Les “diggers”, ces chasseurs de vinyles, le savent bien. Pour dénicher la perle rare, il faut chercher, fouiner, parfois passer des journées entières la tête dans les bacs à disques du disquaire du coin, ou le nez dans la poussière des vieilles galettes présentées dans les brocantes.
Même si le vinyle connaît depuis quelques années un regain d’intérêt de la part du public, même le plus passionné des amateurs de 33 tours ne peut nier l’évidence.
Il existe des objets quasiment introuvables, définitivement perdus au fond d’un carton dans un garage, ou conservés précieusement par des collectionneurs chevronné dans leurs discothèque personnelle.

Savoir que nos oreilles seront privées à jamais de toutes ces œuvres, parues il y a trente, quarante, voir cinquante et dont on redécouvre sans cesse aujourd’hui une partie de leurs répertoires, peut sembler frustrant.

Paru chez La Shawn Records Corporation en 1980, Take Me I’m Yours fait partie de cette catégorie des “introuvables”. D’après les dires de certains, il resterait moins de 200 exemplaires de la galette en circulation. Apparemment, impossible de mettre la main sur cette rareté.
Mais à l’heure du tout numérique, rien n’est impossible. Le morceau a refait surface sur internet via diverses plateformes il y a quelques temps et certains catalogues, comme celui d’iTunes, proposent même le titre en téléchargement légal.

Une bonne nouvelle pour les mélomanes, Take Me I’M Yours est un bijou disco/funk interprété par la chanteuse Mary Clark. Et si le titre paraissait être tombé dans l’oubli jusqu’ici, il semble que cette dernière ait hérité du même sort. Rien ne filtre sur l’artiste, pourtant doté d’une voix magnifique. Mêlée à une ligne de basse plus qu’entraînante ainsi que des envolées de cuivres et de violons, la voix puissante et vibrante de Mary Clark enveloppe le morceau d’une touche soul qui parachève le morceau.

Tout ce que l’on sait à propos de ce morceau est ce que veut bien nous donner cette image, celle de l’étiquette centrale déposée sur le vinyle. Sur celle-ci, on peut lire le nom de Patrick Adams. Un nom pas inconnu, ce producteur est à l’origine de plusieurs succès de la période disco américaine des années 70 et du début des années 80. D’ailleurs le site emusic.com a présenté un “gros plan” en janvier 2008, retraçant la personnalité et l’œuvre du monsieur (voir ici, texte en anglais). Pas étonnant que Take Me I’m Yours soit si efficace donc.

Malheureusement, internet et le numérique ne font pas tout, si le vinyle présente bien deux morceaux (Take Me I’m Yours sur la face A et You Got Your Hold On Me sur la face B) aucune trace de cette version n’a encore été découverte à ce jour sur la Toile. Une consolation en demi-teinte, espérons qu’avec le temps, de plus en plus d’œuvres “introuvables” soient disponibles grâce à la magie du numérique.