Le dimanche en fin d’après midi du Couvre Feu, nous rencontrons les déjantés Andréas & Nicolas, pour un moment de grand n’importe quoi. On vous laisse juger par vous-mêmes…

Annabelle : Est-ce que vous pouvez commencer par nous dire comment a débuté cette histoire, Andréas et Nicolas ?

Nicolas : Ça va débuter en 2006, ça va débuter lors de la coupe du monde 2006…
Andréas : Ça va débuter sur un terrain de football, une passe magnifique de Nicolas, passe en profondeur (R1/Triangle) et puis il y aura derrière un…
Nicolas : le coup de tête magistral d’Andréas !
Andréas : il est sous la barre, je pense que le gardien battu, je pense qu’il peut rien faire… Puis après on a fait un album et après on a fait des chansons. Non, c’est pas ça ?
Nicolas : A peu près, dans l’inverse. On a fait des chansons d’abord (rires), en faisant les trajets pour aller au foot et, derrière, la machine s’est emballée. Derrière, c’est l’album, c’est les concerts… Et puis derrière, c’est la gloire, c’est la drogue, c’est l’overdose, c’est le suicide, c’est les meurtres (rires)…
Andréas : Derrière, c’est le big bang, c’est la terre qui explose, quoi…

Annabelle : Et du coup, est-ce que vous prévoyez de bosser ensemble à long terme ?

Nicolas : Non, non, non… C’est clair que non, c’est de la gestion. On fait un album, on engrange des thunes et après on reste peinards chez nous chacun de son coté, il n’y a pas de soucis (rires).

Annabelle : Donc toi (Nicolas), tu faisais partie d’Ultra Vomit…

Nicolas : J’en fais toujours partie !

Annabelle : Donc ça existe encore ?

Nicolas : Ouais, c’est en « stand by », comme on dit chez nous, en France (rires). Mais, c’est-à-dire que nous ne faisons pas de concerts pour l’instant, mais ça va reprendre en 2012 un peu, on va faire une petite tournée, comme ça pour… pour l’argent en fait (rires)…

Annabelle : Vous êtes toujours dans un registre décalé. Pourquoi ? Ne penses-tu pas qu’un jour vous allez faire un truc plus sérieux ?

Nicolas : Ben écoute, je vais te dire la vérité. On a essayé, comme n’importe quel musicien, de jouer de manière bien ensemble, bien calé et tout, mais on y arrivait pas. Donc à chaque fois, on se disait « Putain, t’es décalé et tout »…
Andréas : Du coup, tu restes décalé et tout…
Nicolas : Mais ce n’est pas très grave au final, c’est humain, au moins.
Andréas : C’est un manque de talent, hein.. de travail… (rires)
Nicolas : Non mais il y a une vérité… Tout à l’heure, on a eu une interview, on nous a posé une question « sérieuse » sur la politique, tout ça, et alors on est… On est humiliés ! C’est-à-dire qu’on parle des choses qu’on connaît. On connaît quoi ? On connaît les animaux, le sexe, le foot, on ne peut pas trop parler de politique et tout parce qu’on est humiliés. Enfin, on ne connaît pas assez bien ce sujet, et donc, voilà, on reste un peu dans ce monde… d’enfants qui malheureusement… (rires)
Andréas : Ouais, jeux vidéos, consoles et puis…
Nicolas : Mais c’est pas malheureux du tout, on s’y retrouve au final. (rires)
Andréas : Non mais on regarde, on est très très spectateurs, par contre….
Nicolas : Quand il faut s’engager, oulalalala, non, on va rester chez nous peinards à jouer à la console.
Andréas : En plus, il faut avoir le talent pour le faire. Je crois qu’il y a des gens qui le font bien, et d’autres qui le font pas bien et c’est tellement horrible quand c’est pas bien fait… C’est vrai que c’est compliqué.

Anxest : Et alors du coup, j’ai quand même envie de vous poser une question…

Nicolas : Oh non ! (rires)

Anxest : … pas tout à fait politique quand même. Il y a une chanson qui m’a beaucoup interpellée sur votre album. On ressent un véritable engagement sur cette chanson : vous défendez un peu la cause des hommes face à l’oppression de plus en plus forte des femmes, je pense notamment à cette chanson : « Toutes les filles qui jouent au foot sont moches ». Alors c’était quoi l’objectif finalement ?

Andréas : Non, c’est un constat amer. On était en train de jouer à la console, il y avait une émission sur Arte et puis voilà, toutes les filles qui jouent au foot sont moches, c’est un constat..
Nicolas : Ce qui nous déçoit un petit peu dans cette histoire là, c’est que quand on sort prendre un pot au John McByrne à Nantes, on voit que des jolies filles. Alors pourquoi sur un terrain de foot, ça devient comme ça ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Je comprend pas…
Andréas : L’équipe de France, on aime beaucoup. Il y a une fille que j’aime bien, qui s’appelle… La numéro 3… Elle a, tu sais… Et euh… Je sais pas quoi et… Et les cheveux blonds.
Nicolas : Ouais, un truc comme ça. Moi, je me souviens de « Louisa Necib »…
Andréas : Elle est hyper froide, la numéro 10 et elle a une belle frappe, mais euh… Mais elle a géré le match France-Pologne, 7-0, peinard… Et non, c’est… Voilà.

