[trap] est un duo de musique électronique / métal qui travaillent à distance. Merlin, le québécois, habite à Berlin, et Jean-François Corbel (alias Zôl) est de Saint-Nazaire.
A l’occasion du passage de [trap] au Printemps de Bourges, j’ai eu l’occasion d’être invitée à une conférence de presse pour leur poser quelques questions.

Pouvez-vous vous présenter ?

Zôl : On s’appelle [trap]. On est un duo de musique électronique, électro acoustique. Notre singularité c’est qu’on est un peu éloignés géographiquement. On essaie de développer un style hybride entre la musique dancefloor et la musique heavy.

Comment faites vous pour travailler à distance ? Vous échangez des fichiers, etc. ?

Zôl : Oui, on fait pas mal de visio pour échanger des concepts, et se mettre d’accord. Ensuite, on travaille en parallèle chacun de notre côté, puis on se voit pour répéter physiquement, soit à Berlin, soit à Saint-Nazaire.

Pour un groupe éclaté géographiquement, à quoi ça sert de participer au Printemps de Bourges ? Est-ce que ça a encore du sens aujourd’hui ?

Zôl : Oui complètement. Le groupe a à un peu près un an d’existence, donc on est complètement dans le développement. Éloignés géographiquement ou pas, c’est plutôt pas mal pour nous.

Vous avez dit que vous vous êtes rencontrés il y a un an. Comment s’est fait cette rencontre musicale ?

Zôl : On s’est croisés à un concert à Munich. Moi je jouais dans ma formation solo et Merlin avec son groupe du moment. On a sympathisé et on a fait une date ensemble. Ensuite, au mois de janvier de l’année dernière, on a décidé de monter ça.

Quel est l’intérêt d’un duo batterie / électro ?

Zôl : L’intérêt musical n’était peut-être pas évident au départ. C’est plutôt nos musicalités qui se sont rencontrées plutôt qu’autre chose. Moi, je n’aurais pas joué avec un batteur à la base, mais on s’est retrouvés un peu d’accord culturellement, donc ça valait le coup d’essayer quelque chose.

Pourquoi avoir choisi [trap] comme nom ?

Merlin : Ça a plusieurs sens. C’est un sens assez large, mais en même temps c’est précis. On pourrait dire que [trap] c’est la machine qui nous attrape. Ça peut également être l’endroit où on fait nos créations. C’est beau aussi, j’aime comment c’est écrit ! C’est une sorte de piège à loup. Les accolades sont très importantes également, de chaque côté, ainsi que les lettres en minuscules.

Jouer au Printemps de Bourges, ça ne vous met pas un peu la pression ?

Zôl : Oui, forcément. Mais on est plutôt enthousiastes et on est impatients d’aller se confronter à ça.
C’est toujours motivant ! On aime jouer, on aime être sur scène, donc on est plutôt impatients !

Comment préparez-vous cette date avec le VIP (Salle de concerts à Saint-Nazaire) ?

Zôl : On réside. On peaufine notre mixage car ce n’est pas évident de rendre notre discours visible en terme d’acoustique. C’est assez violent, donc on continue de travailler le mixage réel, pour que justement ça ne soit pas trop agressif, ou pas assez.

Avez-vous fait beaucoup de concerts ?

Zôl : Pas beaucoup mais on a joué pas mal à Berlin. Sinon on a fait quelques concerts en France, mais essentiellement pour la tournée des Transmusicales.

Vous venez de quel univers musical, à la base ?

Zôl : En commun, on est venu à la musique électronique par la musique contemporaine. Puis, toutes les musiques heavy. On avait vraiment cette culture en commun.

Toi, c’est un peu plus dansant ce que tu fais, comment peux-tu l’expliquer ?

Zôl : Pas forcément. Le discours n’est pas le même. Avec [trap], on va vers quelque chose de plus heavy clairement.

Merlin : Mais ça n’empêche pas que l’on peut faire du groove, même si il y a une grosse patate et que c’est agressif, on peut quand même faire des moments plutôt dancefloor.

