C’est au printemps 1970 que parait l’album In Rock de Deep Purple.
C’est aussi à cette période que le rock connait ses plus beaux jours: partout dans le monde les guitares fleurissent, la voix des chanteurs bourgeonnent et les grand noms prennent racine dans le paysage musicale: Led Zeppelin, Pink Floyd

Mais c’est bien avec Deep Purple, qui débarque un peu comme la mauvaise herbe au milieu de tout ce pré fleuri, que le groupe va se montrer comme l’un des premiers à avoir repoussé les limites d’une musique pour l’amener vers quelque chose de plus brut et décomplexé, le hardrock.

L’une des chansons les plus représentatives de ce mouvement, Speed King. Elle garde en elle cet état d’esprit qui collait au groupe à l’époque.

Il suffit d’entendre l’introduction pour comprendre que Deep Purple veut imposer ses propres règles dans le genre: un vacarme tellement irritant et désagréable pour les parents, vieux jeu, mais tellement jouissif pour les enfants!
Un peu comme si les musiciens nous disaient: “Non ça va pas là! On remet tout en ordre et on reprend depuis le début!”

Les quelques notes d’orgues qui suivent, qui sont sans rappeler celles d’un enterrement, à la fois sombre et sérieuses, annonceraient la fin d’un rock’n’roll jugé trop calme et conditionné, qui laisserait place à une nouvelle musique, que le groupe voudrait popularisée, comme dans un délire mégalo au delà des frontières de l’Europe.

Propos repris par Ian Gillan des les premières rimes de la chanson:

Tutti Fruitty was oh, so rooty,…]

Lucille was so real,

when she didn’t she do hear daddy’s will!

Une musique chargée en électricité, un riff de guitare à la fois court et puissant qui marque le rythme et un batteur déchaîné derrière son instrument. Si la musique se fait parfois plus calme c’est uniquement pour mieux nous rattraper sur cette route à 200km/h et monter encore plus vite!

Une chanson qui se déroule en flux tendu grâce à la voix hurlante du chanteur, qui tient le morceau de bout en bout et nous pousse à monter le volume encore un peu plus.

Année 1970, pour les Beatles, Elvis et tout les autres c’était déjà fini. Un décennie marqué par les chansons “yeah, yeah” et les mélodies futiles, Deep Purple en a eu marre! Place au vrai rock, celui qui transpire, qui saigne, celui que l’on vit!

Et Speed King reste un morceau qui a gardé tout sa force et sa vitalité, pour un album de hardrock pur et dur mais pas sans profondeur qui inspirera de nombreux groupes par la suite et qui sera aussi instigateur d’une musique rebelle et engagé.

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