Aphex Twin c’est cet irlandais né à Limerick sous le nom de Richard D. James. C’est aussi l’une des grandes figures de l’électro contemporaine. Consacrée par la critique en 1994 avec son album Selected Ambient Works, la musique d’Aphex Twin n’aura de cesse d’être une référence pour toute la scène “acid” et “ambient” de l’underground européen. Signé sur le prestigieux label Warp dès ses débuts, Richard D. James fait partie des rares artistes à demeurer insaisissable et inclassable pour ses admirateurs. Se réinventant constamment, usant de pseudonyme à chaque sortie pour tromper son public, il fait partie des rares personnalités dans ce style à avoir su créer une ambiance, un univers et un personnage qui lui est propre.

C’est en 1997 que sort l’EP Come To Daddy contenant le morceau du même nom, ce titre et l’exploitation qu’en a fait MTV sur sa chaîne lors de son lancement a grandement contribué à l’idée que l’on se fait aujourd’hui du personnage d’Aphex Twin et du monde dans lequel trempe sa personnalité ô combien trouble et complexe. Aphex, dérivé de AFX, pseudo qu’il s’est donné lors de ses débuts à Cornouailles et Twin, en référence à son frère aîné mort-né, plutôt glauque comme inspiration non ?

Tout ce que renfermait la tête du jeune Richard, toutes ses fractures de l’enfance, ses machines le restituaient pour lui. La musique comme tableau et tous les synthétiseurs, sampleurs… qui composaient son attirail venaient remplir le cadre. Jusqu’ici nous ne pouvions avoir qu’une idée abstraite de l’univers d’Aphex Twin. Mais celui qui réussira véritablement à mettre de vraies images sur sa musique et donner vie à son œuvre s’appelle Chris Cunningham (légèrement perturbé lui aussi). Come To Daddy c’est une musique, une ambiance mais aussi un clip. Et quel clip ! Richard D. James a trouvé en la personne de Chris, jeune vidéaste plasticien, son alter ego visuel. Car si Aphex parle avec sa musique, Chris lui, s’exprime tout aussi bien avec une caméra.

http://www.youtube.com/watch?v=5Az_7U0-cK0

Le clip, par ses images inoubliables (le sourire malveillant et figé de James), son atmosphère dérangeante et presque horrifique, restituera à merveille l’essence du morceau et s’imposera comme une référence en matière de vidéo-clip. Au final, même si le titre n’est pas représentatif de l’EP en lui-même (le disque, comme pas mal du travail de AFX contient des productions beaucoup plus douces), reste à l’image de son auteur : un sourire figé, une joie qui cache derrière ses traits, ses blessures, un esprit toujours au bord de l’implosion.

Suivra une étroite collaboration entre les deux artistes, marquée par plusieurs petits films et vidéo-clips que vous pouvez retrouver grâce aux liens ci-dessous. Âmes sensibles s’abstenir !

Myspace Aphex Twin
Voir le clip Windowlicker
Voir le clip Monkey Drummer
Voir le film Rubber Johnny