Publié le 11 décembre 2014 à 13:30 par Suke #Gaël Faye #Musique du Monde #Slam
Gaël Faye a sorti en 2013 son premier album solo, dont on ne peut que saluer la maturité et la délicatesse. L’ombre d’Oxmo Puccino plane dans le slam sensible et maîtrisé qu’il nous est donné d’entendre. Il avait percé dans la musique en 2009 avec le groupe Milk Coffee and Sugar avec Edgar Sekloka.
L’album s’ouvre sur le morceau A-France, dont le titre aux initiales AF évoque celles d’une célèbre compagnie aérienne. Comme les lignes blanches que forment les avions dans le ciel, tout dans cette chanson relie les différents univers de l’auteur. La voix, au flow presque rap, reste douce et enveloppante, la langue française y est mise en valeur dans ses allitérations et consonances. Les notes de guitare rappellent le folk de Salif Keita et les chœurs africains qui nous transportent dans le lointain. La mélancolie y côtoie l’espoir, et le texte sublimé par la mélodie, nous invite au voyage.
On reste dans l’approfondissement du sujet du voyage avec Je Pars. Chaque mot décrit avec une précision impressionnante les hésitations et les rêves du voyageur. A travers le prisme de son histoire personnelle, Gaël Faye fait partager ses envies de départ vers un nouveau monde, mais aussi de retour au pays. Les percussions et cuivres donnent un côté joyeux à son invitation à la fuite. On poursuit avec Ma Femme, qui se passe de commentaires. Une des plus belles déclarations d’amour que l’on puisse faire, sur un rythme hip-hop souligné par des cuivres profonds et puissants. Ce type a trouvé la femme parfaite.
Slowoperation nous emmène, sur quelques notes de piano bien jazzy, au coeur de Paris. Avec des mots bien choisis il décrit avec justesse les errances et grandes aspirations qui accompagnent le passage à l’âge adulte et la vie parisienne. Qwerty est une ode aux artistes de bureau, véritable hommage aux jeunes cadres dynamiques remplis de rêves de création artistique. Sur une instrumentation qui tend vers le funk, Gaël Faye nous emmène à Londres, au cœur des tours de la City, vu des yeux d’un idéaliste qui s’imagine déjà ailleurs.
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