Je ne me résoudrai jamais à me fondre dans la masse parisienne, et encore moins sur mon intérêt musical, j’aime trop rencontrer des personnes aussi passionnées, aussi passionnantes, que Florian, Geoffrey, Sam, et toute la bande de Chez Kito Kat Records.

Tout a commencé par quelques photos au bar du coin, des rencontres, des paroles, et j’ai croisé la route de cette bande de rêveurs. Chez Kito Kat c’est des gens qui aiment l’art, qui aiment la musique, et comme ils le disent si bien: tantôt label, tantôt regroupement d’artistes, tantôt association organisatrice de concerts, elle agit maintenant depuis 3 ans dans ses divers points d’attaches (Metz, Luxembourg, Québec). Oui Québec, et ça nous offre un tas de groupes qui balancent du lourd, et de sublimes surprises en live.

Twin Pricks, c’est un duo normalement, oui forcément vu qu’il y a “Twin”dans le nom du groupe, composé de Trippy Eden et Dr Geo. Le premier est un nounours sataniste, si promis ça existe, il fait peur tout sombre caché sous sa casquette et sa chevelure, et pourtant quand il chante, il dégage une étrange douceur, qui transpire dans les mélodies folks de l’album, sur une chanson comme Fresh Like Death qui reste mon gros coup de cœur, pour l’avoir écoutée en live lors de leur passage sur Radio France, loin d’être la plus violente de l’EP, elle reste celle qui impose le plus son ambiance à mes oreilles. Je l’écoute en boucle, surement pour ces paroles vibrantes, cette mélodie prenante.

Pour faire comme les autres, je dirai que cet EP, c’est de l’émo folk ou un truc du genre, mais ça sonne comme le renouveau de deux musiciens qui se sont trop longtemps cherchés, sans jamais oser envoyer LEUR son, et qui se refont une jeunesse musicale, avec Twin Pricks. Cette renaissance est agréable, limite poétique, lorsqu’en écoutant A Better View on sent cette complicité entre les deux jumeaux, on sent cette osmose musicale, cette envie d’aller de l’avant, et de ne jamais baisser les bras. Et il y a cette pochette, à la photographie sublime, où nos deux compères sont amochés, sûrement après s’être chamaillés pour la énième fois, afin de savoir qui aurait le plus de groupies à fortes poitrines… ou de bières au comptoir.

Arrêtons-nous là, Twin Pricks c’est du bon émo-folk, avec des relents d’Elliot Smith point désagréables. Et d’un seul coup, on me propose de les voir en live, pour la soirée de lancement de l’E.P. Au départ ça devait se faire avec Puggy, mais finalement c’est un line up Kito Kat qui a assuré le show, et ça n’est pas plus mal, Puggy aurait peut-être distrait l’attention du public.

En live, ils sont quatre, oui, avec un batteur et un bassiste, talentueux au possible, leur musique gagne en puissance, et on se retrouve avec des morceaux qui motivent le public, qui remplissent la salle, un peu trop même. On sent que le duo étouffe, qu’il a besoin de plus de place, qu’il mérite plus de spectateurs. Leur jeu de scène transpire la complicité, la passion, la folie, l’envie de donner tout ce qu’ils ont. La salle est petite, mal sonorisée, mais je les vois déjà jouer devant quelques centaines de personnes, même s’ils préfèrent la musique humaine, la musique proche de toi, ils ont de quoi emmener quelques centaines de personnes. Facilement même.

Je passerai sur le nom du groupe, qui doit bien faire allusion à l’œuvre d’un certain Lynch que j’admire. Je vous invite simplement à plonger dans leur univers, à essayer de les séparer de leur lutte fratricide, à les voir en live, vu qu’ils vont tourner, jusqu’en Italie, ou à perdre du temps sur leur Myspace.



Twin Pricks on Myspace
Gallerie de la Release Party sur Flickr
Chez Kito Kat