La soirée affiche complet depuis plusieurs jours et Agar Agar a droit à deux première parties pour l’occasion. C’est Saint DX qui a la lourde tâche d’ouvrir les hostilités. Ils sont deux, un batteur et un chanteur/claviériste/machiniste. C’est leur premier concert ce soir et ils s’en sortent très bien. Ils jouent une synth-pop lente et douce. La batterie est légère, aérienne parfois, les vocaux sont assez intéressants avec de jolis effets dessus. Les quelques spectateurs présents sont plutôt attentifs et réceptifs. C’est une musique parfaite pour se poser et laisser ses pensées défiler.

Le deuxième groupe à jouer ce soir est Lomboy. Originaires de Bruxelles, c’est la première fois qu’ils jouent avec cette formation. Ils sont trois sur scène, une chanteuse, un bassiste et un machiniste. Leur musique est agréable, un peu folk, un peu sixties, la dimension électronique en plus. La voix, peu assurée au début, s’installe progressivement et prend une dimension envoûtante sur certains titres. La salle se remplit petit à petit, et ondule tranquillement au rythme de leurs mélodies pop. Leur album South Pacific est sorti en 2017 et permet de se faire une bonne idée de leur univers. Petit bémol, ils partent un peu par surprise de scène sans un mot pour le public.

La salle est pleine pour accueillir Agar Agar. Sur scène Clara est au chant et aux claviers, Armand aux machines. Les looks sont ciselés et kitsch. Coupe au carré et tresses latérales pour Clara et coupe au bol pour Armand. Un “Delayyyyyy” hurlé par Clara ouvre un set résolument électro. Le jeu de lumière est captivant et agressif. La voix est intéressante, à la fois suave, profonde et sensuelle. On est quelque part entre Jeanne Added et London Grammar, le côté club en plus. Les mélodies, entre pop et électro, sont hyper efficaces. Leur EP Cadran est sorti en 2016 et plusieurs spectateurs ont les paroles sur les lèvres. Ce soir le son est clairement plus intense et plus profond que sur leur EP. La salle se met à danser dès que retentissent les notes de I’m That Guy. Les effets sur le son sont excellents. Tout y passe. Le vocodeur est poussé dans ses retranchements, le delay est omniprésent et la reverb psychédélique. Les aigus cisaillent vos tympans et les beats vous emportent sans ménagement. Les morceaux s’enchaînent quasiment sans pause.

Sur scène, Clara occupe l’espace et captive l’attention. Elle dégage à la fois quelque chose d’un peu enfantin et fragile tout en démontrant une certaine folie qui n’est pas sans évoquer une version douce de RBK Warrior (chanteuse survoltée de Sexy Sushi). Elle a une bonne présence sur scène et attrape l’attention du public. Le jeu de laser envahit la salle à partir d’Aquarium et passe du rouge au vert pour finir sur du violet au rythme effréné des beats. Les morceaux de fin de set sont violents et intenses. La fosse de La Maroquinerie est envoûtée. Symbiose manque de nous mettre à terre. Clara saute partout et crie dans son micro. Les lumières se font épileptiques. Le concert se termine sur une version monstrueusement intense de Cuidado, Peligro, Eclipse servie dans un écrin de stroboscopes hyperactifs. Le chant se fait prédication, la salle s’embrase. Agar Agar signe une très, très bonne prestation qui laisse envisager un avenir radieux sur les scènes des festivals de l’été. Si vous voulez vous prendre une bonne claque auditive, ils seront au Théâtre du Châtelet le 28 février avec un orchestre symphonique, et reviennent à Paris en première partie de VITALIC à l’Olympia le 23 mars. Entre-temps il seront à Vélizy le 3 mars, à Caen le 16 et à Niort le 17.

Photos © Suke.

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