Le 23 janvier 2010, je me trouvais à la BaraKason à Rezé près de Nantes, pour les Premières scènes.

D’abord, qu’est-ce que sont les Premières scènes ? Alors, pour expliquer simplement, c’est apporter un soutien à de jeunes formations leur permettant de se produire dans de bonnes conditions, en leur ayant préalablement donné accès à la scène, au studio… Un véritable travail en amont tels de vrais professionnels.

_ Deux soirées consacrées à la musique, sous le signe de la découverte ! Et à un prix modique pour que tout le monde puisse en profiter ! La culture est pour tout le monde ! Que du bonheur !

Cette année, pour cette dixième édition, on pouvait retrouver Sine qua non, The Street Chamaan, Djazafaz Combo, Belvedère Trio, Fairy Tales in Yoghourt et JJH Potter se partageant la scène le vendredi et le samedi.

Je n’ai donc vu que les trois derniers, et forcément j’y étais grâce ou à cause de mon envie de découvrir JJH Potter en live !

La soirée débute sur les riddims de Belvédère Trio qui nous livre un hip-hop instrumental aux confins du jazz. Ça veut rien dire ton truc ?! Je m’explique ! On trouve un batteur, un guitariste, un bassiste, un flutiste, un DJ… Ah j’ai oublié de dire qu’ils n’étaient que trois ! Et oui, ils alternent allègrement parmi les instruments comme un jeu musical. Ils sont jeunes et pourtant tout ça est très pro ! Pas de fausses notes, le souci de la rigueur… Tout ça est beau, élégant voire inattendu.

_ Avant de venir, j’ai même dit quelque chose du genre “C’est du hip-hop je sais pas quoi ! Pas sûr qu’on aime mais bon on verra bien…” J’avais tort, c’est plus que ça, c’est un voyage à travers les temps, les régions. Savant mélange totalement mesuré avec une présence scénique rock ! J’ai adoré !

_ Comme quoi, parfois, il faut passer au dessus de nos préjugés, les envoyer par terre, juste profiter, et constater qu’il existe des talents partout prêts à éclore !


Changement total de “décor”… il n’y a plus rien ! Fairy Tales in yoghourt débarque sur scène. Ou plutôt, il débarque… Face à nous, voilà ce jeune homme seul avec sa guitare. Directement, tu te dis “Ah oui un songwriter qui va nous faire vibrer sur de la folk, en espérant qu’on ne touche pas trop le pathos !”. Un timide “Bonjour”, il faut dire que le monsieur a l’air sacrément ému, c’est l’une de ses premières vraies scènes, il parait tout fragile, chétif. Mais, dès qu’il commence, une aura semble l’entourer, on a l’impression qu’on n’a plus la même personne ! La musique le transcende et c’est magnifique !

_ N’oublions pas le gentil ordinateur qui est là pour ajouter à ce goût folk, un arrière goût expérimental ! Je sais, tout le monde ne ‘supporte’ pas la folk, ça parait langoureux, lent, ennuyeux… un relent de vieilleries… alors, je l’admets j’aime les vieilles mélodies qui me rappellent avec une immense joie Nick Drake, Leonard Cohen, Shannon Wright, les Beach Boys ou même Animal Collective, les Pixies… Tout un tas d’influences qui sonnent très bien sur scène.

_ Une des choses que j’ai pensé et dite à la personne qui m’accompagnait et nous avons été unanimes là-dessus… tu as envie de le porter, le supporter tellement il parait habiter par sa musique, cela parait même “douloureux”.

_ La musique de Fairy Tales in yoghourt n’est pas que contes de fée, niaiseries, naïvetés, c’est également cynisme, mélodies poignantes qui te prennent littéralement au cœur et t’envoient de puissants frissonnements qui te traversent le corps. On est sous le charme !

_ Et j’ajouterai, le monsieur n’est pas signé, alors avis aux amateurs ! Il le mérite amplement.

Brutale métamorphose qui a lieu devant nos yeux ! Où partons-nous ? A la brocante ? Non non au pays des JJH Potter ! Ça me rappelle un concert de Moriarty, ce bric à brac impressionnant mêlant vieux lampadaires, tables basses, vieux cadre et photo en noir en blanc, montre à gousset… Une longue installation mais un très beau résultat visuel. On constatera que les membres sont eux aussi sortis d’une autre époque !

_ On démarre sur Louise pour nous entrainer progressivement vers ce bel univers qui les caractérise.

_ The wanderer, ouverture de l’album Parade, nous entoure dans un cocon de bien être, de plénitude… On flotte ! On poursuit sur une telle vague avec Harry Collins qui révèle là encore la virtuosité des musiciens maitrisant parfaitement cette douce mélodie avec quelques envolées plaisantes associant paisiblement les voix, les instruments.

_ Leur prestation est également ponctuée de nouveaux morceaux (ou du moins pas encore sortis !) comme ce Homesick bird qui fut un régale pour nos oreilles et qu’on attend impatiemment sur nos platines.

_ Viennent ensuite Endless et Playground qui poursuivent dans la même mouvance sans perturbation, sans chaos, sans chahut… Du coton pourrait flotter qu’on ne serait pas étonnés !


_ Un Lady Jane poignant, voilà un morceau qui prend une dimension supplémentaire sur scène. C’est assez ineffable…

Après ce petit tour dans le ciel, on retourne au rock !! Au seul morceau vraiment rock ! Road to heaven a ce petit truc qui te donne envie de groover, sautiller, danser ! Qui sait, je vais peut être apprendre le rock acrobatique !

_ Retour au “calme” avec Loreen, New morning et The wreck

_ Déjà fini, on en redemande et les revoilà partis pour deux chansons ! Le temps passe trop vite !

_ Ce retour vers le passé fut un très joli voyage qu’on espère poursuivre encore et encore.

Découvrir de nouveaux artistes, leur donner la possibilité de jouer dans des conditions professionnelles est une bien jolie initiative qui se fait rare et pourtant mériterait d’être criée haut et fort. A bon entendeur salut !

Photos : © David Gallard.

L’album photos du concert de JJH Potter
L’album photos du concert de Fairy Tales In Yoghourt
L’album photos du concert de Belvedere Trio

MySpace de JJH Potter
MySpace de Fairy Tales In Yoghourt