Louise Roam (prononcer “rohm”) s’installe sur scène armée de ses machines et de son violon. Toute en discrétion dans sa prestation scénique, elle semble presque habitée par un esprit lorsqu’elle chante. Elle projette joliment les sons à travers la salle du Divan du Monde qui se remplit doucement. L’allure est androgyne, des rectangles bleutés illuminent le fond de la scène. Tantôt tanguant au fil de ses rythmes intenses et syncopés, tantôt agrippant le micro avec un air de défi, Louise Roam nous fait la démonstration de ses qualités musicales. Entre deux morceaux, elle remercie timidement le public. On retrouve des ambiances différentes sur Blossom et Raptus. Lorsqu’elle reprend les machines, c’est pour mieux moduler ses différents sons et en tirer un élixir pour nos oreilles. Les beats s’unissent aux nappes mélodiques dans un mariage plein de douceur et de mélancolie. Elle s’installe ensuite aux claviers pour poser une ambiance éthérée. Sa voix s’élève, profonde et suave. Le son tend un peu vers la deep house. On glisse en fin de set vers une atmosphère plus électronique et dansante, tout en observant Louise passer d’une table à une autre avec détermination. Le set est original, un peu plus punchy que celui qu’elle avait présenté en première partie de Jeanne Added (petit rappel ici).

Entre deux sets au Divan, on a pu écouter Clara Luciani chez Madame Arthur.

On enchaîne avec Tuff Love, groupe originaire de Glasgow, dans un pur style rock anglo-saxon féminin. La chanteuse est à la basse, sa voix est douce et assez jolie, les mélodies sont simples et entraînantes. On pense un peu à The Organ ou même parfois Tegan & Sara. La basse est omniprésente dans la composition des morceaux, et la guitare se pose en accompagnement. Cela donne une inversion des rôles assez intéressante. Les filles ont parfois des accents de punk-rock californien. Les voix de la bassiste et de la guitariste se superposent pour de jolis vocaux. Dans la salle, les photographes ont envahi le premier rang et quelques spectateurs ondulent en se laissant porter par le rythme. Le batteur frappe consciencieusement ses cymbales. La guitariste est toute en cheveux, tellement qu’on se demande comment elle peut voir quelque chose. Le look du groupe est androgyne et un peu adolescent. L’ensemble a un côté juvénile et frais qui est attendrissant. Les mélodies sont construites à partir de la basse, ce qui leur donne une certaine profondeur. Le son pourrait être meilleur, mais une bonne énergie se dégage de l’ensemble des morceaux. Leur album Resort est sorti début 2016 avec quelques belles surprises, notamment Slammer et Sweet Discontent. Il y a de quoi secouer la tête sur certaines mélodies dont le rythme est assuré par un batteur talentueux. Les chœurs féminins adoucissent un peu l’ensemble, et les filles font un bel effort pour échanger en français avec leur spectateurs.

Entre-temps, Clara Luciani s’offre un second set chez Madame Arthur.

La soirée se termine avec la tornade The Chikitas, groupe suisse dans le style punk-grunge-riot grrrl. L’instrumentation est toute en saturation et en distorsion. Une guitariste et une batteuse se sont concertées pour nous en mettre plein les oreilles. Le ton fait penser à Hole mais en plus brut et plus intègre. Les deux filles sont remplies d’une sincérité joyeuse et convaincante. La chanteuse envoie de gros riffs bien sentis qui font vibrer les mâchoires. La voix est poussée à fond et ne casse pas. La puissance vocale de la jeune chanteuse est impressionnante. La salle se met à pogoter, comme saisie par un souffle de folie. Ces filles sont étonnantes, elles nous balancent leur album Distoris Clitorsion en pleine face . Elles ont l’air tout droit sorties d’une vieille salle de concert de Seattle. La batterie est sertie de toms transparents rouges, oranges et jaunes. Sur scène la chanteuse a des airs de fille illégitime de Kurt Cobain qui vient de faire son coming-out. L’ambiance est tellement au lâcher-prise que la guitariste glisse sur un câble et se rattrape in extremis sur Party Type B. Cela ne l’empêche pas d’assurer un show excellent avec humour et conviction. L’esprit grunge remplit le Divan du Monde ce soir. On glisse complètement vers le pur punk en fin de set avec un chant hyper énervé sur Meet Your Trouble. La chanteuse descendra dans la foule avec sa guitare et enflammera la fosse. Le groupe sera rappelé pour un ultime cri.

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