Quand j’ai lancé la lecture de l’album de Cabadzi, je ne m’attendais pas à ce qui allait suivre. J’ai toujours aimé les artistes qui pointaient du doigt nos petites habitudes étriquées, celles qui reflètent nos douleurs du quotidien. J’aime ceux qui ont de la rage dans le sang quand ils partagent leur musique. Tous ces passionnés, insoumis, idéalistes, un peu désuets qui en chantant ce qui les insupporte, provoquent, paradoxalement le retour d’un peu d’espoir. C’est une forme de détresse mélancolique et teigneuse que j’aime retrouver dans certains titres de FAUVE, Saez ou Noir Désir. Ce petit quelque chose coule dans les veines du groupe Cabadzi.

Il faut être accroché lorsqu’on découvre l’univers de Cabadzi. Ces gars-là ne rigolent pas, ils sont là pour parler de choses sérieuses et annoncent la couleur dès la première page de leur site. Ce qu’ils font c’est de la “Sad Music for Bad People”. Que l’on soit prévenus. Le groupe propose actuellement un album de dix titres et deux bonus, intitulé Des angles et des épines. Le groupe, fondé en 2009, arrive sur le devant de la scène en 2012 avec un premier album : Digère et Recrache. Trois titres Lâchons-les, Le Temps Passe et J’aime pas Noël tournent un peu sur les radios. Ils écument les festivals en Europe et vont même présenter leur disque en Colombie pour neuf concerts de clôture. Il sont notamment récompensés par les prix Découverte du Printemps de Bourges, Chantier des Francofolies, et quelques autres encore.

Originaire de Nantes, le groupe est formé d’Olivier Garnier alias Lulu auteur des textes et interprète, Jonathan Bauer alias Jo aux guitares, aux cuivres et à la basse, et enfin Victorien Bitaudeau alias Vikto excellent au beatbox, mais aussi aux claviers et ukulélé. Ils sont rejoins sur scène par Anne Berry au violon alto et Pierre Thary au violoncelle, à la trompette et à la basse. Le son est un mélange d’instruments classiques (notamment cordes et cuivres) d’accords de guitares et de beats hip-hop particulièrement originaux. La voix est forte, teigneuse et déclame des textes qui frappent durs. Le propos est sans concession, dans un style spoken-word. Il y a comme une urgence à dire les choses, à les faire vivre à travers les mots.

Les morceaux du nouvel opus déclinent des thèmes sombres comme la rage contre la société, la difficulté à être, l’enfermement et les désirs inavoués. L’album s’ouvre avec Féroces Intimes qui sonne comme un cri de guerre avec son refrain qui nous répète de façon lancinante “Aller on trinque, on trinque“. Le bruit des portes emporte le cœur et son texte s’installe dans le cerveau pour nous donner l’envie de hurler avec eux. Les chœurs féminins sur Nous sommes deux femmes sont comme une caresse acide qui accompagne un texte déchirant sur un sujet rare. Le chanteur jette ses mots sur une instrumentation parfois douce, parfois dure, rythmée ou lente, toujours poétique. Mon ami nous propose un regard lucide et cru sur l’amitié, Plus sombre se fait ode à l’absence d’avenir et l’oubli de soi-même. Les failles du personnage sont livrées sans plus de filtres que la mise en mots. Chaque morceau est un instantané mélancolique du monde qui nous entoure. L’odeur et Cancre ultime ressemblent à des flash-backs surgis de l’enfance et de l’adolescence faisant effraction dans notre monde adulte. Un âge adulte qui se désintègre sur D’en haut, la ville est belle en bas.

Cabadzi nous livre avec cet album leur vision poétique de l’âme humaine dans toute sa dureté. Une musique qui va droit au cœur ou qui contourne l’auditeur qui n’y est pas sensible.

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  1. Féroces intimes
  2. Le bruit des portes
  3. Cent Fois
  4. Nous sommes deux femmes
  5. Mon Ami
  6. Plus sombre
  7. Cancre ultime
  8. L’odeur
  9. Messe Noire
  10. D’en haut la ville est belle en bas
  11. Spin off bonus – S’aimer vite
  12. Spin off bonus – Bonjour trsitesse

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