C’est une histoire bien connue de tous : l’apprenti surdoué qui prend très vite de la hauteur et dépasse le maître pour aller exercer son talent au plus offrant… En l’occurrence le groupe The Rapture qui casse la baraque en 2003 avec son tube The house of jealous lovers (mélange de funk-disco-rock survitaminé) et quitte sous l’écho des trompettes de la gloire son label formateur DFA, patronné par James Murphy, pour aller voir si l’herbe est plus verte du coté des majors…
Flop, échec commercial en 2006, engueulades, changement de line-up (départs du bassiste et d’un des deux chanteurs ; arrivées d’un multi-instrumentiste de talent et d’un autre bassiste), toutes les désillusions du rock system digérées, c’est en reprenant l’essence de ses valeurs dance-rock que The Rapture revient (5 ans après !..) avec le très beau et dansant In the grace of your love.
De retour en grâce justement, il en est question, d’abord avec le come-back chez DFA la queue entre les jambes, puis avec le retour à ce son si caractéristique du groupe de la grosse pomme. The Rapture (originaires de Brooklyn et précurseurs de la hype new-yorkaise) se la joue humble version 2011.
Simplicité, romantisme et house-rock sont les déterminants toujours aussi efficaces de l’alchimie rapturienne. La tournée qui accompagne ce nouvel album passe donc par le Luxembourg et la Rockhal en ce mardi 15 novembre.
Surprise : les rangs sont clairsemés, alors même que la tournée est sold-out en France. Le public va donc pouvoir profiter de l’espace pour danser sans complexe !
Le chanteur-guitariste au timbre haut perché (qui lorgne parfois sur la diction chantée de Robert Smith des Cure) ne semble pas perturbé plus que ça et déroule la recette qui a fait le succès du groupe.
Les tubes s’enchaînent, le groupe fait le job et nous gratifie de son envie de faire la fête (“We’re here to party!!”).
Nous découvrons donc en majorité les nouveaux titres (les mélancoliques Come back to me ou Sail away, ou encore l’atmosphérique In the grace of your love) sans toutefois oublier la magie de ses précédents succès (Olio, Echoes ou encore House of jealous lovers et Get myself into it ? ).
Le moment est très agréable, nous assistons à la renaissance du meilleur ex-groupe de dance-punk new-yorkais. La salle est comblée, convaincue d’avoir assisté à un concert inédit d’un groupe en mutation qui avait beaucoup à se faire pardonner et tellement à donner. Plus besoin de nous le demander, How deep is your love ? conclut en beauté le rappel sous forme d’interrogation et la réponse est toute trouvée : nous vous aimons très fort, sans rancune !..

 

Site officiel de The Rapture
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Texte : johnhart
Photos : Boris