2/4. Non ce n’est certainement pas la note que cet album mérite mais le “numéro” du disque dans l’ambitieux projet du dénommé Devin Townsend.

Après avoir sorti le premier opus du Devin Townsend Project Ki dont j’ai parlé il y a maintenant quelques mois, Devin Townsend revient en force avec Addicted. Et quand je dis en force, c’est principalement pour deux raisons : oublions le métal en jeu clair qu’on trouvait sur Ki, un peu ramollo d’accord, mais très original, ici les guitares reviennent saturer nos oreilles ; d’autre part, Devin ne revient pas seul puisqu’il s’est entouré pour cet opus d’Anneke van Giersbergen, ex-chanteuse de The Gathering, Brian Waddell (basse) et Ryan Van Poederooyen (batterie) avec qui il a déjà travaillé dans le Devin Townsend Band et enfin Mark Cimino (guitare), que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam…

Addicted marque un peu plus le retour de Devin Townsend. Si on pouvait craindre à sa sortie de désintox et surtout après l’album Ki que Devin allait perdre sa personnalité décalée et sa touche musicale très personnelle, on peut être rassuré. Les guitares saturent à nouveau nos oreilles, les vagues qu’elles procurent en surcouche font réapparaitre le paradis que l’on aurait pu croire perdu. Et l’originalité reste de mise malgré tout. Si Addicted nous fait grimper à une sacrée marche dans le concept en quatre galettes, lui même est constitué de plusieurs niveaux.

Les deux premiers morceaux, “Addicted!” et “Universe in a Ball!” nous font retrouver le Devin Townsend que l’on a toujours connu. Viennent ensuite “Bend it like bender!”, “Supercrush!” qui introduisent une Anneke Von Giersbergen que je n’ai jamais entendu chanter aussi bien… sur une mélodie qui, si elle ne perd rien de sa puissance, sonne plus… pop… non… dynamique, ça oui mais comme on a pas tellement l’habitude de l’entendre chez Townsend. Ça perd en violence pure pour devenir une musique plus canalisée, peut être un peu plus symphonique d’une certaine manière mais sans les violons… Et en bonus, toujours dans le même cadre, on nous offre une nouvelle version de “Hyperdrive” que Devin avait présenté dans Ziltoid The Omniscient, et qui atteint ici un niveau qu’on aurait pas soupçonné. On continue l’écoute pour ensuite découvrir un truc bizarre : “In-ah!”. Alors, on a déjà l’habitude de qualifier ainsi ce compositeur hors-norme, mais là, c’est du bizarre pour du Townsend… On aurait jamais cru Devin pouvoir écrire une ballade, et pourtant… je m’en serais passé personnellement, ça casse un peu le mythe…et le rythme de l’album. Ce morceau va de pair avec “The way home!” qui est également assez calme mais plus conventionnel du compositeur. Et enfin, les deux morceaux “Numbered!” et “Awake!”, les conclusions de l’opus renouent avec le rythme sans toutefois devenir endiablé.

Comme Devin l’avait annoncé, à chaque album du DTProject, un nouveau groupe, une nouvelle atmosphère. On retrouve ici une musique plus percutante, plus environnante avec des voix tantôt saturées qui donnent à la musique de Devin sa couleur; et tantôt claires et puissante, l’expression d’un objectif encore à déterminer. Le personnage central se réveille, frustré par la solitude, va rencontrer sa dame et se fait gentiment renvoyer balader… Ce qui nous laisse apercevoir ce que Devin nous avait promis pour son troisième opus du projet : son album le plus violent qu’il n’ait jamais fait. Et vu la tournure que prend le concept ainsi que la manière dont Devin nous est revenu, je le crois ! Encore six mois à attendre pour la suite de l’histoire… Quant à celui-ci, des expérimentations intéressantes, mais l’ensemble ne coupe pas non plus le souffle… ça, ce sera pour le prochain ^_^

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