Désinvolt était invité le 24 octobre, aux 3 Baudets, pour la présentation de l’album “L’homme Préhistorique” de Florent Vintrigner.

Après une rencontre avec le groupe juste avant le concert, nous voila prêts à voir ce que peut donner cet opus, loin de nos platines habituelles, et comme nous disait Florent quelques minutes avant “On a passé du temps à faire ce disque, maintenant on a envie de lui faire prendre l’air.”

Les premiers à s’élancer sur la belle scène des 3 baudets c’est George Sound, une rencontre du rap et du rock. Nos 5 bordelais chantent devant un public réceptif et attentif et tout le monde semble conquis devant la belle plume de Damien qui décrit notre société, son hypocrisie, notre égoïsme. On s’en est bien douté “L’optimisme peut aussi percer dans la mélancolie”.

Une salve d’applaudissement méritée pour George Sound. On espère que leur premier album, qui est en préparation, sera à la hauteur de la magie des sons et de la puissance du verbe qu’ils nous ont offert ce soir.

Une dizaine de minutes plus tard, arrive l’homme à qui l’on doit cette soirée, l’accordéoniste de la Rue Kétanou : Florent Vintrigner.

Le concert débute sur “En pensant à vous“, une chanson entraînante où Sébastien Bennett nous emporte avec ces airs jazz manouche. En seulement 4 minutes, Florent et ses amis arrivent à enchanter les 3 Baudets avec cette ballade pleine de vie, sensible et humaniste ! Humaniste est le mot parce qu’assister à un concert de Florent Vintrigner c’est comme parler avec un très cher ami de la vie en toute simplicité et sincérité. Ensuite, sitôt “En pensant à vous” finie qu’on se retrouve à danser avec “La femme au chat noir“. Un accordéon qui palpite aussi fort que cette flamme émotive qui brille en nous ce soir. C’est sûr, nous serons vulnérables et sans résister, on se laissera emporter, par ces airs manouches, là où se cachent nos émotions les plus intenses. Et même les problèmes techniques, avec cette fameuse ligne 17, n’ont pas pu empêcher le groupe de briller ce soir. Le temps que la contrebasse de Jean-Louis retrouve son grognement habituel, Florent nous offre sur scène un bon moment de divertissement. Nul doute, à lui seul, il pourra nous pondre, avec sa grande présence sur scène, un spectacle alternant sketches, chorégraphies et musique bien sur.

Et si on allait voir de l’autre coté de la rivière ?, nous demanda-t-il. Nous voici entrainés avec “L’homme Préhistorique“, dans ce goût du voyage, obstiné à vouloir connaitre comment les autres vivent de l’autre coté de la montagne !

Nous retrouvons la joie du spectacle avec “Quand tu te déshabilles” où un Florent endiablé danse sur la table, -enfin sur scène-, comme un gaucho ou un Magyar. Mais comment fait-il ? Quelques sourires sur les visages des spectateurs emballés par cet homme déchainé sagittaire ascendant sagittaire.
Dans cette frénésie joyeuse, Florent invite le public à participer avec lui sur la chanson “La vache enragée” (chanson qu’on retrouve sur l’album La pittoresque histoire de Pitt Ocha des Ogres De Barback).

Elle est là (où ça où ça?)

En face de moi (où ça où ça?)

Je suis là (où ça où ça?)

En face d’elle

Elle, elle n’a pas peur de moi (et toi et toi?)

Et moi je n’ai pas peur d’elle

Et nous dansons le tango

Bien serrés l’un contre l’autre

Je lui gratouille le dos

Elle me chatouille les côtes

Je suis le cavalier

De la vache enragée

Je suis le cavalier de la vache enragée… olé 🙂
Bon sang, nous étions tous témoins : avec Florent, le tango n’est plus une pensée triste qui se danse!

D’une chanson d’amour à une chanson drôle il n’y a qu’un pas. L’esprit manouche ne cesse d’être plus présent sur scène. Sébastien Bennett nous réjouit ainsi avec ses démonstrations de swings gitans pendant que Jean-Louis Cianci nous offre, avec sa contrebasse, des rythmes envoûtants dont il a le secret.

Si c’est pas de l’amour

Alors c’est de la pure folie

Demain il fera jour

Mais qu’elle est longue cette nuit

Et nous espérons qu’elle soit interminable avec Florent et ses amis tellement ils nous ont enchanté avec des phrases d’une poésie rare :

Je perds trop souvent le goût de nous-mêmes

Il se fond peu à peu dans la masse

On irait courir plongé dans la fièvre

Des chevaux fous qui galopent dans nos veines

ça y est c’était l’heure de la fin avec “Tchao Bye Bye“. Un petit rappel avec “Je rentre me coucher” et puis s’en vont.

Il ne fait aucun doute que, dès les premières notes, le public était déjà acquis. Que dire de plus ? Je ne sais plus, j’avais les yeux fermés … me rappelant ainsi que l’amour et la poésie sont universels.

Un grand merci à Capucine Golicheff et à l’équipe de Ladilafé, sans oublier Florent Vintrigner et son groupe pour cette merveilleuse soirée.

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