Chroniquer l’album Jours Étranges de Saez est une chose bien difficile. Comment chroniquer un album qui me suit depuis 10 ans, que je mets toujours de temps en temps dans la platine avec plaisir ? Je ne sais pas comment prendre cet album, en faire une chronique titre par titre ou une chronique globale ?

Jours Étranges est le premier album de Saez et il pose les bases de son univers, de tout ce qui fait que les gens aiment ou détestent sa musique, car, oui, le monsieur ne laisse pas indifférent : sa voix, très, très spéciale, les “Hé hééé”, sa manière d’allonger les mots, ses textes. L’album aborde vraiment des thèmes universels, intemporels. Il parle du monde, du quotidien, de ce qui nous entoure, de la vie, de la mort, de désespoir, d’espoir, d’amour, de rupture… Écouter Jours Étranges c’est comme subir une douche écossaise en permanence. On passe d’un sentiment à l’autre d’un titre à l’autre, d’une phrase à l’autre. On alterne entre rage et mélancolie, violence et calme, fureur et douceur. Sur certains titres on a envie de lever le poing bien haut en reprenant les titres en cœur, sur d’autre on a juste envie de se cacher sous la couette et de chialer.

Jeune et con
Premier titre et premier single, le morceau qui a fait connaître Saez. Le titre que tout le monde sort comme référence quand on parle de Saez. Que dire de ce titre ? Tout a déjà été dit. L’hymne de Saez pour moi, l’hymne de mes années fac, le titre qui m’a fait acheter cet album, qui m’a fait acheter du rock en français, qui a fait que pour la première fois de ma vie je suis allé à un concert. Un classique.

Sauver cette étoile
Deuxième titre et deuxième titre qui dénonce, un titre qui donne envie de lever le poing bien haut, qui donne envie de croire “Qu’on peut sauver cette étoile”. Ou comment dénoncer ce monde inégal, en guerre, abrutie par la TV avec poésie, avec justesse, sans être au ras des pâquerettes.

Jours étranges
Un titre à ne surtout pas écouter un jour pluvieux de déprime. Titre triste mais superbe.

J’veux m’en aller
Le titre “douche écossaise” par excellence. Il commence comme un morceau de révolte adolescente, de marre de l’école, de marre de ce monde injuste. On peut croire que c’est juste un titre adolescent, révolté mais en fait il est beaucoup plus profond que ça, plus triste, plus désespéré. Le final est totalement différent du reste du morceau, complètement à l’opposé du début. Sans faire attention, on peut penser que c’est un autre titre.

Hallelujah
Si avec les deux titres précédents, vous ne vous êtes pas encore tirés une balle, Hallelujah et ses vocalises va sérieusement vous y faire penser. Non, non, le titre n’est pas à chier, bien au contraire, on est juste encore une fois très loin de la joie de vivre, mais c’est un petit bijou d’émotion.

Crépuscule
Saez a toujours des idées noires, il s’est fait plaquer, mais là, il y a une petite lueur d’espoir, une dernière petite étincelle pour allumer la cigarette. Première chanson qui parle de rupture de la part de Saez, et pas la dernière, heureusement tellement il excelle sur ce thème.
“Y’a plus d’ange ici
Et ça fait saigner mon cœur
Et ça fait saigner mon âme”

C’est tellement beau, c’est mélancolique, rien qu’à écrire ces trois vers j’en ai des frissons.

Soleil 2000
Un titre qui parle de rage, de mal être adolescent, de notre génération, de cette absence d’avenir, d’être là sans espoirs, sans rêves, sans paradis non artificiels et
“Alors on reste là pauvre génération
Sans but et sans pourquoi mais dis-moi
Où est l’horizon”

Amandine II
Première chanson qui parle vraiment de cul, première égérie de Saez, première fille qui fait saigner le petit cœur de Saez. Entre drogue, alcool, soirée et sans Amandine, il est paumé le petit Damien et il écrit une jolie chanson.

Rock’n’roll star
Saez s’imagine en rock’n’roll star, une petite critique du star system, très drôle. Ce n’est peut-être pas le meilleur titre de Saez mais c’est un morceau défouloir par excellence. En l’écoutant, on a juste envie de pogotter en criant très fort :
“C’est plus fort que moi
Je suis une rock’n’roll star”

My Funny Valentine
Seul titre en anglais et seul titre qui n’est pas de Saez sur l’album. Pour la petite histoire, ce titre a été écrit par Richard Rodgers et Lorenz Hart en 1937 pour la comédie musicale Babes in Arms. Ce titre est devenu au fil des années et des reprises un standard du jazz, et des grands noms comme Ella Fitzgerald, Frank Sinatra ou encore Miles Davis l’ont reprise bien avant Saez.

Montée là-haut
Ou comment parler de la mort d’une personne très proche et très chère de la plus belle des façons, et aussi du vide, du manque que l’on ressent. C’est beau à en chialer.

Petit Prince
L’album se finit sur ce titre en forme de lettre d’adieu. Une belle lettre pour conclure cet album. De la tristesse avec une pointe d’espoir, il n’y a pas mieux pour achever ce disque, et pourquoi ne pas finir cette chronique par les dernières paroles de l’album :
“Adieu mon amour perdu
Mais que la paix nous sauve enfin
Un jour”

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Photos © Laure Maud