Pour son quatre-vingtième anniversaire, la fête de l’Humanité n’a pas réuni un plateau très attrayant à mon goût mais deux noms sur l’affiche ont suffi à me faire déplacer : deux noms très connus de la scène musicale française : Alain Souchon et Jacques Dutronc. Et un dernier petit nom a aussi attiré ma curiosité : Madness.

Samedi 11 septembre 2010

Samedi, très beau temps sur la région parisienne, 13h tapante, arrivée chez des potes pour rejoindre le parc départemental de La Courneuve. Sur place, nous nous dirigeons vers la grande scène où un hommage à Jean Ferrat est prévu. Après quelques grosses minutes d’attente, l’hommage à Ferrat commence. Et là c’est le drame… C’est Michel Drucker qui présente le spectacle. On laisse quand même une chance aux artistes mais là aussi ça commence mal : c’est Enzo Enzo qui ouvre le bal. C’est très mou à mon goût, un petit tour dans le reste de la fête s’impose…

La fête de l’Humanité c’est avant tout la fête du PCF. Toutes les sections locales des villes de gauche du coin et de toutes les régions ont leur stand le long des différentes avenues. Et oui, ils sont organisés pour ne pas se perdre, chaque allée a un nom. Chaque stand propose son bar et son restaurant à prix abordable. On a droit à toutes les spécialités de France et d’ailleurs, on passe du Kebab aux huîtres d’un stand à l’autre. Il n’y a pas que de la nourriture à la fête de l’Huma, il y a aussi des stands d’objets africains et de vêtements ethniques, mais aussi des débats et des conférences.

Après cette petite promenade, retour sur la grande scène où le concert se conclut sur La Montagne, repris par tous les participants à l’hommage. Renseignement pris sur le concert, c’était niais, seuls Clarika (avis non objectif) et Sanseverino (“- on comprend rien à ce qu’il dit” “- mais il met l’ambiance”) ont relevé le niveau.

Les roadies prennent la scène d’assaut pour enlever le matos et mettre en place celui de Souchon. C’est le guitariste qui prend le premier possession de la scène, suivi peu après par Souchon accueilli par un tonnerre d’applaudissements. Alain Souchon arrive en faisant un petit pas de danse que le poteau que je suis quand j’essaye de bouger n’aurait pas renié. Les titres connus et moins connus s’enchaînent. Souchon s’amuse beaucoup sur scène, on voit qu’il est content d’être là et le public très éclectique lui rend bien. Souchon est le type même du chanteur populaire transgénérationnel, le public de 7 à 77 ans reprend en cœur ses chansons. Je me surprends, ou pas, à chanter C’est Déjà Ça, Sous les Jupes des Filles, L’Amour à la Machine et bien d’autres encore. Je m’étonne à connaître aussi bien ses titres alors que je n’ai jamais vraiment écouté ses morceaux, c’est peut-être là la patte d’un grand chanteur. Après un petit Bagad De Lann-Bihoué (faut vraiment être breton pour arriver à prononcer ce titre), il enchaîne un petit trio de grands classiques que sont Quand J’Serai K.O., On Avance et Foule Sentimentale et pour être sûr que tout le monde chante avec lui, les paroles défilent sur l’écran géant, transformant la grande scène en karaoké géant. Un petit rappel et Alain Souchon revient pour interpréter J’Ai 10 Ans et Rame, chanson qui me rappelle mes années collège ( ‘tain ça me rajeunit pas tout ça) où en cours de musique on avait appris le refrain pour apprendre ce qu’était que chanter en canon. Le concert se finit au bout d’une grosse heure et quart, sans qu’on ait vu le temps passer, avec des petites étoiles dans les yeux en se disant que vraiment, Alain Souchon est un grand monsieur de la chanson française, et que oui c’est vraiment très bien et que l’on ne regrette pas d’être venu.

