutant deux inédits…

En quelques mots si tu pouvais donner un avis sur ce premier album, ça serait plutôt ?

Wahou, c’est pas une question évidente. Disons que c’est un peu comme ma carte de visite, mon premier pas dans le monde de la musique. Et je ne compte pas m’arrêter de si tôt…!

“Est-ce que j’ai rêvé ?” dis-tu dans une de tes chansons. Aujourd’hui le rêve est devenu réalité ?

On peut dire ça je crois. Je fais le métier que j’aime et que j’ai choisi. Ce n’est pas tous les jours facile mais disons que c’est un rêve pour lequel on a envie de se battre.

1ère partie de Camille les 7, 8, 9 Juillet puis un détour par les Francos de La Rochelle. Des belles rencontres et un été chargé pour Luciole ?

Assez et c’est plutôt bon signe je crois !

Sinon, quels sont tes projets à venir ? Une tournée nationale ?

Oui ! Elle débutera en septembre et devrait me mener jusqu’au printemps prochain…
Ca c’est le projet principal, et puis je vais commencer à préparer le 2ème album tranquillement, continuer d’écrire.

Avant de finir cette interview, Quelle question as-tu toujours espéré qu’on te pose ?

Mmm… ce serait mentir, il n’y en a pas vraiment en fait.

Qu’on ait le cœur léger ou le cœur brisé, Luciole on aime et on adore. Merci pour cet album magnifiquement écrit.
Un petit mot avant de finir l’interview ?

Merci et à bientôt sur le courant de la scène ?

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