Rencontre avec le collectif des Touffes Krétiennes environ une heure après leur passage à l’Étoile de Jade le samedi 12 décembre 2009.
L’occasion pour Désinvolt de parler un peu de cette bande de copains, de leur musique, leurs projets et tout simplement, passer un bon moment en leur compagnie!

Après les avoir retrouvés, on se met rapidement à parler de leur concert et on dévie sur une petite présentation plutôt originale de leur répertoire scénique…

– Ti Fred: Musicalement, c’est vraiment différent. Déjà, on fait beaucoup de reprises, un peu de festif …
– Poum Tchac : On fait entre Chantal Goya et Métallica!
– Ti Fred : La palette est vraiment très large. On va bientôt faire tourner les serviettes avec Sébastien.

_ Allez, on se recentre sinon on va continuer à délirer et se marrer !

Déjà, on voulait savoir “Les Touffes Krétiennes” ça vient d’où ?

– Poum Tchac : Ça se pourrait. (rires)
– Ti Fred: Cyril va répondre.
– Pépito: En fait, à la base, c’est un gâteau breton, un étouffe chrétien, un petit beurre quoi. Les mamies disent “Oh! Mange donc drôle!” , tu manges et au bout de deux “Oh, non mamie j’ai plus faim!”. Ça c’est un étouffe chrétien.
– Poum Tchac: Un étouffe chrétien c’est un gâteau qui te remplit tellement…
– Pépito: … après t’as plus faim. Donc, un étouffe chrétien, Les Touffes Krétiennes … ça nous a fait rire. On s’est dit “Allez, chiche on s’appelle comme ça !”.

Au moins, ça a le mérite de… enfin, on retient le nom !

-Ti Fred: C’est une pote de Bordeaux qu’a trouvé le nom.
– Pépito: C’est notre marraine, elle s’appelle Bijou. A la sortie de notre disque, on a joué à Paris, elle nous a envoyés un texto : “Allez mes filleuls, faites un bon concert !”

Comment est venue l’idée de ce projet ? Quand a-t-il été créé ?

– Poum Tchac: Il y a 8 ans. En fait, on se rencontre tous depuis longtemps, on est devenu des potes et c’était l’occasion de se retrouver. Un jour en septembre on s’est dit:” Allez on monte un brass band avec tous ceux qui se font chier, on répète trois jours et on part à Barcelone pour les fêtes de le Mercé!”. Comme une fanfare de potes.
– Pépito: Entre parenthèses, on n’a pas répété trois jours, on était tellement pressé d’aller faire les cons, on est partis direct.
– Poum Tchac: On est arrivé, on a joué dans la rue, dans les bars, on s’est fait plein de potes, on a fait une foire de tous les diables, on s’est éclaté!
– Pépito: On a pris 3000 euros d’amende.
– Poum Tchac: Ah oui, le bar a pris une amende pour le bruit, les dégâts… C’était vraiment juste pour le plaisir, on s’en foutait, on n’avait pas de pression, on est, était content de faire quelque chose tous ensemble, du coup on a dit:” Bon, on va le refaire!”… Et on l’a refait ! (rires) On a fait quelques scènes, joués, conquis les pays de l’Est…

Justement, pourquoi tourner autant à l’étranger alors que vous avez un public en France, derrière vous, qui vous suit depuis le début?

– Pépito: C’était l’occasion pour nous de voyager, de se faire plaisir aussi. Encore une fois c’était un plan vacances, on avait des contacts pour partir en République Tchèque, en Hongrie, on a joué pour le nouvel an dans une espèce de boite de nuit, c’était assez marrant et on s’est éclaté! Des programmateurs nous ont vus, on avait une copine aussi qui bosse pour le festival Sziget France, on la connait bien, elle aime bien ce qu’on fait, donc, elle nous a programmé là-bas.
– Ti Fred: Gros festival, c’était génial.
– Pépito: Saint-Petersbourg, Moscou donc c’est cool.
– Poum Tchac : Surtout que, jusque là, on avait aussi nos groupes respectifs, alors tant qu’à faire, on voyage, on s’amuse…
– Pépito : …on chante, on rit…
– Ti Fred : On chante on rit, pour le pays, euh… vive la vie!

C’est vrai que lorsqu’on vous voit, on a vraiment l’impression que sur scène, il y a vous et la musique… et que ça vous suffit!

– Pépito: Je croyais que tu allais nous dire qu’on était né avec un instrument… (rires)
– Ti Fred: Aucun de nous est né avec un instrument ! En fait, c’est une belle réunion si tu veux, où on est tous contents de se retrouver à chaque fois, ça donne de la bonne humeur j’ai envie de dire!

