Vous constaterez que mon jeu de mots est un peu bizarre. Ici, on a davantage affaire à deux “belles” qui resplendissent par leur candeur juvénile.

_ Lady & Bird, c’est un duo d’enfants pris au piège dans des corps d’adultes : la chanteuse Keren Ann aux origines multiples (Israël, Pays Bas, France) en collaboration avec l’Islandais Barði Jóhannson, l’âme du groupe de trip-hop Bang Gang (pour les quelques initiés à la musique islandaise…)
_ C’est marrant, leur nom m’a fait penser au merveilleux I am a bird d’Antony and the Johnsons, ou encore et plus simplement à Lady bird de Nancy Sinatra et Lee Hazlewood. Cela préméditait d’une certaine façon ce que mes oreilles allaient entendre… et ma foi, je ne me suis pas réellement trompée quant à l’univers.

_ Ça vous tente une petite histoire? Vous êtes prêts ? Confortablement assis ? Alors, c’est parti !
_ Il était une fois, en l’an 2003, Keren Ann qui, en parallèle de son album Not Going anywhere, travailla avec Bardi, ce jeune homme venant d’une terre inconnue nommée Islande. Initialement, ils se rencontrèrent pour enregistrer Ending son sur l’album de la demoiselle.
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De fil en aiguille, ils lièrent amitié, et tous deux livrèrent un premier album éponyme que beaucoup classèrent comme de la “pop pastorale” avec un arrière goût de folk. On y retrouve de la douce mélancolie, des instrumentations harmonieuses… un régal pour nos esgourdes (Régal que je ne connus pas à l’époque, ignorant cette collaboration !). Un livre retrace également cette aventure Lady & Bird Diary.

_ “Lady and Bird sont deux créatures dont l’origine se perd dans la nuit des temps et qui ont choisi de s’incarner dans des corps d’adultes pour profiter des plaisirs terrestres.
Récemment, ils ont pris l’apparence de deux êtres de riche lignée : une hollandaise née en Israël nommée Kerenn Ann et un islandais répondant au nom de Barði Jóhannson (Bang Gang).
Ce n’est que quand ces deux musiciens se rencontrent qu’ils choisissent de se révéler et poursuivent la création d’un monde magique, fait d’amusement et de musique, dont la douceur et l’innocence font penser à celui des enfants.”
Voyez mon producteur .

_ Ils remirent ça le 14 septembre 2009 pour nous servir La ballade de Lady & Bird. Il s’agit du projet paru en 2003 mais en symphonique. Le 5 août 2008 à Reykjavik à l’occasion du festival Reykjavik Arts Festivals, ils sont accompagnés de l’Orchestre symphonique d’Islande (80 musiciens) où ils enregistrent cette version live de La ballade de Lady & Bird sous la houlette de Daniel Kawka.

_ Ils nous ouvrent les portes d’un monde parallèle fait de coton et de naphtaline … vous voguez bien sur un nuage ! Nous ne savons plus si cela est rêve ou réalité, nous nous laissons emporter par ce flot d’émotions à fleur de peau. On retrouve notamment sur cet opus Stephanie Says du Velvet ou le thème de la série M.A.S.H. Suicide Is Painless.

_ Ce dernier album est également affublé du sous titre de A children’s story for adult, comme pour nous rappeler qu’il faut à jamais garder notre âme d’enfant. A bon entendeur, salut !

_ Certes, cet deuxième opus est un peu trompeur, vu qu’on retrouve les enregistrements de Reykjavik, malheureusement il n’y a pas de titres de Lady & Bird (sauf Run on the evening sun), simplement des titres puisés de leurs répertoires respectifs mis à la sauce Lady & Bird.
_ Le premier morceau Malmö Livs est des plus impressionnants, on se demande réellement où on a atterri, plus de 7minutes pour un morceau hors du commun, avec une envolée onirique. Entre le classique, le trip-hop, la pop … en fait, c’est inclassable ! Mais, c’est beau, épique, surprenant !
_ Je ne saurai pas réellement expliquer pourquoi, mais instantanément que débutent les premières notes de Ghost from the past (Bang Gang), cette musique m’envoute. La voix de Barði est juste, parfaite, impressionnante. Ça donne (presque) envie de pleurer.

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Pour célébrer comme il se doit la sortie de l’album, ils organisèrent un concert exceptionnel, fabuleux à ce que l’on peut lire à droite et à gauche, à la salle Pleyel à Paris. Caractère exceptionnel aussi par la présence de l’orchestre Lamoureux pour les accompagner (Direction de Christophe Mangou).

_ Un mélange détonnant ! Une musique mystique, mélancolique. Une jolie pierre précieuse qui scintille sur nos platines et résonne joliment dans nos oreilles.

_ Espérons qu’ils continuent encore longtemps à nous offrir de si jolis voyages.

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