Salut les melo

Dans électro, y’a pas toujours boom-boom. Depuis dix ans, on a pu observer un renouveau des musiques électroniques avec l’émergence du courant de “la minimale” né en Allemagne et qui s’est répandu partout en Europe. Ce genre s’est particulièrement appuyé à l’origine sur Plastikman (alias Ritchie Hawtin, du Canada) et ses mix très rythmiques. Je ne veux pas dire que c’est très rapide, je veux dire dire que l’on n’entend presque que des pulsations dont les rythmes et les forces vont varier.
Effectivement, c’est très complexe, très moderne, très nihiliste et donc pas facile d’approche. Là ou je veux en venir, c’est que Plastikman n’a fait que poser la base, aujourd’hui la minimale se recompose tout en restant dans le très sobre : c’est plus une demi teinte (voire un quart de teinte) de ce que l’on appelait autrefois la house ou la trance. Du coup, l’electro cesse enfin de nous agresser pour nous détendre, nous entraîner sur la piste et nous laisser planer en communauté… Pour peu qu’on sache la trouver.

On en vient donc à Nathan Fake, un dj londonien qui surfe sur cette vague minimaliste demeurant encore très underground même à Berlin, la capitale de la Minimale. C’est déjà un grand nom de l’electro qui a un grand nombre de très bon mix à son actif et qui avait surtout surpris la communauté electro avec son remix de The Sky was pink de James Holden.

Son dernier album Hard Island, sorti en mai, poursuit le mouvement minimal.
A la première écoute, si l’on a pas une très grande habitude du genre, on pourrait se demander ce que cet album en particulier apporte de nouveau par rapport aux précédents et par rapport aux productions de ses collègues et amis de la Border Community (le label de James Holden). Là où on a plutôt l’habitude d’entendre la construction d’un morceau avec les différents éléments qui s’ajoute les uns aux autres au fur et à mesure, Nathan Fake prend le chemin inverse. L’album débute sur The turtle, un morceau assez rythmé et complet(xe) d’entrée qui se déconstruit, se déstructure, saute. Les marqueurs rythmiques se déplacent et globalement, on est surpris à de très nombreuses reprises. Le schéma diffère pour chacun des six morceaux de l’album de 33 minutes (oui, c’est cher quand même) mais le concept très nihiliste reste assez présent et donne une certaine identité à tout l’album.

L’effet est bon, un peu triste par moments, plus joyeux à d’autres, souvent surprenant, toujours hypnotique.

J’espère que vous pourrez ainsi vous réconcilier avec les musiques électroniques.

A bientôt pour une nouvelle révolution

Ps: Nathan Fake reste l’un des artistes les plus rapides rythmiquement parlant dans la communauté minimaliste. Vous voyez bien que l’electro ne ressemble vraiment plus à ce que vous avez pu entendre à la radio…

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