L’automne vient tout juste de tomber, et une rafale nous arrive tout droit des pays nordiques. Le concert complet, et une longue file d’attente devant le forum de Vauréal était, aujourd’hui, indice de qualité. Les norvégiens de Leprous y jouent leur unique date Française de l’année. Ils sont accompagnés cette fois d’Agent Fresco, avec qui ils semblent affectionner les tournées. Les norvégiens de 22 étaient également présents sur scène, mais mystérieusement absents de la programmation. Ceci étant, le Forum a mis la barre haute ce soir. Le niveau n’a cessé d’augmenter au fil de la soirée.

Sous les lumières turquoises, le groupe avait déjà commencé à jouer lorsque nous sommes entrés dans la salle. Les regards curieux des spectateurs se posaient sur 22, le groupe de rock progressif. Un solo de basse appréciable au milieu d’un morceau, des interludes doux aux roulements de cymbales. On distingue également des sonorités proches de celles que l’on retrouvera avec les autres groupes de la soirée. Ce mélange nous donne un avant-goût, pour nous préparer à la suite.

Les islandais d’Agent Fresco entrent ensuite sur scène après un court entracte. La batterie résonne. Les ombres du chanteur ressortaient à travers les flash lumineux. Il tape le rythme de la batterie sur son torse, en équilibre sur les caissons de basse. Le morceau démarre. Dès lors, les musiciens nous offrent un spectacle autant auditif que visuel. On les verra se relayer pour jouer du synthé, entre deux lignes de leur instrument respectif : guitariste (Þórarinn Guðnason), bassiste (Vignir Rafn Hilmarsson) et batteur (Hrafnkell Örn Guðjónsson) tourneront ainsi au fil des morceaux.
Lorsque le groupe joue, je retrouve cette frustration au niveau de la batterie que j’ai déjà connue avec Leprous, qui est la magie de la polyrythmie (le batteur joue volontairement décalé par rapport à la guitare et la basse). Ce dernier est d’ailleurs particulièrement mis en avant, avec un faisceau de lumière qui l’inonde (c’est rare !). La guitare joue un son reconnaissable, aigu et saccadé. Les riffs puissants s’allient à la perfection avec la voix soprano et torturée du chanteur. Ce dernier dédiera le morceau Wait For Me aux groupes qui l’ont accompagné (22 et Leprous), et un second morceau à son père décédé d’un cancer foudroyant lorsqu’il était plus jeune. Vers la fin de son set, le chanteur descend dans le public jusqu’à la régie pour avoir un réel contact avec ceux qui sont venus le voir ce soir.
Afin de faire part de ma non-objectivité, je me rappelle les avoir déjà croisés il y a quelques années lorsqu’ils tournaient avec Katatonia. J’étais déjà sans voix face à leur musique. Ce soir, je ne me rappelais plus de les avoir déjà vus, et je suis tombée amoureuse une seconde fois. Si j’ai une recommandation à vous faire, c’est d’aller les voir en live, ils sont beaucoup plus viscéraux et puissants que sur les enregistrements studios.

La fin de l’entracte marque le début du set de Leprous, tant attendu. Afin de poser les bases, un violoncelliste entre seul sur la scène, une lumière bleue dans son dos. Il joue une intro prenante de plusieurs minutes, décomposée en trois parties crescendo. La troisième marque l’arrivée des musiciens sous les encouragements de la fosse. Première remarque que l’on s’est faite : mon dieu qu’ils sont jeunes.
L’ajout du violoncelle au live rend les parties jouées encore plus mélancoliques et belles qu’elles ne le sont déjà en enregistrement. La qualité de la voix d’Einar Solberg augmente au fur et à mesure du set. On le voyait vivre son chant sur la scène, accentuant la force des morceaux. Les écrans du fond de la scène montraient des images choisies par le groupe illustrer leur show. Quant aux lumières de la soirée, ces dernières étaient peintes aux couleurs de Melina, leur dernier album, car une grosse partie du show tournait autour de celui-ci (Bonneville, Illuminate, The Weight Of Disaster, Stuck, The Price, From The Flames). Ce soir la batterie de Baard Kolstad, bien qu’estompée dans le fond de la scène, était aussi joueuse et intense qu’à son habitude. Mais la basse de Simen Børven était quant à elle trop peu présente au niveau de l’équilibrage du son.
Un gros point négatif cependant était au niveau du public, sans gêne, qui se poussait, même lorsque le morceau ne laissait pas de place à un pogo. Ça avait tendance à (au mieux) te déconcentrer ou (au pire) t’énerver, à chaque coup de coude reçu dans le dos. Car Leprous est un groupe dont la grande majorité des auditeurs écoutent, s’imprègnent, digèrent, mais ne dansent peu. Et les spectateurs qui se poussent en se disant « mais Leprous c’est un peu métal quand même » montrent qu’ils n’ont rien compris à cette musique.

Pour conclure quelques mots sur cette soirée, on a eu le droit au duo LeprousAgent Fresco très efficace, additionné d’un très plaisant 22, marquant une soirée forte. Une musique simplement belle a résonné au creux des murs du Forum de Vauréal. Un public comblé en redemandait encore à la fin de la soirée. Je retiendrai cependant que je préfère le punch et l’humanité d’Agent Fresco en live, qui me semble un peu plus mou en album. Au contraire, l’équilibrage du son en live fait de Leprous un groupe que j’apprécie encore plus d’écouter au casque ou à l’enceinte, chez moi, tant il est bon en enregistrement studio.

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Photos: Gentyana
Ecriture: Asilemyr