Durant deux semaines, Désinvolt s’envole à San Francisco. Histoire de voir ce qu’on se met dans les oreilles là-bas…

SAN FRANCISCO BY NIGHT

Dernier article (il était temps). Ça fait quelques semaines maintenant que je suis revenu de mon périple américain. Deux semaines bien remplies (avec un peu de rab’ en prime, dû au fait que j’ai raté mon vol retour), j’ai ainsi pu faire le plein d’images, de disques et vivre, durant un petit moment tout au moins, la vie nocturne de la jeunesse californienne et tout ce qu’elle comporte d’excitant : ses fêtes, ses acteurs, son ambiance, ses clubs, sa musique…

Il était plus que temps d’aborder une part importante de mon séjour ici : les soirées. Quoi de mieux, pour réussir une bonne soirée, qu’un lieu choisi préalablement, qu’on bourre de monde, une réserve d’alcool conséquente et surtout de la bonne musique? Après les longues journées épuisantes à shooter comme un touriste tout ce qui passait devant l’objectif, et après avoir arpenté les montagnes russes auxquelles s’apparentent les rues de San Francisco, jusqu’à l’explosion des muscles des cuisses et des mollets, l’heure est finalement à la détente. Petit détour par le magasin Bevmo avant l’ouverture officielle des hostilités, histoire de faire le plein. Bevmo c’est un peu l’équivalent d’un supermarché dans lequel on aurait vidé tous les rayons et remplacé chaque produit par de l’alcool. Le paradis pour les fêtards âgés d’au moins 21 ans, en possession d’une carte d’identité en règle.

Début des hostilités, donc, entre 18h et 19h généralement. Ici, les soirées club débutent à partir de 21 heures pour se terminer aux alentours de 2 heures du matin. Alors, pas le temps de chômer, faut enchainer les verres et y aller ! Je n’ai pas pu assister à un véritable concert en tant que tel, le règne du DJ étant ici aussi, à son apogée. Les différents clubs que j’ai pu faire ont donc servi de baromètre à mon observation.

The Regency Ballroom

Si, tout comme chez nous, l’électro est à la mode dans les clubs, joué par les DJ résidents et quelques fois invités, il semble qu’à San Francisco le jeune public présente un petit faible pour son penchant Dubstep, ce style musicale importé d’Angleterre. Descendant de la scène garage londonienne, le dubstep recoupe plusieurs autres styles comme le dub, le breakbeat ou encore le 2-step. Pour vous donner une idée plus précise du monstre, la description que propose le site Allmusic.com est plutôt bien appropriée : “de grosses productions électroniques, enroulées dans les lignes de basses écrasantes, une rythmique réflective, de samples et de chants occasionnels”. Le Dubstep est partout à l’honneur, impossible d’y échapper : un genre populaire dû au nombre importants de producteurs qui sont originaires d’Amérique du Nord. Son meilleur artiste à l’heure actuelle, Excision, canadien d’origine, a réussi l’exploit, suivit par beaucoup d’autre ensuite, comme le fou furieux San Franciscain Bassnectar, de populariser le style depuis le milieu des années 2000 aux Etats-Unis.

D’ailleurs, outre le Temple, club qui propose tous les jeudis soirs des soirées Dubstep, au Regency Ballroom était organisée une soirée “EXCISION”, un Subsonic Tour en présence du fameux DJ du même nom accompagné pour l’occasion de deux autres comparses, Antiserum et Downlink. “50 000 watts-sound system !” annonçait-on dans la bande annonce. Toujours ce besoin qu’on les américains d’en faire trop ! Quoi que…

Entrée dans le club à 9 heures pétantes. La moitié des personnes déjà à l’intérieur sont toutes vêtues n’importe comment. Vu qu’on doit évacuer les lieux dans 5 heures, il faut rapidement trouver quelque chose à ingurgiter sur le moment. On monte à l’étage, direction le bar. D’en haut, on peut apercevoir l’ensemble de la salle. Avoir tapé dans un verre qui trainait là, abandonné sur un coin de table et croisé une ou deux personnes parties voir ailleurs ce qu’il se passe dans les hautes strates de notre monde devient banal. La soirée avance et l’ambiance, suintante, devient de plus en plus volcanique. Derrière la console, l’ingénieur monte le son, là, on se laisse aller, y compris les plus timides.

Deux heures du matin et la soirée est déjà terminée. Les oreilles bourdonnent et le cœur bat à toute vitesse. C’est l’heure d’aller me coucher, demain il est prévu que je rate mon avion. Le retour en France se fera donc deux jours plus tard. Un retour à la normale un peu déroutant, après un séjour plus qu’éprouvant. Merci à Edouard de m’avoir (littéralement) soutenu dans les moments difficiles et aux deux Julien pour m’avoir fait découvrir cette ville au rythme de la musique et des groupes qui l’ont animé et qui perpétuent encore aujourd’hui son mythe.

Myspace Excision (US)
Myspace Bassnectar (US)
Myspace High Rankin (UK)
High Rankin sur Deezer