Re-attente pour un changement de matos, le groupe suivant est Caravan Palace, je connais vaguement de nom mais je suis incapable de citer un de leurs titres. Sur scène est installée une multitude d’instruments de musique et de radios et gramophones des années 20-30. La physionomie de la foule a considérablement changé quand le premier titre est lancé, à ma grande surprise sans personne sur scène, et par l’intermédiaire des différentes radios et gramophones. Le groupe apparaît au fur et à mesure sur scène et franchement j’ai vraiment du mal avec leur musique. Au final, deux titres auront suffi à me faire fuir de la grande scène. Leur électro jazz manouche c’est vraiment pas mon truc…

Après s’être sustenté, retour sur la grande scène où le dernier titre du set des Caravan Palace se termine. Après une demi-heure d’attente, place au ska des anglais de Madness. Madness je connais sans vraiment connaître,  j’ai déjà entendu des titres mais sans forcément savoir que c’était eux et je suis incapable de donner le nom de l’un de leurs morceaux. Le groupe est accueilli par un vol d’oies dans le soleil couchant, si, si ! Dès les premières notes, c’est la folie dans la foule, ça saute, ça danse, ça pogotte dans tous les sens. Il est vrai que les dix musiciens de Madness savent mettre l’ambiance. Les titres s’enchaînent dans la bonne humeur. Sur scène le groupe s’amuse beaucoup et communique beaucoup avec le public et dans la foule, l’ambiance n’est pas retombée, bien au contraire… Le concert se finit au bout d’une très grosse heure de folie. Madness a été fidèle à sa réputation de vrai bon groupe de scène et à les voir, on a du mal à croire qu’ils sont là depuis le début des années 80.

Le groupe qui clôture cette deuxième journée de concert est Simple Minds, un groupe des années 80 dont le nom me dit vaguement quelque chose. Les premiers titres ne sont pas très convaincants pour le petit groupe que nous formons et la fatigue aidant, nous quittons le Parc Départemental de La Courneuve.

Dimanche 12 septembre 2010

Matinée grisâtre en ce dimanche de troisième et dernier jour de la Fête de l’Huma, mais le ciel s’éclaircit d’heure en heure pour arriver à un joli ciel bleu en milieu d’après-midi. Quand nous arrivons sur place, le discours du PCF n’est pas encore fini. Nous nous installons donc pour attendre l’arrivée sur scène de Jacques Dutronc.

17H10, Jacques Dutronc arrive sur scène et commence son show par Et Moi, Et Moi, Et Moi. J’ai un peu de mal à rentrer dans le show mais au bout de deux-trois titres je suis complétement dedans. Les titres les plus connus se mêlent aux morceaux que je ne connais pas. On a le droit à tous ses grands classiques : La Fille du Père Noël, L’Opportuniste, Il est 5h et bien d’autres encore. Sur J’Aime les Filles, il nous prouve qu’il aime vraiment toutes les filles en étant accompagné sur scène par une charmante personne de petite taille au rire et à l’humour ravageur. Sur Les Cactus, un rappeur l’accompagne en plus de sa choriste, ce qui donne une autre saveur au titre. Jacques Dutronc s’amuse beaucoup sur scène, on sent la complicité qu’il a avec ses musiciens et les membres de son staff, on a même droit à quelques blagues et transitions humoristiques. L’ambiance dans la foule est énorme et j’apprécie énormément ce concert, jusqu’à me lâcher totalement et faire un rock endiablé avec mon lapin sur Merde In France. Un petit rappel et Jacques Dutronc revient avec sa guitare pour une deuxième version de Et Moi, Et Moi, Et Moi avant d’être rejoint par ses musiciens. Ce dernier titre finit le set, Dutronc quitte la scène sous les applaudissements en n’oubliant pas d’allumer le cigare qu’il avait dans sa poche depuis le début du concert.

Au final, bien que je n’aie vu que trois concerts lors de cette édition de la Fête de l’Humanité, ce fut un bon cru. Trois concerts de folie avec des groupes heureux d’être là et qui communiquent cette joie à leur public. Et puis quand même, j’ai vu Alain Souchon et Jacques Dutronc, deux grands Messieurs de la chanson française.

Photos © petit nounours.

Site officiel de la Fête de l’Humanité
Site officiel d’Alain Souchon
Site officiel de Madness
Site officiel de Jacques Dutronc