Je sais pas vous, mais moi là, il me pousse l’envie de monter le son, et de gueuler un bon coup… de se lâcher au milieu du salon, de faire valdinguer pour un instant tout ce foutoir, cette carapace de stress et soucis futiles. L’envie de me lâcher, et j’ai trouvé mon exutoire. Je vais me balancer Porcherie des Béruriers Noirs en plein dans la sale gueule de Le Pen, ça défoule. Porcherie la militante, à la simplicité fédératrice, pour évacuer tout le trop plein du quotidien. Allez, à fond les ballons!

Porcherie est une thèse d’Histoire contemporaine tentant à démontrer, via une argumentation par l’exemple, le postulat de départ “Le monde est une vraie porcherie, les hommes se comportent comme des porcs”. Euh… Porcherie envoie surtout un sacré pâté, du domaine du foie gras. Elle apparait en 1985 sur le deuxième album du groupe, Concerto pour détraqué (mon préféré), à coté de titre comme Hélène et le sang ou encore Vivre libre ou mourir. Pour vous donner le ton de l’album, c’est toute rage dehors. Et pour ça on peut compter sur Les Bérus pour ne pas faire dans la demie mesure.

Le son parle de lui même, percutant, agressif, revendicateur. Les paroles sont gueulées, ça sort des tripes, ça sort du cœur, du concentré de rage humaine assoiffée d’idéaux et de bières fortes. Ce coté punk en chacun de nous, à la pleine lumière d’une jeunesse effrontée, ou à la pâle lueur d’une flamme affaiblit par le temps. Radicales, les différentes version live de cette chanson alimenteront sa légende. “La Jeunese emmerde le Front National”, refrain inépuisable, inlassablement d’actualité tant le combat des Bérus contre le racisme trouve encore son écho aujourd’hui. Une chanson à apprendre aux gamins dans nos écoles, si ça pouvait éviter qu’on en fasse des cons…

Le monde est une vraie porcherie,
Les hommes se comportent comme des porcs
De l’élevage en batterie,
A des milliers de tonnes de morts

Nous sommes à l’heure des fanatiques,
Folie oppression scientifique
Nous sommes dans un état de jungle
Et partout c’est la loi du flingue…

Prostitution organisée,
Putréfaction, gerbe et nausée
Le tiers-monde crève, les porcs s’empiffrent
La tension monte, les G.I. s’griffent

Massacrés dans les abattoirs,
Brûlés dans les laboratoires,
Parqués dans des cités-dortoirs,
Prisonniers derrière ton parloir

Et au Chili les suspects cuisent,
Dans les fours du gouvernement
En Europe, les rebelles croupissent
Dans les bunkers de l’isolement

Un homme qui éclate en morceaux,
Dynamité par des bourreaux
Des singes conduits à la violence,
Bethov’ devient ultra-violence

D’un côté l’système monétaire,
De l’autre, l’ombre militaire
Tout fini en règlements d’compte
A coups de schlaque le sang inonde…

Flics-armée… Porcherie!
Apartheid… Porcherie!
D.S.T… Porcherie!
Et le Pen… Porcherie

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