Zôl : En termes d’écriture, on essaie de trouver justement cet équilibre. Mais sur le live, on peut prendre des directions un peu plus grisantes pour le public, et partir sur des choses un peu plus basiques, où il y aura un lâcher prise avec du pied, et quelque chose de dancefloor. C’est vraiment ça l’idée. Mais on dissocie le live de l’écriture. On n’est pas vraiment calés en termes de disque. On travaille avec une « démo ++ ». On ne peut pas parler vraiment d’un EP.

Ce n’est pas une musique que l’on écoute dans son salon ?!

Zôl : Peut-être à un moment donné justement. Pour l’instant ce n’est pas le cas. Effectivement, la démo, ça fait vraiment comme si on avait enregistré la performance en live, en un peu amélioré. Peut être que ça s’écoutera dans son salon quand on aura fini. On n’a pas d’optique de production hyper précise pour l’instant.

Quand on n’est pas musicien, on ne comprend pas toujours comment marche la programmation. Est-ce que tu peux expliquer comment tu joues en live ?

Zôl : Je travaille essentiellement avec de l’audio, d’ailleurs pas qu’essentiellement, je ne travaille qu’avec de l’audio. Ce sont des pré-prod’ découpées, de manière à restructurer le morceau en direct, pour refaire les breaks, etc. C’est un peu compliqué à l’oral, c’est quelque chose qui s’assimile mieux en le voyant. J’alterne les éléments que je choisis, pour les empiler les uns sur les autres.

Tu les ajoutes au fur et à mesure ?

Zôl : Oui, voilà. Mais elles sont déjà un minimum figées dans la structure, sinon, on ne s’y retrouverait pas. Ce n’est pas improvisé. On sait où on va, mais on a des plages d’improvisations, où on fait un peu ce qu’on veut. On ne peut pas improviser tout le temps, mais finalement pour l’efficacité du morceau, on se tient à deux ou trois trucs aussi. Le gros de l’écriture se passe essentiellement en amont, dans tous les cas.

Pensez-vous que la musique électronique est un phénomène de mode ?

Zôl : Je pense que si c’est un phénomène de mode, il est fini. De notre part, on s’en fout un peu. On essaie d’être honnêtes par rapport à ça. On aime ça. Moi je crois que l’idée de faire de la musique électronique, c’est plus l’outil qui est intéressant et le fait de devenir chef d’orchestre. C’est une évolution de la musique, ça n’est même pas une mode. Aujourd’hui, il y a la musique électronique en tant que tel, les styles musicaux électroniques et il y a la technique de travailler l’électronique. Finalement, quasiment aucun groupe n’y échappe, même en rock acoustique. La musique électronique est un peu partout, et c’est un peu une manière de travailler. Même si la mode change, je ne pense pas que l’on va retourner à des magnétos.

Au niveau de votre son, vous vous sentez proches d’un label comme ED Banger ?

Zôl : Moi je ne suis pas hermétique à eux. Par contre, je pense qu’eux ne se sentent pas proches de nous, ça c’est clair. Ils sont un peu plus clubby que ce que nous proposons. Mais il y a des artistes d’ED Banger que j’aime vraiment comme Mr Oizo, Sebastian… Je pense que c’est carrément hors propos dans notre cas.

De ce que j’ai pu entendre, vous avez des orientations Drum’n’Bass et break beat.

Merlin : On a expérimenté ça au début, parce que c’était rigolo !

Zôl : Finalement, on a fait qu’un morceau comme ça, avec de la Drum, et une énergie un peu électronique. Mais la Drum n’était pas vraiment le but. Au final, ça ressemble un peu à de la Drum, mais c’est plus du break speedé.

Quels sont vos projets futurs ?

Zôl : Maintenant qu’on a un tourneur, on aimerait bien jouer pas mal. Et on aimerait bien sortir un disque. On a du travail là-dessus, mais ça serait bien d’avoir un projet un peu solide pour la rentrée et savoir à peu près où on va. On ne compte peut-être pas le sortir à la rentrée, mais peut-être début 2012. Ça sonne super bien !

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