Un “joyeux bordel” en somme, c’est communicatif en tout cas…

– Pépito: Ça marchait dans les bars, il se trouve que sur les scènes, ça marche aussi. Les gens ont envie de s’amuser. Et pour nous c’est un sacré exercice comme jouer dans la rue et parler aux gens! On est douze, ça se tape la bourre pour raconter des conneries! Mais pas nous, ça raconte des conneries dès le matin au réveil…

Douze? Vous comptez vous agrandir?

– Poum Tchac: Il y a déjà beaucoup de membres, chacun a ses engagements à droite à gauche et lorsqu’un n’est pas là, un autre le remplace. Mais si on compte tous les mecs qui sont passés, on est déjà une bonne vingtaine!
– Pépito: Un moment, on nous proposait des dates le même jour, on a failli se diviser, une équipe A, une équipe B…

Vous venez d’où en fait?

– Poum Tchac: L’axe principal c’est Bordeaux-Paris.
– Pépito: Boris-Pardeaux!
– Ti Fred: Ou Boris-Pardeaux ou Bardeaux-Poris, ça dépend ! (rires)

A ce moment entre dans la pièce, Alex (Jungle Juice) pressant un peu nos 3 musiciens pour aller signer quelques autographes qui finalement s’est joint à nous pendant quelques minutes.

– Alex: Allez les gars! Tout le monde me demande: “Elles sont où les Touffes?”
– Pépito: Attends c’est l’interview!

Comment vous organisez-vous pour composer vos titres ?

– Pépito: Déjà, 80% sont des reprises.

Dans quel répertoire puisez-vous vos titres?

– Poum Tchac: Faut que ça reste “facile d’accès” et grand public… On le fait à partir du moment où on a tous envie de le faire.
– Ti Fred: C’est très démocratique et très ouvert, avec quand même un esprit assez rock. Comme on fait partie de groupes assez différents, que ce soit les fils de Theupu, les Hurlements, tout le monde amène un peu son truc et s’ouvre à d’autres.

L’organisation.

– Ti Fred: Heureusement qu’il y a des gens qui nous managent, qui s’occupent un peu du groupe…
– Poum Tchac: : Heureusement qu’il y a des mecs comme Pépito, qui se bougent le cul pour organiser, avec d’autres gars du groupe…
– Ti Fred: Un peu une clé de voûte qui soutient un peu le bordel depuis pas mal d’années et concentre un peu toutes les informations. Il n’y a pas de gros chefs, mais des moteurs.

Pourquoi avoir choisi un CD/DVD live ? Comment s’est fait l’enregistrement?

– Pépito: Déjà il a fallu pousser pour le faire, ça a été tout un patacaisse. Et moi personnellement, je trouve que le spectacle qu’on vend et qu’on produit, c’est 100% de covers, c’est bien d’en faire, de les enregistrer. C’est beaucoup plus intéressant de vendre un cover remanié, c’est plus intéressant. Pour l’instant, on n’en est pas tout à fait encore là, j’espère qu’on le sera pour le prochain album studio. Mais, pour retransmettre l’énergie qu’on met sur les morceaux, le live est mieux approprié.
– Poum Tchac: Quand on réécoute le premier disque, on se dit que ça n’a plus rien à voir avec ce qu’on faisait sur scène.
– Ti Fred: C’est une occasion de montrer un peu ce qui se passe sur scène aujourd’hui et vraiment retranscrire cette énergie.

On peut entendre sur votre Myspace, le remix de Pamela par Maddox, un remix un peu plus tourné vers l’électro, cela vous plairait-il plus tard de travailler avec des artistes de ce style?

– Pépito: Ouais, on est très contents de celui-là. On va essayer d’en refaire sur scène. C’est une musique qui passe dans les boites bordelaises…

Sinon, connaissiez-vous le festival Couvre-Toi, l’association Rue Tabaga et Couvre Feu avant de venir jouer ici ce soir ?

– Pépito: On les connaissait très bien, parce qu’en fait à la base, il y a eu les chapiteaux Latcho Drom qui ont été créés avec les Ogres de Barback. A la base, y’avait un chapiteau, et depuis, avec les Hurlements, on a tout acheté. C’est 50-50. Ils ont été utilisés pour la tournée de l’album “Un air de famille” dans toute l’Europe. Et d’ailleurs on va faire “Un air de Famille 2”.

Un nouvel album?

– Pépito: 2010, 2011… j’aimerais que ce soit en juin 2011 ensuite… on verra!

_ Une interview haute en couleurs, ponctuée d’interruptions toutes aussi folkloriques qu’inattendues.

Merci à Pépito (Les Hurlements de Léo), Ti Fred (Sleepers) et Poum Tchac (Les Fils De Teuhpu) pour avoir répondu à nos questions avec autant d’intérêt et de bonne humeur.
_ Merci particulièrement à Pépito et à Capucine Golicheff qui ont permis que cette interview soit possible.

_ Alors, un seul et unique conseil de notre part: Courrez les voir en live! Vous ne serez pas déçus!

Photos : © Antoine Merlet

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