Parce que l’histoire qu’il conte est aussi la nôtre, parce qu’aucun d’entre nous n’a le droit d’oublier, parce que son père fut un juif déporté, parce que son père n’en est jamais revenu… Nuit et Brouillard, en allemand Nacht und Nebel, expression mortifère de la barbarie nazie, qui prenait sens et horreur dans l’extermination discrète des résistants et de toute forme de résistance.

Jean Ferrat lève la voix en 1963, sur l’album appelé lui aussi Nuit et Brouillard et appelle au Devoir de Mémoire. Celle de son père et de tous les autres, hommes, femmes, enfants, vieillards

… Juifs pour qui l’humanité s’est arrêtée aux portes d’Auschwitz-Birkenau, de Daschau ou encore de Buchenwald.

A cette époque, la France n’est pas encore prête à assumer ses erreurs, à regarder en face ses responsabilités dans le drame d’un peuple qu’elle a elle même vendu à son agresseur. Nuit et Brouillard est mal vue, mal venue. Les plaies de l’horreur de sont pas cicatrisées, et l’Etat en place garde encore en son sein des fielleux résidus de Vichy. Peu importe, les français accrochent et suivent Jean Ferrat. Quelques passage radio suffiront à faire connaître la chanson. Et l’album obtiendra même le prix de l’Académie Charles-Cros.

Il reste aujourd’hui cette chanson, enseignée dans les salles de classes, comme un témoignage de plus pour ne pas oublier, pour que la France puisse se regarder, sans honte et sans arrières pensées, “Pour qu’un jour les enfants sachent qui vous étiez”. Au delà de son histoire personnelle, Jean Ferrat a su trouver les mots pour coller à l’Histoire de ce monde, sans pleurer, sans geindre, pour redonner aux victimes une dignité trop souvent ignorée, et refaire briller l’éclat de l’Humanité.

Jean Ferrat sur Wikipédia
Les paroles de Nuit et brouillard
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