Annabelle : Du coup, vous êtes jamais sorti avec une fille qui faisait du foot ?

Nicolas : Bah en fait, euh…
Andréas : Ouais si, mais non… Par contre, il faut qu’elle tolère le football, hein, parce que sinon, c’est compliqué.
Nicolas : Oh c’est toléré en général…

Annabelle : Vous avez aussi une chanson qui s’appelle « Je déteste le sexe ». Ça sent un peu le vécu, mais celui de qui ?

Andréas : Dans Andréas et Nicolas, il y a toujours un personnage qui chante. Donc on le retrouve dans à peu près toutes les chansons. C’est ce mec là qui chante ça, son désarroi… C’est le même mec dans Montrez moi vos miches, c’est le même mec qui Collectionne des canards, tu vois. Nos chansons, c’est souvent « je », alors qu’on est deux, tu vois, mais on va pas dire « nous », c’est qu’un mec qu’on incarne…
Nicolas : Exact ! C’est un pauvre homme, c’est un peu éléphant man.
Andréas :
« Oh merci, oh !
John, tenez, une trousse à maquillage.
Oh, c’est la première fois qu’on m’offre… un cadeau (rires)… Oh un miroir ! Oh, je comprend pourquoi les gens disent que je suis moche (rires)
Mais non John, mais non, tu es très beau…
Oh…»

Annabelle : Donc en fait, vous avez créé le personnage avant d’écrire les chansons, c’est un peu ça ?

Nicolas : Non, c’est…
Andréas: Ouais, c’est… C’est même… Ouais, c’est ça (rires)…
Nicolas : Mouais, c’est ça… Mouais, mais non quand même..

Annabelle : La chanson “Le singe facteur” , vous étiez complètement défoncés ou complètement bourrés quand vous l’avez fait ?

Nicolas : Ah, euh… Ben oui ! (rires)
Andréas : C’était chez Sarah, une soirée d’ivresse, et à un moment, il y a quelqu’un qui sort « Je suis un singe facteur, je suis un singe qui poste des lettres ». Et son destin était incroyable, quoi. Enfin bon, ça a toujours été une chanson de soirée d’ivresse…
Nicolas : Jusqu’au jour… du jeu vidéo. Et le batteur d’Ultra Vomit, qui est tout le temps très pragmatique, nous a dit que ce n’est pas le facteur qui « poste » les lettres. Toi, tu la postes, tu vois. (rires)
Andréas : Ouais, puis on l’a regardé un petit peu, et on lui a dit “Ouais, mais on s’en branle, parce que le mot poste, il est mieux !” (rires) Et c’est tout ! Et ça reste maintenant, on est tranquilles.
Nicolas : En plus, ce petit singe, il est trop sympa… Et puis, si il peut les poster si il veut.
Andréas : Si ça se trouve, il en envoie à sa grand-mère. (Regardant le tee-shirt de Nicolas à l’effigie du singe facteur) Je me suis toujours demandé ce qu’il faisait, ce pixel, ici…
Nicolas: En rouge ? C’est la selle… Ou alors, c’est le feu arrière… Ou alors, son c… ses fesses… (rires)… Voila, et donc le tee-shirt est réalisé par des petits enfants africains (rires), on l’a eu a pas trop cher, du coup (rires)…

Anxest : On se posait la question pour Ultra Vomit, on se repose la question pour Andreas et Nicolas : est-ce que vous continuez ? C’est quoi l’évolution naturelle, ou pas naturelle, du projet ? Comment vous voyez l’avenir ?

Nicolas : On voit l’avenir… Il n’y a jamais d’arrêt, enfin, tu sais… Des fois, je ne comprends pas, enfin, si je comprends, mais il y a des groupes qui annoncent « ah ben c’est fini, machin »… bah pour moi, oui et non, je sais pas comment ils conçoivent le truc, mais moi, dire que c’est fini, bah non. Parce que si ça se trouve… Même si, admettons, tu ne peux pas faire de truc pendant quatre ou cinq ans, alors c’est fini pour une période, mais… Tant que j’existe, pour moi, il n’y a rien de définitif…

Anxest : Et donc, pour l’instant, vous n’avez pas vraiment de projets arrêtés après cette tournée ?

Andréas : D’album tu veux dire ? On y pense… Si on estime qu’un album doit voir le jour, il verra le jour… Là déjà, on a mon costume de singe, on a super cheval, on a aussi Will Smith 2
Nicolas : Voilà, on va prendre les chansons les unes après les autres, et puis on va essayer de prendre les chansons là ou faut les prendre, et puis voilà…

Anxest : Bon, bah pour l’instant, on ne sait pas bien, mais le jour où ça arrivera, ça fera plaisir !
Annabelle : Merci beaucoup à vous deux.

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